Point de vue J.-M. Séronie: « Le collaboratif, une révolution pour l’avenir de l’agriculture»

Terre-net Média

Avec le développement du numérique dans les exploitations, se développent des outils dits collaboratifs. Pour Jean-Marie Séronie, agroéconomiste indépendant, c’est le début d’une révolution de « l’agriculture collaborative ». Cette dernière sera source de solutions pour les agriculteurs, pour les aider à partager leurs compétences et créer de la valeur.

[Point de vue] Jean-Marie Séronie: « Le collaboratif, une révolution pour l’avenir de l’agriculture »

(Cliquez sur la vidéo pour la démarrer)

Un agriculteur qui s’installe ou qui est déjà en activité depuis quelques années peut-il et pourra-t-il se passer du numérique dans les années à venir ? « Oui et non », répond en bon normand Jean-Marie Séronie , agroéconomiste indépendant. « Se passer de boîte mail aujourd’hui, c’est comme si hier, on n'avait pas de boîte aux lettres :  c’est un peu difficile pour gérer une entreprise. En revanche, un agriculteur peut très bien s’affranchir des technologies numériques collaboratives, et de manière durable.

Par contre, « l’agriculture collaborative me paraît durablement incontournable pour les agriculteurs », ajoute-t-il. Pour l’économiste, ce phénomène n’est pas nouveau, en témoignent les coopératives ou les Cuma pour la mutualisation des équipements nécessaires à l’activité agricole.

« Ce qui est nouveau, c’est d’aller plus loin dans le partage de moyens pour diminuer les coûts. Dans ce monde de plus en plus complexe, où les risques et la volatilité augmentent, le collaboratif est un élément important pour l’avenir. Il permettra de créer des collaborations pour partager des compétences car il en faut de plus en plus pour bien diriger son exploitation. Comme un agriculteur ne peut pas tout connaître et tout savoir faire, et comme il fait en priorité ce qui lui plaît, il mutualisera davantage ses compétences avec d’autres. »

Ainsi, l’agriculture deviendra de plus en plus collaborative pour « partager des risques et créer de la valeur, en développant à plusieurs des ateliers de vente ou d’élevage, des groupes de mutualisation de compétences, etc.

« La barrière psychologique à ce changement est tel qu’il s’agit d’une révolution qui vient bousculer la vision très patrimoniale de l’activité agricole. C’est en tout cas une des voies majeures pour parvenir à concilier compétitivité à l’échelle mondiale avec le maintien du modèle dit familial de nos exploitations françaises. »


© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net
Tags

A lire également

Chargement des commentaires