Vin de Bordeaux Un patron de la profession condamné pour tromperie sur AOC

AFP

Le viticulteur et président de la Fédération des grands vins de Bordeaux (FGVB) Hervé Grandeau a été condamné pour « tromperie sur la qualité et l'origine » des vins qu'il produit, entraînant vendredi l'appel à une « remise à plat du système » de gouvernance du milieu viticole.

Le tribunal correctionnel de Bordeaux a condamné le patron de cette puissante organisation professionnelle à six mois de prison avec sursis et 30 000 euros d'amendes dont 20 000 avec sursis. Le tribunal a également condamné son frère Régis Grandeau à 4 mois avec sursis et à verser lui aussi 30 000 euros d'amendes dont 20 000 avec sursis.

Les deux entreprises des frères Grandeau, la société de production SCEA Vignobles Grandeau et l'entreprise de mise en marché SARL Maison Grandeau Lauduc, poursuivies en tant que personnes morales, devront verser chacune des amendes de 200 000 euros, dont 150 000 avec sursis. Ils étaient notamment accusés par l'administration chargée de la concurrence de la Direccte, de pratiques illicites en matière d'assemblages de vins et d'avoir dépassé des rendements autorisés puis de les avoir commercialisés. La fraude porte sur un volume estimé à 5 900 hectolitres de vin pour 1,37 million d'euros de chiffre d'affaires entre 2010 et 2014.

Enfin, les deux exploitants et leurs sociétés sont condamnés à diffuser la décision du tribunal correctionnel dans l'Union Girondine des vins de Bordeaux, magazine des professionnels, et sur le site spécialisé Vitisphere. L'avocat de Hervé Grandeau, Me Jean-Philippe Magret, ne « sait pas s'il fait appel », a-t-il indiqué à l'AFP. Les juges ont donné raison à la Direccte, « sans retenir mes arguments qui montraient que la Direccte avait fait des erreurs », a-t-il ajouté sans autres commentaires.

La Confédération paysanne de Gironde, « seule partie civile représentant les vignerons » dans cette affaire, a appelé dans un communiqué à une « remise à plat d'un système » de gouvernance « déjà à l'arrêt », estimant que cette condamnation est « aussi celle de l'entre-soi d'un milieu qui fonctionne par cooptation ». « Il y a une irresponsabilité totale du milieu institutionnel viticole à maintenir à des postes de responsabilité, des personnes impliquées dans des affaires de fraude », dénonce le syndicat. Et « il n'est pas sûr qu'Hervé Grandeau soit le dernier cas », a affirmé encore la Confédération paysanne qui se demande « quel crédit accorder encore à l'organisme de contrôle dont un président a été condamné pour fraudes sur les vins ? ». Il demande aux deux exploitants condamnés d'« éviter tout appel de la décision, au risque de mettre en place une nouvelle saison d'une "série" dont Bordeaux pourrait bien se passer ».


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