Barrage de Sivens Noël Mamère doute de la légalité du barrage de Sivens

Afp

Paris, 4 nov 2014 (AFP) - Le député Noël Mamère (ex-Eelv) a jugé mardi que le barrage contesté de Sivens, objet à 18h d'une réunion au ministère de l'Écologie, n'était « pas légal », en plus d'être « une aberration écologique et un fiasco politique ».

« Il n'est pas légal, il y a un vice originel », a dit sur Rtl le maire de Bègles (Gironde). « Les experts sont les mêmes qui ont construit le barrage, une société d'économie mixte qui s'appelle la Compagnie d'aménagement des coteaux de Gascogne, qui a fait l'étude et réalisé le barrage », a-t-il affirmé. « Il n'est pas un barrage pour tous mais pour certains : les maïsiculteurs », « un groupe de pression très puissant dans le monde agricole la Fnsea, les bétonneurs », a ajouté Noël Mamère.

Pour l'élu écologiste, « le président du Conseil général et le Conseil général n'étaient rien d'autre que la boîte aux lettres de ces groupes de pression ». Le projet est selon lui « une aberration écologique et un fiasco politique » et sera donc abandonné, tout comme l'aéroport nantais de Notre-Dame-des-Landes et, « autre grand projet inutile », la liaison Lyon-Turin. Plus généralement le quinquennat de François Hollande, qui arrive le 6 novembre à son mitan, est, vu par « les yeux de l'écologiste, « une immense déception, un grand malentendu entre les socialistes et nous ». « Nous avons notre part de responsabilité dans ce fiasco », a dit celui qui a quitté Eelv en 2013, « pour la bonne raison que nous avons accepté de signer en novembre un accord (ndlr avec le PS) qui était électoral, qui nous a permis d'avoir des députés et des sénateurs, mais sur le dos des politiques publiques en matière d'environnement ».

L'eurodéputé écologiste José Bové a quant à lui jugé sur France Inter qu'« on peut faire le distinguo entre la légalité de ce projet et la légitimité du barrage », et appelé à l'annulation de la déclaration d'utilité publique au profit des « alternatives. » « Pour moi ce projet a été construit dans les normes techniques, c'est-à-dire la déclaration d'utilité publique, pour autant, sa légitimité est contestable », a-t-il dit. « Le fait que l'argent public, parce que ce sont énormément de subventions d'argent public, fasse que pour 30 exploitations agricoles, on dépense 400.000 euros de subventions par exploitation agricole pour l'irrigation me paraît tout à fait scandaleux », a-t-il ajouté. 


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