La Pac à l’horizon de 2020 Les réactions de tous bords après la communication de Dacian Ciolos à Bruxelles

Frédéric Hénin Terre-net média

Comme nous pouvions l’imaginer, la communication « La Pac à l’horizon de 2020 » de Dacian Ciolos, commissaire à l’Agriculture n’a pas laissé indifférents les syndicats agricoles et les partis politiques. Outre les divergences d’appréciations, la plupart demandent à la Commission européenne de revoir sa copie ou tout au moins de la modifier. Voici quelques extraits des communiqués publiés depuis jeudi 18 novembre.


Dacian Ciolos, commissaire européen à lAagriculture,
 présentant sa communication « La Pac à l'horizon de 2020 ».
 (© Terre-net Média)
Parti socialiste : « Les quelques avancées ne suffisent pas à cacher les orientations libérales et les zones d’ombre du rapport. »

« Malheureusement, ces avancées masquent mal l’orientation d’une politique générale toujours plus dictée par les marchés. La régulation reste pour la Commission un simple soutien en cas de crise. Pire, au-delà de la confirmation de la suppression des quotas laitiers, en faveur d’un mécanisme de gestion de long terme que nul ne connaît aujourd’hui, la Commission annonce la fin de l’organisation de la politique sucrière. La dérégulation est toujours considérée comme le facteur de la compétitivité.

« Le Parti socialiste appelle la Commission Européenne à prendre des dispositions concernant la concurrence, les perspectives budgétaires générales, la régulation, et la ventilation des aides entre les deux piliers, nécessaires pour permettre aux agriculteurs d’affronter l’avenir. »


Coordination rurale : « Les scénarii ont en commun comme conséquences d’hypothéquer le potentiel de production agricole européen, de poursuivre l’élimination des agriculteurs, d’accroître le déficit camouflé de la production agricole européenne, donc sa dépendance alimentaire, et de léser les intérêts des consommateurs. Alors que la France vient de parvenir à inscrire, à l’ordre du jour des discussions du G20, l’impérative résolution du problème et la volatilité des prix des matières premières agricoles, la Commission ne propose que des abandons supplémentaires de moyens de régulation de ces prix ».

« Il est encore temps de réagir en refusant cette nouvelle atteinte aux traités fondateurs de l’UE et en proposant une alternative cédible. Le Mémorandum pour une Pac du XXIème siècle* que la CR vient de publier, montre qu’il est possible de faire une Pac assurant durablement, aux consommateurs, la sécurité alimentaire avec des prix stables et raisonnables, pourvoyeuse d’emplois, permettant une occupation harmonieuse de nos territoires (pour en savoir plus cliquer sur le lien en bas de page).

 

Confédération paysanne : « Les objectifs apparaissent pertinents…sur les constats et les justifications d’une réforme; des points de convergence avec nous, mais aussi des désaccords profonds ».
« Nous ne partageons pas le constat selon lequel les outils de régulation définis dans les Pac successives sont périmés : quoique notoirement insuffisants parce qu'ils ne sont pas associés à une gestion des volumes produits, les outils de régulation (intervention, stockage public, ...) devraient faire l'objet d'un bilan et non pas être liquidés. »

 

Orama (Agpb, agpm, Fop) :
« L’accent mis dans le premier (pilier) sur la gestion de l’environnement et sur l’équilibre des territoires ne doit pas faire perdre de vue les enjeux de l’économie agricole. Aussi est-t-il indispensable de donner véritablement corps à l’ambition affichée par la Commission de voir l’agriculture européenne contribuer activement à la sécurité alimentaire mondiale ».
« La réalité de la future Pac dépendra, par ailleurs, de facteurs qui restent actuellement dans l’ombre : le niveau et la répartition des enveloppes budgétaires qui seront consacrées à cette politique, l’évolution des instruments de régulation des marchés, notamment. »
« Orama compte sur la détermination des Pouvoirs publics français à suivre cette ligne et à y entraîner avec eux leurs partenaires européens. »

 

Jeunes agriculteurs : « La Commission européenne propose une vision de la Pac qui remet l’Homme au centre en affirmant la priorité à l’installation des jeunes, en reconnaissant le rôle des agriculteurs actifs au sein de leurs territoires. Une future Pac qui veut également capitaliser sur la diversité des agricultures», commente Jean-Michel Schaeffer, président de Jeunes Agriculteurs.
« Cette communication sur la Pac de 2014 n’est qu’une première étape franchie. Il faut que le budget soit à la hauteur des ambitions qu’elle semble porter. JA restera vigilant et force de propositions. Notre lobbying va continuer ! », souligne Carole Doré vice-présidente de JA, en charge du dossier Pac et Europe. »

 

A lire : [Synthèse] Communication « La Pac à l’horizon 2020 » - Ce que la Commission européenne propose pour la toute prochaine Politique agricole commune

 

Société des agriculteurs de France

«La Saf approuve ces orientations qui s’inscrivent dans le prolongement de sa proposition d’un Nouveau Pacte pour l’Europe, issu d’un important travail d’expertise et présenté en juin dernier ».
« La clarification de l’utilisation des fonds publics s’inscrit dans le droit fil du Contrat Agricole Européen, proposé par la Saf. Cette lisibilité positionne les agriculteurs en tant qu’offreurs de services de sécurité alimentaire et d’environnement, au bénéfice de la société européenne. » « Toutefois, les trois points principaux à approfondir sont :
- La répartition des priorités dans l’aménagement des paiements directs (soutien au revenu, composante verte, zones à contraintes naturelles),
- La nature des exigences contenues dans la " composante verte ",
- La mise en oeuvre des outils de gestion de marché. »


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