Filière brassicole Le marché de la bière à toutes les échelles

Adeline Tadier Terre-net média

« Contrasté et en évolution » : voici les tendances générales du marché mondial de la bière. C’est au cours du 12e séminaire « Perspectives Orges Brassicoles » organisé par Arvalis-Institut du végétal à Paris, le 3 février, que Gérard Laloi, président des Brasseurs de France, a pu présenter le panorama du marché mondial de la bière.

L’Asie, l’Amérique et l’Europe se partagent, à parts égales, 95 % du marché mondial de la bière en termes de production, pour la campagne 2007-2008. Une production orientée à la baisse à l’échelle du globe, avec 200 millions d’hectolitres perdus en moins de deux ans (1.815 Mhl de bière produits en 2007/2008 contre 1.600 Mhl aujourd’hui). La production avait pourtant connu une importante progression sur la période 2005-2008, de l’ordre de +14 %. Trois zones ont connu une croissance particulièrement importante : l’Europe (hors UE) avec +27,5 % sur la période, l’Asie avec +6,2 % et l’Amérique du Sud avec +12 %.

La Chine, premier producteur mondial

Le top 10 des pays producteurs (en volume) de bière ne correspond pas au top 10 des consommateurs. En effet, avec 410 Mhl, la Chine est le premier pays producteur de bières au monde. Suivi de loin par les Usa avec 232 Mhl et la Russie avec 114 Mhl (données 2008). Les plus gros consommateurs de bière au niveau mondial (en litres par an et par habitant) sont la République Tchèque, l’Irlande et l’Allemagne, avec respectivement 159 l/an/hab., 118 l et 117 l. Avec une consommation moyenne de 30 l de bière par an, les français se situent loin dans ce classement.

Une légère régression de la consommation de bière s’observe dans certains pays comme la Russie et l’Espagne. Il y a deux raisons à cette évolution à la baisse : tout d’abord la crise, qui a touché l’ensemble des marchés mondiaux et notamment le marché des alcools comme la bière. A cela vient s’ajouter la pression des pouvoirs publics avec une augmentation des taxes sur les alcools, une restriction générale de leur distribution et l’interdiction de fumer dans les lieux publics de consommation.

Une baisse importante des volumes
consommés en France


En 2008, trois frabricants dominent 48 %
du marché
de la bière, en termes de
volume et en parts de marché :
AB Inbev, Heineken Femsa
et Sab Miller. (© Terre-net Média)

Avec les producteurs d’orge brassicole, les brasseurs font partie des principaux acteurs de la filière. Leur activité représente un double enjeu économique pour la France puisque le secteur agricole comme celui de la restauration et des cafés sont concernés. Les problèmes de la filière ont des répercussions sur ces deux secteurs. En 18 ans (1991-2008), le marché français de la bière a baissé de 16 % en volume. En 2007-2008, la baisse a atteint -5 %, avec un maintien relatif du marché dans la distribution (-2,6 %) et une chute significative de -11,5 % pour la consommation hors domicile.

De nouvelles tendances de consommation

Le marché de la bière au niveau national subit un certain nombre de contraintes règlementaires et législatives, de plus en plus strictes. Malgré ces freins, la filière brassicole française possède encore de nombreux atouts. Avec une activité implantée sur l’ensemble du territoire métropolitain, les entreprises de fabrication de la bière se distinguent par leur diversité. On trouve à la fois des grands groupes internationaux, des entreprises familiales et des Pme, voire des Tpme.

La France veut aussi jouer sur les aspects convivialité et sociabilité du produit et adapter son offre aux nouvelles attentes des consommateurs. Bières nouvelles, de qualité, produits valorisés sous l’appellation de bières de pays, bières d’abbayes, voici les nouvelles tendances de consommation des français d’aujourd’hui.


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