; En 2021, la valeur de la production agricole augmente, tirée par les prix

Comptes de l'agriculture Une hausse de 7,7 % de la valeur de la production en 2021

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Avec la hausse généralisée des prix, la production agricole en valeur a augmenté de 7,7 % en 2021, indiquent les comptes prévisionnels de l’agriculture publiés par l’Insee le 7 juillet. Une hausse particulièrement marquée sur la production végétale. Les consommations intermédiaires augmentent aussi, mais dans une moindre mesure, ce qui permet une progression de 11,5 % de la valeur ajoutée brute par actif. (Article paru initialement le 07/07/2022 à 13h56)

La valeur ajoutée de la branche agricole a progressé en 2021.La valeur ajoutée de la branche agricole a progressé en 2021. (©Pixabay) 

Les résultats économiques de l’agriculture ont progressé en 2021, avec une augmentation de 7,7 % de la valeur de la production agricole, et une valeur ajoutée brute (y compris les subventions) en hausse de + 11,5 % par actif par rapport à 2020, indiquent les comptes provisoires de l’agriculture publiés le 7 juillet.

Volumes et prix en hausse pour les céréales

Cette progression s’explique principalement par la hausse des prix, et particulièrement dans la production végétale (+ 12 %). Ainsi, les volumes des grandes cultures sont plus importants qu’en 2020, avec + 17,2 % pour les céréales (+ 21,4 % en blé tendre, + 10,0 % pour l’orge, et + 11,3 % pour le maïs). La production de betteraves progresse à nouveau, de + 31,7 %, après la production catastrophique de 2020, marquée par la jaunisse (- 22,9 %). La récolte d’oléagineux croît à nouveau (+ 6,7 %), celle des protéagineux rebondit (+ 12,3 %) tirée par les rendements des pois protéagineux, indique l’Insee. Les volumes de pommes de terre diminuent en revanche de 2,2 % face à la diminution des surfaces.

Le prix de la production végétale a augmenté en parallèle de + 12,1 %, tirés par l’augmentation des prix des céréales (+ 28,8 %), « soutenus par une demande dynamique et une production mondiale contrainte », avec de mauvaises récoltes en Russie et aux États-Unis et les premiers effets de la guerre en Ukraine en fin de campagne de commercialisation, note l’Insee. La mauvaise récolte canadienne tire également les prix du colza qui s’envolent de + 44,2 %. Grâce à la réouverture de la restauration hors foyer après la crise sanitaire, le prix des pommes de terre a progressé de + 13,1 %.  

Les prix de la production animale progressent également, avec + 5,9 % pour les gros bovins, + 6,9 % pour les veaux, + 8,7 % pour les ovins-caprins, + 6,5 % pour les volailles et + 4,3 % pour le lait, en raison d’une demande intérieure dynamique liée au redémarrage de la restauration collective. Néanmoins, les volumes sont en diminution, de - 2,1 % au total.

Les consommations intermédiaires en hausse de 3,1 %

La valeur des consommations intermédiaires augmente également (+ 3,1 %, tirée aussi par les prix avec une envolée des prix de l’énergie de + 20,7 %, mais aussi l’augmentation des prix des aliments pour animaux (+ 11,7 %), liée à la progression du prix des céréales.

Les dépenses d’engrais et d’amendements sont en baisse de 11,0 % suite à une baisse des volumes (- 9,9 %) et, dans une moindre mesure, des prix (- 1,2 %).

Au final, « en 2021, la valeur ajoutée brute de la branche agricole augmente sensiblement, + 13,9 %, après – 2,4 % en 2020 », précise l’Insee. «  En prenant en compte les subventions d’exploitation et les impôts sur la production, la valeur ajoutée brute au coût des facteurs augmenterait de 11,8 % en 2021 », ce qui correspond à une progression, par actif, de 13,3 % compte tenu de la diminution de l’emploi agricole. En termes réels, c’est-à-dire déflatée par l’indice de prix du PIB, elle serait de 11,5 %.

Pour les chambres d’agriculture, ces résultats sont « à prendre avec le recul nécessaire au regard du contexte climatique et géopolitique de cette année qui déstabilise les marchés agricoles, alourdit les charges pesant sur les exploitations agricoles et fragilise certaines productions ». Ainsi, la croissance n’est pas générale et deux secteurs sont encore en difficulté, l’arboriculture et la viticulture, victimes en 2021 d’importants incidents climatiques.

« Il faut bien admettre que si le calendrier de la statistique agricole (CCAN de juillet) nous renvoie à une année 2021 plutôt favorable pour l’agriculture, il est difficile de ne pas penser à l’actualité d’aujourd’hui où la guerre en Ukraine fait craindre des difficultés pour l’ensemble de l’agroalimentaire national », préviennent les chambres d'agriculture dans leur analyse.

Des chiffres à manipuler avec précaution, pour les syndicats agricoles

Cette hausse importante de la valeur doit être remise dans son contexte, rappellent plusieurs syndicats agricoles. Ainsi, pour la FNSEA et Jeunes agriculteurs, « ce rattrapage par rapport à 2020 provient surtout de l'amélioration conjoncturelle des rendements et des prix de vente des grandes cultures, alors que les charges comptabilisées sont celles de 2020 ». Sans compter que les charges ont poursuivi leur explosion. « Le ciseau des prix, déjà observable en 2021, même s'il n'est pas pris en comptes dans les analyses de la CCAN, se renforce de manière exponentielle en 2022 et fragilise le tissu économique agricole », soulignent les deux organisations qui rappellent l’importance de faire respecter Egalim, et de mettre en place un chèque alimentaire pour les plus démunis.

La Coordination rurale est encore plus virulente et évoque quant à elle des chiffres « trompeurs et inquiétants ». Pour le syndicat, le bon résultat de la branche agricole, « est en trompe l’œil, car en décalage avec la hausse du prix de l'énergie, des engrais et de l'alimentation animale ». « Ces signaux positifs cachent un affaiblissement de la puissance agricole », ajoute le syndicat qui rappelle notamment que les importations progressent plus vite que les exportations.


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