Tchat spécial présidentielle 2012 Toutes les réponses de Nicolas Dupont-Aignan à vos questions

Terre-net Média

Pendant une heure, jeudi 16 février 2012 à 10h30, Nicolas Dupont-Aignan, candidat de Debout la République à la présidence de la République a répondu à vos nombreuses questions sur son programme pour l’agriculture.

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Pendant une heure, Nicolas Dupont-Aignan a répondu
aux questions des terrenautes sur son projet
pour l'agriculture française. (© Terre-net Média)

Jeudi 16 février 2012, lors d’un t’chat en direct de 10h30 à 11h30, Nicolas Dupont-Aignan a été le premier candidat à la présidentielle 2012 à répondre aux questions des agriculteurs.

Politique agricole commune, Ogm, circuits courts, production biologique, développement des territoires, régulation des prix, quotas… : retrouvez ci-dessous les réponses que le candidat a apporté, en direct, aux questions des terrenautes.

Retrouvez ici l’interview de Nicolas Dupont-Aignan sur certains sujets qu’il n’a pas eu le temps d’aborder lors du Tchat : sortie de l’euro, verdissement des aides Pac, contrats laitiers, Tva sociale…

 

 

Questions de Vascob : Comment envisagez vous de résoudre l'équation: Nourrir la population à bas coûts pour préserver l'équilibre social, respecter les principes environnementaux de nos amis citadins, permettre à notre économie agricole (génératrice d'emplois) de demeurer compétitive?

Nicolas Dupont-Aignan :Contrairement à ce que l'on veut nous faire croire, c'est tout à fait possible si l'on maintient un prix rémunérateur pour les producteurs. Cela veut dire concrètement que l'on arrête le processus fou de dérégulation actuel qui écrase le producteur, nivelle par le bas les conditions sanitaires et environnementales au profit des industriels et de la distribution, qui ne répercutent jamais les baisses de prix qu'ils obtiennent. C'est pourquoi je propose une exception agricole à l'Omc et le rétablissement de prix minimum garantis, notamment pour le lait.

Question de Poulet : Monsieur, quels moyens seriez-vous prêt à proposer aux agriculteurs pour qu'ils puissent échapper à l'intégration proposée, avec harcèlement, par les laiteries ? Demain, le système laitier sera un copié collé de ce qui existe en production porcine, où les éleveurs doivent arrêter à cause d'endettements insoutenables.

Nda : C'est le retour au servage du moyen-âge. En supprimant le prix garanti du lait en 2008, le Gouvernement a fait le choix de privilégier les laiteries et les industriels. C'est une politique suicidaire qui va conduire notre pays à être déficitaire en lait. L'étape suivante sera la délocalisation des productions de fromages de yaourts en Pologne ou en Roumanie. Le consommateur n'a évidemment rien gagné, car la marge est absorbée par ces nouveaux prédateurs. C'est pourquoi je propose la fixation d'un prix garanti du lait, assortie du maintien obligatoire d'un système de quota pour éviter des surproductions éventuelles. Je ne vois pas pourquoi le Canada réussit à garantir des prix corrects et que la France se couche devant des dogmatiques à Bruxelles. C'est une question de volonté politique!

Question de Qualidon : Comment financer la politique agricole française après 2014 ?

Nda : Tout d'abord, il faut tordre le cou à la fausse idée selon laquelle la France bénéficierait d'un cadeau européen qui ferait vivre nos agriculteurs. La Pac bien sûr profite à la France. Mais globalement, la France contribue davantage à l'Union européenne qu'elle n'en reçoit (aux environs de 8 milliards d'euros.) Cela veut dire que, demain matin, la France peut tout à fait ouvrir une vrai épreuve de force salvatrice pour arrêter le détricotage de la Pac, et mettre le droit de veto sur cette tendance. Il faut tout refonder, si nos partenaires refusent, nous reprendrons nos 8 milliards, et croyez-moi, nous aurons de quoi financer une politique agricole nationale. Je pense cependant que nos partenaires cèderont, car n'oubliez pas que dans beaucoup d'autres pays aussi, les agriculteurs souffrent de cette politique ultralibérale qui favorise les importations extra-européennes et remet en cause la qualité sanitaire des produits que consomment les européens.

Question de Gege : En 1991, quand je me suis installé en vache laitière, le lait valait 0,30 centimes d'euro le litre et le coût horaire de mon garagiste agricole était de 18 euros. Le gazoil était à 0,27 cts d'euro le litre aujourd'hui notre lait est toujours payé 0,30 centimes d'euro, le garagiste 47 euro de l'heure, le gasoil 1 euro. Aujourd'hui ce n'est plus possible de vivre sur notre exploitation .Tout ce qu'on achète est très cher et nos produits n'ont pas augmenté depuis 20 ans. Pouvez vous me dire si une entreprise est viable dans ces conditions?

Nda : Je suis l'un des seuls candidats qui a bâti son projet agricole justement à partir de votre constat. C'est pour cela que je réclame le rétablissement des prix garantis planchers. C'est pour cela aussi que je propose une réforme des charges sociales concernant les salariés agricoles. C'est pour cela aussi, enfin, que je veux rétablir aux frontières une vraie préférence communautaire, assortir de contrôles très précis des importations sur le territoire national pour déceler les tricheries, notamment chimiques. On ne peut pas imposer des normes toujours plus strictes sur nos agriculteurs (Grenelle de l'Environnement) et laisser nos frontières ouvertes pour des produits venant de pays qui trichent ouvertement avec ces normes. Enfin, je suis le seul à proposer un contrôle des centrales d'achat qui sont une véritable catastrophe pour notre pays.

Question de Mono44 : Quand les politiques réagiront-ils face à la délocalisation des productions de certaines régions vers d'autres en appauvrissant les premières et rendant les secondes dépendantes d'un système productif les condamnant à travailler toujours plus pour gagner moins ?

Nda : Il n'est plus temps de favoriser l'agriculture dans une région au détriment d'une autre. C'est alimenter sans fin un cycle infernal où l'on aide ponctuellement une partie des agriculteurs au détriment de tous les autres. Pourtant, tous doivent faire face aux mêmes difficultés. Tous sont pris en tenaille entre des grandes entreprises de semenciers toujours plus puissantes et quelques centrales d'achat qui dictent leurs conditions. Il est donc vital de favoriser les circuits courts de production. Car en plus d'augmenter le poids des agriculteurs dans les négociations avec les distributeurs, il est nécessaireque les producteurs retrouvent une maîtrise du circuit de distribution. Afin de favoriser les circuits courts, où les produits régionaux seront consommés localement, il faut imposer aux collectivités publiques comme aux cantines scolaires d'acheter une partie des aliments auprès des producteurs locaux.

Question de Gilook : Etes vous favorable aux essais des Ogm au champ pour valider les résultats de la recherche? Si oui, que comptez-vous faire pour que ces essais puissent avoir lieu sans être détruits? Si non que ferez-vous pour compenser ce handicap technologique pour nos productions qui doivent être compétitives sur les marchés mondiaux? Pensez vous que le Général de Gaulle qui était très positif sur le développement des biotechnologies dans notre pays aurait abdiqué face aux critiques des écologistes comme le font nos dirigeants actuels?

Nda : Il faut un équilible entre l'application du principe de précaution d'un côté, et, de l'autre, les peurs irrationnelles. Aujourd'hui, on est dans le vide sidéral. Je propose, tant que nous n'avons pas de recul suffisant, de maintenir l'interdiction de la culture des Ogm en France, avec un contrôle beaucoup plus strict des importations. En revanche, biens encadrées, je crois nécessaire de maintenir des recherches pour, justement, pouvoir départager en ce domaine, le vrai du faux.
Sur le bio, je suis scandalisé que notre pays importe de l'étranger des produits bios qui n'ont souvent de bio que l'étiquette verte et qui ne sont jamais contrôlés. C'est perdant-perdant pour le consommateur qui est racketté, et pour nos agriculteurs, qui voient perdre un marché considérable. Il faut donc, d'une part, mettre fin à cette escroquerie d'importations, car si bio il doit y avoir, là aussi, il faut une égalité de normes entre les producteurs français de bio et les autres. Je suis convaincu qu'il y a un marché considérable pour nos producteurs dans le bio si les faussaires d'importations sont démasqués et si les filières françaises répondent davantage à la demande des consommateurs. Pour autant, il est absurde de faire preuve d'idéologie, car une agriculture raisonnée peut très bien garantir une qualité sanitaire parfaite sans être pour autant bio. Il faut donc permettre à nos producteurs d'offrir la palette voulue par les consommateurs, et bien évidemment tout faire pour réduire les intrants qui pourraient être dangereux pour la santé. Ce que je demande partout et toujours, c'est l'égalité des conditions de concurrence, car c'est là le vrai problème de l'agriculture française, bio ou pas. Il y a un malaise profond chez les agriculteurs qui, aujourd'hui, sont mal défendus par le principal syndicat. A force de cogérer, les producteurs sont négligés au détriment des industriels. Il est temps de remettre de la concurrence syndicale dans ce système de plus en plus oligarchique. Si les paysans, j'allais dire ce mot car j'aime ce mot, continuent à se faire plumer par ceux qui sont censés les défendre, notre pays perdra un secteur stratégique majeur.

Question de Sylvain57 : Etes-vous favorable à un crédit d'impôt « travail du dimanche » ?

Nda : Je ne crois pas à la multiplication des dispositifs en tous genres, qui renforcent la paperasse, qui accablent nos agriculteurs. Garantissons simplement un prix correct et tout ira mieux. Prenons l'exemple du lait: le consommateur ne verrait même pas l'augmentation mesurée du prix du litre, entre 0,35 et 0,40, et cela permettrait de redynamiser tout un secteur, sans parler bien sûr, de la vitalité de nos territoires ruraux qui se meurent de voir les exploitations disparaître, notamment en moyenne montagne.

Question de mbo23 : Que pensez-vous faire pour maintenir les exploitation a taille raisonnable alors que des élues PS font tout pour les faire disparaitre, pour les faire reprendre par une societé d'investissement pour revendre les céréales et toucher la Pac les terre que nous payons.

Nda: Si l'on veut maintenir une diversité d'exploitation, sans tomber non plus dans l'excès inverse, qui voudrait faire croire que rien ne doit changer, il faut différencier bien sûr les aides en fonction des lieux d'exercice de l'agriculture, et en fonction de la taille des exploitations. Sinon, par le jeu du libre-marché, nous aurons des usines agricoles déstabilisant la profession et nos territoires. Le contresens d'aujourd'hui s'explique par l'incapacité de Bruxelles (et l'esprit d'abandon du ministère) à comprendre que le territoire français n'a pas la même densité que celui de la Hollande ou celui de l'Allemagne, qu'il est beaucoup varié, et qu'on ne peut pas plaquer une agriculture standardisée. Au 21e siècle, dans un monde en pénurie alimentaire, notre territoire sera un exceptionnel atout, justement, en raison de cette diversité et de sa qualité. Raison de plus pour ne pas laisser, comme aujourd'hui, détruire un savoir faire, empêcher les jeunes de prendre la relève, favoriser des productions de qualité, etc.

Question de Cane : Comment arrêter la disparition des petites exploitations, est-ce qu'il y a vraiment une volonté?

Nda : Nos dirigeants n'ont aucune volonté de lutter contre la disparition des petites exploitations. Au contraire, éblouis par le « modèle allemand », ils ne rêvent que de grandes superficies et de productions industrielles capables de produire pour l'export ! Je défends, au contraire, une agriculture de proximité où les petites exploitations ont toutes leur place. Bien sûr, les paysans à la tête de petites exploitations ont besoin d'aide. C'est pourquoi je propose de restructurer la dette des agriculteurs surendettés en créant un fonds pour lequel l'Etat serait prêteur en dernier ressort, mais aussi de soutenir l'installation des jeunes agriculteurs par de nouvelles incitations fiscales.

Question de big gg : que pensez-vous du racket permanent et légalisé au prés des utilisateurs des routes Françaises (limitations, radars, autoroute et par dessus le marché les taxes sur les carburants) ??? Pour la plupart de ces utilisateurs c'est pour des raisons professionnelles et tout ce racket grève la rentabilité des entreprises, les petites particulièrement. Que ferez-vous pour rendre cette utilisation plus juste et moins répressive ?? Après la spoliation du peuple Français par la vente des autoroutes à des entreprises privées ,et qu'ils ne servent maintenant qu'à gaver des actionnaires.Renationaliserez-vous les autoroutes et les moyens industriels pétroliers ???

Nda : Je suis le seul à proposer la réquisition des sociétés d'autoroutes au prix où elles ont été bradées en 2006 (14 milliards d'euros). Ce sera une bonne affaire pour le contribuable français car ces sociétés ont aujourd'hui, sur certains tronçons, un taux de profit de 24 %. Bien évidemment, mon objectif est de supprimer les péages pour les infrastructures qui ont déjà été amorties. Cela donnera une bulle d'oxygène aux automobilistes qui sont, il est vrai, rackettés. De même, je propose un redéploiement des radars dans les zones dangereuses. Cela ne nuira pas à la sécurité routière car, parallèlement, je propose que la justice soit beaucoup plus ferme envers les criminels de la route dont les infractions, on le sait bien, sont presque toujours classées sans suite. En vérité, on ne lutte pas bien contre l'insécurité routière qui n'est qu'un prétexte pour abonder le budget de l'Etat. Quant à la Tipp, il faut l'exonérer, ou du moins la réduire, pour les exploitants agricoles. J'ai prévu, dans mon projet économique et budgétaire, une réduction de recettes pour l'Etat de 5 milliards d'euros, tout en retrouvant l'équilibre budgétaire en 2017. Vous pouvez retrouver sur le site www.nda2012.fr toute l'explication.

Question de popey : pourquoi la monoculture du mais sera interdite dans le cadre de la nouvelle Pac avec verdissement des aides c est une aberration du fait que l’europe est deficitaire quelle est votre position ?

Nda :Tant que nos dirigeants français de l'Ump, du PS, et du Modem, seront soumis au diktat d'une Commission européenne non élue, corrompue par des intérêts extra-européens, comment voulez-vous qu'on s'en sorte? La seule solution, c'est, comme le général de Gaulle avait su le faire par la politique de la chaise vide en 1964 (déjà pour défendre l'agriculture) est de dire clairement à nos partenaires que nous n'acceptons plus cette politique totalement contreproductive et que nous voulons retrouver notre capacité à produire du maïs et aussi des protéines végétales, pour réduire notre déficit colossal, notamment avec les Etats-Unis. Le choix est simple: soit nous reprenons un minimum notre indépendance, soit les agriculteurs, comme beaucoup d'autres secteurs en France, mourront à petit feux. Il faut sortir du baratin ministériel de la contractualisation qui n'est qu'un pansement pour endormir le monde agricole.

Question de marry : Que pensez vous faire concernant la spéculation sur le prix des terres ? A l'heure actuelle, il n"y a aucune rentabilité.

Nda : Il faut absolument limiter la constructibilité des terres agricoles aux abords des grandes agglomérations. Cela passe par une loi qui s'impose dans les zones périurbaines aux plans locaux d'urbanisme. Il faut aussi veiller à l'action concrète des Safer qui parfois, semble s'éloigner des principes fondateurs, et qui devraient toujours favoriser l'installation des jeunes agriculteurs.

Question de Fringal : Comment concilier circuits courts (et vente directe des producteurs) et commerces de proximité, notamment en zone rurale? N'y a-t-il pas risque de télescopage ... et de dégâts collatéraux?

Nda : Il faut absolument que les producteurs gagnent de la valeur ajoutée sur l'aval. C'est une condition d'amélioration de leur pouvoir d'achat. C'est aussi une énorme chance de rétablir de la concurrence face aux géants industriels ou de la distribution qui sont devenus aujourd'hui les grands seigneurs de notre République. Au cours de mon tour de France de l'année 2011, j'ai rencontré beaucoup d'agriculteurs qui avaient réussi à désserrer l'étau, et je crois énormément à cela. Je pense notamment à la ferme Bytteroise, qui est une magnifique expérience d'une moyenne surface accueillant une vingtaine de producteurs et offrant des prix particulièrement bas aux consommateurs, notamment sur des produits qui sont très bons, mais qui, sinon, finissent à la poubelle car les centrales d'achat les refusent car ils ne sont pas assez « présentables ». Dans le secteur des fruits et légumes, on assiste à un gachis effroyable. Ces ventes en circuits courts permettraient de renforcer le pouvoir d'achat des agriculteurs et de préserver celui des consommateurs. je ne crois pas aux dommages collatéraux, car il n'est jamais sain d'avoir des monopoles privés.

Question de Caliptus : je suis en redressement judiciaire, les banques m'ont lâchées je comprend pourquoi le pays est en recession la contractualisation n'avance pas nous sommes des chefs d'entreprises La France ne réalise pas son quota elle à perdue le rang qu'elle tenait, je constate que des discours improductifs,j'ai honte pour la France, que proposez vous pour sortir de cette incroyable impasse parce que les banques ne financent plus l'économie réelle.

Nda : Le pouvoir politique parle d'autant plus qu'il a abandonné sa capacité d'action au profit de nouvelles féodalités comme la distribution ou les banques. Le cas dont vous parlez se généralise dans toute la France pour la simple raison que le Gouvernement a utilisé l'argent du contribuable pour sauver les banques, sans forcément en prendre le contrôle. C'est exactement la même chose au niveau européen où la banque centrale prête à 1 % 500 milliards d'euros aux banques qui elles-mêmes vont aller étrangler les pays en demandant des taux d'intérêt exorbitants. J'ai quitté l'Ump en 2007 et je suis un candidat indépendant car justement je sais qu'on peut faire autrement. Mais à une condition: que le pouvoir politique reprenne le pouvoir au nom du Peuple sur ses intérêts qui se servent toujours plus au détriment de l'intérêt national. La France peut s'en sortir si les français osent se débarrasser de ceux qui les ont conduit au désastre. Les paysans constituent une richesse exceptionnelle de notre pays. C'est un atout pour les 50 prochaines années. c'est d'autant plus une honte de les laisser crever comme aujourd'hui. Un pays qui ne nourrit plus celles et ceux qui le nourrissent a perdu la tête. Je suis absolument certain qu'avec les mesures simples, de bon sens que je propose, qui ont fait leur preuve par le passé, qui marchent dans d'autres pays, on peut très vite redonner espoir à notre agriculture, à toutes nos agricultures, il n'y a aucune fatalité, on peut s'en sortir. Je remercie les internautes qui ont suivi ce débat, et surtout, je veux encourager les jeunes agriculteurs car ce sont eux l'avenir de nos territoires.

Question de Mono44: Vous pouvez leur demander de ma part quand est-ce qu'ils comptent prendre leurs responsabilités envers l'agriculture et la gérer plutôt que d'en laisser la gestion à un syndicat dont ce n'est pas le rôle puisqu'un syndicat doit justement avoir un rôle de contre pouvoir et non pas de pouvoir .

NDA: Depuis les années 1990, nos dirigeants ont communié dans l’idéologie du laisser-faire dans un contexte d’ouverture totale des frontières.
Cette politique est un échec ! Il faut aujourd’hui que l’Etat reprenne toute sa place dans l’organisation de l’agriculture, qui est un secteur stratégique pour notre pays. Il faut redonner un avenir à l’agriculture française.
L’instauration d’une loi quinquennale de programmation agricole afin de régulièrement définir les grands objectifs du secteur, notamment en termes d’assolement ou d’équilibre des exploitations entre les céréales et les élevages est vitale pour rendre à notre agriculture le caractère stratégique qu’elle a perdu ces dernières années.

Question de Ttitouan27: Sous l 'égide de l'actuel président nous avons connu la naissance du grenelle de l'environnement et tout ce qui s'en suit. Ecophyto 2018  etc. Le G20 agricole a donner lieu a d autres propos qui ne sembe pas aller en adéquation avec le reste. Quelle est la vision et l'orientation  que souhaite donner chaque candidat a l'agriculture ?

NDA: La terre que nous avons sous nos pieds, et que les paysans façonnent depuis la nuit des temps, est encore aujourd’hui notre plus belle richesse. Mais tous les discours de soutien à l’agriculture de la part de tel ou tel candidat seront vains tant qu’ils soumettront nos productions à un libre-échange déloyal.
La terre ne peut être réduite à des prix décidés par quelques traders à Chicago. Notre agriculture a besoin d'une vision à long terme.
Je crois au contraire que l’agriculture est un secteur stratégique de notre pays. Ce que je veux, c’est redonner aux agriculteurs une fierté que 20 années de détricotage de la PAC et d’abandon des politiques leur ont enlevée.

Question de Sylvain57: Comment pensez vous qu'il soit possible de produire de la viande au cours de l'amérique latine, du lait au cours de l'océanie et des céréales au cours de l'europe de l'est en ayant des charges françaises et des contraintes environnementales qui nous obligent à laver plus vert que vert ?

NDA: Je pense que c’est tout simplement impossible ! Il est fou de demander aux agriculteurs de produire des produits de qualités, répondant à nos normes environnementales et sociales, tout en subissant le dumping d’autres pays aux normes différentes. C’est une simple question de bon sens.
Il est donc temps de s’affranchir du dogme libéral qui soumet nos productions à cette mondialisation inhumaine. Je propose donc d’instaurer une exception agricole à L’OMC, sur le modèle de l’exception culturelle, pour assurer l’indépendance alimentaire, garantir la sécurité des aliments et valoriser les territoires. Mais il nous faudra également rétablir la préférence communautaire pour protéger nos marchés d’importations de pays tiers et n’autoriser les importations que sur les produits où notre production est déficitaire.

Question de Vince: Nos ministres actuels nous promettent d'interdire les ogm. Conséquence, la France entretient une hypocrisie puisqu'on en importe tous les jours pour nourrir nos animaux. Quelle est votre position?

NDA: Je pense qu'il faut trouver un juste milieu entre le principe de précaution et le laisser-faire. Les OGM peuvent être une opportunité pour notre agriculture à condition que nous ayons une vision de long terme sur leurs effets.

Question de Michel14: Partout, nous lisons (et constatons) que nous consommons deux fois plus de foncier que les allemands. On nous demande de produire plus alors que nous avons toujours moins de terre pour y parvenir. Que proposez-vous pour arrêter la création de zones commerciales toujours plus grandes, zones artisanales qui sont souvent peu exploitées?

NDA: Si nos territoires fertiles et variés sont un atout depuis le début de notre histoire, c’est que des hommes les ont façonnés et en tiré le meilleur. Il faut préserver ces terroirs - qui sont aussi des aires de productions agricoles – grignotés par une urbanisation rampante.
Il est donc nécessaire de freiner la spéculation sur les terrains agricoles et limiter leur conversion en terrains constructibles autour des grandes agglomérations.

Question de Stefanie: La réforme de la Pac, telle qu’elle se profile, se traduirait par de fortes baisses des aides à l'élevage alors que les revenus des producteurs sont les plus faibles. Comment comptez-vous y remédier ?

NDA: L’élection présidentielle de 2012 est fondamentale car de son résultat dépendra l’avenir de la PAC. Sa renégociation en 2013 est une chance unique de la faire renouer avec ses fondamentaux, bafoués depuis 20 ans.
Alors qu’aujourd’hui la PAC privilégie les aides aux agriculteurs – les condamnant à un assistanat dévalorisant - il faut de nouveau offrir aux paysans des prix garantis sur les produits destinés au marché européen.

Question de Jeanbon: En 2010, la conféderation paysanne a demandé à être représenté dans l'interprofession laitière. Certains syndicalistes ont même fait une grève de la faim. Êtes vous pour modifier les règles pour que tous les syndicats participent aux interprofessions.

NDA: Notre démocratie a besoin d’une nouvelle bouffée d’oxygène. C’est vrai en politique où l’on ne peut continuer éternellement avec ceux qui ont tout échoué depuis 30 ans, cela l’est aussi dans les interprofessions.
Offrir une place à de nouveaux syndicats, c’est ouvrir l’interprofessionnelle à de nouvelles idées et alimenter le débat intersyndicale. Cela ne peut qu’être bénéfique à l’ensemble des agriculteurs. Il ne faut pas avoir peur de s'ouvrir à d'autres idées.

 

 


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