[Paroles de lecteurs] Fiscalité agricole Pour épargner, il faut des prix !

Terre-net Média

Les mesures proposées par Édouard Philippe il y a quelques semaines dans le cadre de la réforme de la fiscalité agricole n'ont pas convaincu les lecteurs de Terre-net, en particulier l'épargne de précaution. Comment en effet mettre de l'argent de côté avec des prix bas dans toutes les productions ?

paroles de lecteurs reforme fiscale « Nous allons épargner pour nos voisins », craint Pipo. (©Terre-net Média) Moty : « C'est assez intelligent, c'est mieux d'épargner un peu que de faire du sur-investissement ou du sur-amortissement. Cela fera moins de gaspillage. Effectivement, 2018 sera pour beaucoup d'entre nous une petite année. Mais il faut reconnaître que partout, il y a des fermes qui tournent bien. En couple, nous avons 25 VL, le lait est notre seule production et nous faisons des revenus corrects. »

Maxens  : « La mesure me plaît sur le principe. Encore faut-il, néanmoins, pouvoir dégager de la trésorerie... Donc avoir des prix suffisants pour ne pas être limite tous les ans ! » 

Éric17 : « Ne vous plaignez pas les gars ! Moi, je touche le RSA depuis quelques années et ce n'est pas cette campagne, avec la grêle puis des inondations en juin, que ma situation va s'améliorer ! »

Mibar : « Heureusement, la différence entre les bénéfices et la trésorerie permet d'attendre d'hypothétiques jours meilleurs, sinon pas de salut... »

Pffff : « Les bonnes années, ce sont celles avec des prix agricoles corrects et on en est très très loin ! »

La bonne vieille "guéguerre" éleveurs / céréaliers de retour

Roro : « En lait, on n'a jamais gagné grand-chose, donc ça ne nous change pas. En céréales, il y a eu un paquet d'années prolifiques. Mais je reconnais qu'il est difficile de s'habituer à vendre sous son coût de revient. »

Pffff : « "Un paquet d'années prolifiques", si vous appelez 2012/2013 un paquet d'années... pour moi, ça n'en fait que deux. Depuis 30 ans, les céréaliers vendent soit tout juste au coût de production (et ne touchent rien) soit en dessous, alors ne me parlez pas de "paquet d'années prolifiques" ! Roro, je suis pas spécialiste de cette filière, mais jusqu'en 2015, les quotas laitiers fournissaient un prix minimum garanti, ce qui n'a jamais été le cas en grandes cultures. Quelle que soit la production, c'est difficile de s'habituer aux prix mondiaux. »

Maxens : « Les céréales et le colza ont bénéficié de prix minimum garantis jusqu'en 1992, et le sucre jusqu'en 2016, même s'ils sont en baisse depuis 2008... Après, à qui la faute, aux agriculteurs, ou aux collecteurs qui les ont pousser à accroître les surfaces en leur promettant d'augmenter les prix, promesse qu'ils n'ont pas tenue ? Surtout, les industriels et les coopératives n'ont pas tiré les leçons de ce qu'il s'est passé en lait. Quant à ces avancées fiscales, c'est clair qu'elle ne ramèneront pas d'argent en cette année de sécheresse guère plus reluisante que 2016. Toutefois, elles ont le mérite d'être là, il faut juste espérer que de bonnes années arrivent et qu'elles existeront encore... Cette campagne, seuls les producteur de pommes de terre et les vignerons en profiteront. »

Pour mettre de côté, il faut faire des bénéfices...

Pffff : « J'ajouterais, qu'en grandes cultures, on ne fait plus de bénéfices depuis 2013. On ne risque donc pas de faire de réserves. On ne risque pas non plus de se faire imposer sur les bénéfices... Tout ça pour ça. L'enfumage toujours l'enfumage... il faut mettre toute cette clique dehors ! »

Steph72 : « Tout à fait d'accord. La FNSEA a soi-disant les pieds sur terre ? Proposer une mesure comme celle-là, c'est plutôt être coupé des réalités ! En dix ans, on a connu deux campagnes satisfaisantes en céréales, une en lait et, en viande, on ne s'en rappelle même plus ! Les bonnes années sont derrière nous et d'ici quelque temps, lorsqu'il y en aura, les aides Pac diminueront. »

Cm : « Comment faites-vous pour être toujours là si vous ne faites plus de bénéfices depuis 2013 ? Étrange, non ? Je trouve que cette mesure est favorable aux exploitants qui ont un système viable. Elle permettra d'anticiper des investissements avec de la trésorerie et non avec des annuités d'emprunt qui plombent nos structures. »

Oregrain : « Un peu facile comme commentaire ! »

...  donc avoir de meilleurs prix

Pffff : « Comment je fais ? Je tape dans les réserves pardi ! Depuis 30 ans, les agriculteurs réduisent leur capital régulièrement de manière vicieuse. Je peux affirmer qu'avec les prix de vente actuels, aucun exploitant n'a un système viable qu'il soit en conventionnel, en bio, en agriculture de conservation, en techniques culturales simplifiées (TCS) ! En grandes cultures, les prix de toutes les productions doivent être multipliés par deux. En prix plancher, je vous la fais courte : 300 €/t pour du blé, 600 €/t pour du colza, 650 €/t pour du tournesol, 350 €/t pour de l'orge et 300 €/t pour du maïs. Je ne pratique pas la langue de bois, je n'avance pas masqué, les choses sont claires nettes et précises. »

Pipo : « Méfions-nous de l'enfumage ! Il est prévu "en off" que l'épargne de précaution soit mutualisée. Donc en gros, nous allons épargner pour nos voisins. »

Baldin : « Avec la Pac et autres avantages, il ne serait pas illogique que ce soit mutualisé. »

À suivre, sur Terre-net dans les semaines qui viennent, un Paroles de lecteurs sur les prix agricoles

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