XVème congrès de la Confédération paysanne Etre militant (1ère partie)

Frédéric Hénin Terre-net Média

Portrait de militant de Gilles Menou, rencontré à Saint Etienne lors du 15ème congrès de la Confédération paysanne qui s'est tenu les 28 et 29 avril 2009.

Quarante-sept ans, paysan beauceron à Ver-les-Chartres (Eure-et-Loir) sur 50ha, Gilles Menou cultive des céréales et des oléo-protéagineux. C’est par choix qu’il ne cherche pas à s’agrandir. Sa priorité : sa qualité de vie de famille.

Terre-net Média (TNM) : Pourquoi être membre de la Confédération paysanne ?

Gilles Menou (GM) : Depuis 1990, mon engagement à la Confédération paysanne s’inscrit dans la continuité de mes actions conduites depuis ma jeunesse. J’ai été membre du mouvement de jeunesse rurale et catholique.

La Confédération paysanne défend les petites exploitations et l’idée que j’ai de l’agriculture paysanne.
Aujourd’hui, je suis représentant du syndicat de Bagnolet de la région Centre. Je remplis aussi d’autres fonctions et mandats associatifs. 


Gilles Menou (© Terre-net Média)

TNM : Que penser du bilan de santé ?

GM : Il faut reconnaître que Michel Barnier, ministre de l’agriculture, a une dimension de l’agriculture au-delà d’une simple dimension de marché. Pour lui, l’agriculture c’est aussi des territoires et des hommes. Le ministre s’intéresse au revenu des paysans.

Il faut avoir du courage pour rééquilibrer les aides même si il n’est pas allé assez loin. La CP reconnaît ses efforts.

Les manifestions des céréaliers du grand bassin parisien sont une honte. Comment prendre partie pour un système qui nous favorise alors que des milliers de citoyens perdent chaque jour leur emploi en cette période de crise ?

Les céréaliers qui manifestent sont en fait pris à leur propre piège. Ils ont investi sans être assurés à l’avenir de dégager dans les prochaines années des revenus aussi élevés que ceux de 2007. Or les prix ont depuis baissé, les charges ont augmenté et nous venons d’apprendre qu’une partie des aides sont redistribuées.

TNM : Et les élections européennes ?

GM : L’agriculture est absente du débat de fond. De toute façon, les élections européennes n’ont jamais passionné les foules. Les grands partis se concentrent sur des problèmes nationaux et les petits partis ne se positionnent pas sur la question agricole. En attendant, les agriculteurs n’ont pas les réponses à leurs questions (Pac 2013, prix, revenu, environnement…). Or ils voudraient un peu de visibilité pour les années à venir.


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