Le labour : un outil intéressant pour gérer les graminées
Plusieurs mesures agronomiques peuvent être envisagées pour réduire les populations d’adventices en grandes cultures. La rotation peut constituer un premier moyen intéressant. L’introduction de nouvelles cultures dans l’assolement perturbe le cycle des adventices et introduit des substances actives et des modes d’action différents contre les adventices.
Ne pas négliger le labour
Le labour permet d’enfouir les graines et de provoquer ainsi le dépérissement d’une partie d’entre elles. Cette technique réduit le stock de graines d’adventices et facilite le contrôle des mauvaises herbes. Les meilleures efficacités sont observées dans le cadre de stratégie de labour occasionnel (par exemple une fois en trois ans). Le labour occasionnel est approprié pour lutter contre les graminées, en revanche, contre les crucifères qui ont une grande longévité de graine, il est déconseillé car il remonte à la surface les graines précédemment enfouies.
De nombreux agriculteurs ont maintenant abandonné toute stratégie de labour pour passer au semis direct exclusivement. Ils disposent heureusement de plusieurs autres techniques agronomiques pour jouer sur la pression des adventices.
Réaliser des faux-semis
La technique du faux semis consiste à simuler un semis avant le semis réel du colza. Le travail du sol superficiel a pour effet de mettre les graines d’adventices en conditions propices à la germination (ameublissement, aération du sol). Les jeunes mauvaises herbes peuvent ensuite être détruites avant le semis de la culture. Cette technique permet de détruire un grand nombre d’adventices avant que la culture ne soit semée. La destruction se fera à l’aide d’outils mécaniques ou de glyphosate. Dans les 2 cas, elle limite la sélection d’adventices résistantes aux herbicides en culture. Pour le colza, la technique est surtout efficace contre les repousses de céréales, les graminées et les géraniums.
Utiliser la date de semis
Le décalage de la date de semis est aussi un levier efficace pour réduire la densité des adventices, en esquivant leur levée. En céréales, le fait de décaler de dix jours la date de semis, permet de diminuer de 50 % le nombre de ray-grass levés. Cette technique est moins pertinente pour le colza car les colzas ont besoin d’être semés tôt. D’une manière générale, le décalage de la date de semis n’est pas innocent en terme d’impact sur l’installation de la culture et de son niveau de rendement, ce levier sera avant tout actionné dans les situations très infestées en graminées.
Adapter les pratiques à la mauvaise herbe dominante
Les mesures agronomiques ne présentent pas la même efficacité sur toutes les adventices. Le ray-grass par exemple, sera sensible au labour, au faux-semis et au décalage de la date de semis. Retarder le semis aura moins d’efficacité sur les coquelicots. L’introduction d’une culture de printemps sera par contre intéressante contre cette cible, tout comme le labour. Le faux semis est efficace contre le géranium, moins contre le coquelicot. Dans le choix des herbicides comme dans celui des pratiques agronomiques, il est primordial de connaître les adventices susceptibles d’être présentes dans la parcelle.
Envisager le désherbage mécanique
Le désherbage mécanique est également une solution à ne pas négliger. Sans herbicides, ces interventions ne sélectionnent pas de mauvaises herbes résistantes et permettent de réduire les pressions. Les agriculteurs peuvent utiliser :
- Une houe rotative : à utiliser de la pré-levée au stade 3 feuilles des colzas
- Une herse étrille : avant la levée des colzas ou après le stade 3-4 feuilles
- Une bineuse dès le stade 3 feuilles, pour les semis en grand écartement
Ces interventions sont à envisager pour contrôler le développement de gaillet, matricaire, géranium voire sanve.
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