Gel, concurrence du vin espagnol... Manifestation de viticulteurs contre une situation « plus tenable »

AFP

Plusieurs centaines de viticulteurs manifestaient mercredi à Carcassonne pour tirer la sonnette d'alarme sur leur situation et réclamer des aides au gouvernement, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les manifestants se sont réunis devant une porte donnant accès à la cité médiévale avant de partir vers 16h en cortège vers le centre-ville. Lors d'une prise de parole, le président du Syndicat des vignerons de l'Aude Frédéric Rouanet a déploré que la situation ne soit « plus tenable ». Après « la plus petite récolte que l'Aude et l'Occitanie aient connue, l'année va être compliquée », a assuré Fréderic Rouanet. « Si nous n'obtenons pas des mesures exceptionnelles, des vignerons vont abandonner le métier », a-t-il prévenu, se plaignant qu'« aucune annonce de soutien n'ait été faite par le gouvernement » alors que la situation est « catastrophique » pour de nombreux vignerons après les gelées du printemps dernier.

« Le gouvernement est nouveau, on l'interpelle pour la première fois, on espère que les choses vont bouger », avait-il dit à l'AFP au début du rassemblement. Selon Frédéric Rouanet, la récolte devrait s'élever cette année à 3 millions d'hectolitres dans le département, et à 10,4 millions d'hectolitres dans le secteur Languedoc-Roussillon, alors qu'« on était à 13 millions d'hectolitres il y a deux ans ». 

Le syndicat des vignerons de l'Aude dénonce aussi la concurrence des vins espagnols et réclame des mesures de régulation du marché au niveau de l'Europe.

Enfin, les syndicats comme celui des Jeunes agriculteurs (JA) ont aussi dénoncé une campagne nationale contre le cancer illustrée par un tire-bouchon. « Encore une fois c'est le vin qui est stigmatisé », se sont plaints Fréderic Rouanet et Arnaud Aribaud, le président des JA de l'Aude.

« C'est l'avenir du territoire qui est en jeu », a assuré ce dernier. « C'est l'agriculture qui fait vivre ce département ; le laisser tomber, c'est laisser tomber l'avenir de notre territoire », a-t-il déclaré. Avec cette « plus petite récolte depuis 1945, on se fait énormément de soucis, on ne va pas pouvoir fournir tous les marchés », au risque d'en perdre, a-t-il confié à l'AFP. « Normalement, ça devrait faire monter les prix, mais si les négociants s'entendent pour acheter à un prix bas, les prix resteront bas », s'est inquiété M. Aribaud.

« Moi je ne sais pas si je pourrai tenir », a témoigné auprès de l'AFP Lucie Pagot, viticultrice à Bizanet, qui a repris l'exploitation de ses parents il y a trois ans. « Il nous faudrait davantage d'aides, de soutien, sinon on va mourir », a-t-elle poursuivi. Bastien Roux a participé à la manifestation en signe de solidarité avec les viticulteurs, après avoir lui-même quitté l'exploitation de ses parents, en appellation Corbières, « par nécessité », car il n'y avait « pas assez de revenus ». Il travaille dorénavant dans le privé.


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