Le Colza s'inscrit dans une rotation
La succession des mêmes cultures et l’utilisation d’herbicides de même mode d’action, conduisent avec le temps, à la sélection de certaines mauvaises herbes dans les parcelles. Les rotations colza-blé-orge d’hiver par exemple, sélectionnent des flores riches en vulpin, ray-grass, géraniums, matricaires, gaillet, coquelicots et crucifères. Il est possible de jouer sur la rotation pour mieux contrôler ces adventices.
Introduire une culture de printemps
Un premier moyen pour réduire la pression des mauvaises herbes est d’introduire une nouvelle culture dans la rotation. Dans les assolements à base de cultures d’hiver comme colza-blé-orge, l’arrivée d’une culture de printemps permet de rompre le cycle des mauvaises herbes, et de réduire le stock de graines dans le sol. Les essais ont montré que l’introduction d’une culture de printemps dans une rotation de cultures d’hiver, induit une diminution des populations de vulpins qui peut aller jusqu’à 96 %. Cette stratégie, très efficace, ne convient cependant pas à toutes les régions. Il existe heureusement d’autres actions que les agriculteurs peuvent mettre en place.
Alterner les modes d’action
Les cultures de la rotation permettent également d’introduire dans l’assolement des herbicides avec des modes d’action différents, ce qui renforce l’efficacité du désherbage et limite le risque d’apparition d’adventices résistantes.
Combattre les adventices sur toutes les cultures de la rotation
Plus précisément, en cas d’infestation problématique d’une adventice, il est possible de travailler le programme de désherbage des autres cultures pour s’assurer le meilleur contrôle. Par exemple, le géranium, pose de gros soucis de désherbage dans le colza. Si certains herbicides sont efficaces contre le géranium dans cette culture, les très fortes infestations (on rencontre parfois des pressions dépassant les 400 géraniums par mètre-carré) restent mal contrôlées. Il est en revanche plus facile d’éliminer les géraniums dans les céréales car les céréales se sèment plus tard, elles ont un pouvoir de concurrence plus fort et d’autres substances actives et d’autres modes d’action sont alors disponibles contre les géraniums. Les agriculteurs qui souhaitent baisser la pression en géranium sur les colzas ont tout intérêt à choisir un programme efficace sur les céréales pour éviter les productions de graines. De la même façon, le gaillet qui complique la vie des agriculteurs dans le colza, est plus facile à contrôler dans le blé et les crucifères comme les ravenelles sont moins difficiles à éliminer dans le blé que dans le colza.
Pour bien gérer le désherbage de ses parcelles, il faut se fixer des priorités en termes de mauvaises herbes au sein de la rotation, et apporter une réponse contre ces adventices sur chacune des cultures, quitte à introduire des cultures nouvelles.
© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net