A l’Elysée Pour la troisième fois, le Modef défend ses idées au sommet de l'Etat

Terre-net Média

Régulièrement consulté par le chef de l’Etat, le Modef a été reçu pour la troisième fois à l’Elysée mardi 13 janvier 2015. Devant le secrétaire général adjoint de François Hollande, les quatre représentants du syndicat appellent à des mesures efficaces contre un « système libéral qui ruine l’agriculture française ».

Isabelle Daugreilh et Jean Mouzat, représentants nationaux du ModefCommme ici en novembre 2012, Isabelle Daugreilh et Jean Mouzat, accompagnés d'Alain Gaignerot et Pierre Thomas, ont défendu les idées du Modef à l'Elysée mardi 13 janvier 2015. (©Terre-net Média)

A croire que, s’il avait été agriculteur, François Hollande aurait sa carte au Modef ! Mardi 13 janvier 2015, quatre représentants du syndicat ont été reçus, certes non pas par le chef de l’Etat, mais par son secrétaire général adjoint. C’est la troisième fois en moins de deux ans et demi que le Modef entre dans le palais présidentiel. « Nous sommes régulièrement consultés par Stéphane Le Foll et les services du ministère de l’Agriculture. Nous le sommes également par François Hollande et ses services », assure Jean Mouzat, aussi corrézien que le président.

Pendant une heure, le président du syndicat, accompagné d’Isabelle Daugreilh, Alain Gaignerot et Pierre Thomas, a fait part de ses inquiétudes quant à la situation économique des « petits exploitants ». « Les difficultés croissantes à dégager un revenu condamnent notre agriculture. Beaucoup de jeunes veulent s’installer. Néanmoins, non seulement il est de plus en plus difficile de vivre de notre métier, mais le foncier disponible part encore beaucoup trop à l’agrandissement des plus grosses fermes », explique Jean Mouzat.

Pour le syndicat, un « important travail avait été fait pour revoir le contrôle des structures dans la loi d’avenir », mais une partie de ce travail a été sabotée et « les résultats de la loi pour faciliter l’installation seront minimes. »

Et face à la pression des Gms, « qui achètent 80 % de nos productions », le Modef revendique plus que jamais l’instauration de « prix minimums garantis ». « C’est une mesure déjà instaurée pour l’énergie, l’électricité, le gaz, etc… Pourquoi ne pas le faire pour notre alimentation, élément stratégique de notre démocratie ? » s’interrogent les syndicalistes.

La nouvelle carte régionale « inutile et inquiétante »

Globalement satisfaits des grandes lignes de la Pac, notamment la surdotation des premiers hectares, les agriculteurs du Modef sont désormais inquiets à l’égard du « bilan de santé » prévu en 2017 qui pourrait, selon eux, condamner de manière précoce le paiement redistributif. « La Fnsea n’a jamais caché qu’elle ne voulait pas de cette mesure. Tout comme elle refuse d’aider les éleveurs qui ont moins de 30 vaches allaitantes. Elle affiche clairement et depuis des années ses positions contre les petites exploitations », dénonce le Modef qui craint « de grandes manœuvres » du syndicalisme majoritaire pour supprimer ou réduire les soutiens aux plus petites fermes.

A plus court terme, la régionalisation des aides du second pilier inquiète aussi. « Alors qu’on ne sait toujours pas comment seront gérées les aides au niveau de chaque région, la nouvelle carte des 13 régions aura encore moins de cohérence. Comment les régions pourront-elles satisfaire des agriculteurs dans des zones totalement opposées. Cette nouvelle carte est d’autant plus dangereuse pour l’agriculture qu’elle ne sera source d’aucune économie pour le contribuable. »

Quant aux élections Msa, qui se déroulent actuellement par correspondance jusqu’au 27 janvier minuit, le Modef dénonce, tout comme la Coordination rurale, la « mainmise de la Fnsea ». « Si la Msa veut se moderniser et satisfaire pleinement ses adhérents, elle doit d’abord se remettre en cause dans son fonctionnement et ses élections ». Le Modef, qui n’a aucun représentant parmi les 25.000 délégués Msa, réclame ainsi un scrutin à la proportionnelle et surtout une représentativité plus juste des salariés agricoles, « sous-représentés à tous les échelons ».


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