Tribune du député UE E. Andrieu Ne pas réduire la gestion des risques à des marchés lucratifs pour l’assurance

Terre-net Média

Dans une tribune publiée le 26 avril, le député européen Eric Andrieu (S&D) pointe les failles du système actuel de gestion des risques en agriculture et appelle à organiser une complémentarité des approches entre solidarité nationale et assurance privé obligatoire.

Après l’épisode de gel d’une ampleur exceptionnelle, le sujet de la gestion des risques en agriculture est au cœur des débats. Au-delà de l’urgence, le Premier ministre Jean Castex a ainsi appelé à une refonte totale du dispositif, un chantier que le rapport du député Frédéric Descrozaille, remis le 21 avril au ministre de l’agriculture, devrait relancer.

Dans cette dynamique, le député européen Eric Andrieu (Socialistes et démocrates) en appelle à « sortir des faux semblants », face aux enjeux actuels du changement climatique. Dans un texte publié le 26 avril et co-signé avec le député Dominique Potier, il fustige « les discours réduisant la gestion des risques en agriculture à la création de nouveaux marchés lucratifs pour l’assurance et la finance sont d’autant plus insoutenables qu’ils ne s’appuient sur aucune réussite concrète mais seulement sur la croyance néolibérale en la supériorité du jeu des marchés ».

Pour le député, il faudrait s’inspirer des États-Unis « où les pertes au-delà de 50 % de récolte sont prises en charges par la collectivité, laissant les aléas de moindre ampleur gérés par des partenariats équilibrés entre assureurs privés et l’administration fédérale », ou encore de l’Espagne qui a mis en place un système alliant pouvoirs publics et compagnies d’assurance privées.

Eric Andrieu souhaite également rendre l’assurance climatique obligatoire pour une plus large mutualisation et favoriser l’accès à tous les agriculteurs. Il estime également que « les règles de subventionnement des outils de gestion des risques devraient aussi être revues. Le faible développement des fonds de mutualisation finançable par la Politique agricole commune s’explique principalement par le fait qu’ils doivent être du seul ressort des agriculteurs et de leurs organisations, excluant les possibilités pour la puissance publique d’œuvrer à des articulations vertueuses avec les mécanismes relevant de la solidarité nationale ». 


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