Marché du blé dur Les destinations du blé dur français

Céline Zambujo Terre-net média

La France exporte en moyenne trois fois sa consommation intérieure de blé dur. L'Italie et l'Algérie sont deux clients majeurs alors que le Maroc et la Tunisie ont des exigences que le produit français ne satisfait pas.


«En moyenne, la France exporte trois fois
sa consommation intérieure de blé dur.
En 2010/2011, elle devrait exporter
750.000 t vers les pays tiers et
800.000 t vers l’UE.» (© CZ)
« Lexportation vers les pays tiers, vers le Maghreb pour 50 %, vers l’Afrique de l’ouest (hors Nigéria, ndlr) pour 25 à 50 % et vers l’Egypte pour 0 à 25 %, est souvent la variable d’ajustement des bilans français», expliquait Jean-Philippe Everling (directeur de la société Granit Négoce), lors de l'assemblée générale de la coopérative de Bollène-Barjac en décembre. Elle représente entre 11 et 12 Mt de céréales, envoyées aux deux tiers par voie maritime.

Cependant, les états des pays tiers font de plus en plus d’interventionnisme en décidant eux-mêmes des achats. « C’est notamment le cas en Algérie, le gouvernement venant de décider de bloquer les importations pour favoriser la production nationale. Le marché égyptien s’ouvre ou se ferme en fonction des exportations russes. D'ailleurs, en 2011, les exportations russes seront bloquées, et nous pourrions exporter environ 40 % de notre disponible vers ce pays qui importe en moyenne 8 millions de tonnes. »

Quant aux concurrents ?

Pour le blé dur, en Europe, il faut compter avec les pays de la zone centrale « mais avec un blé dur de moins bonne qualité », l’Allemagne « qui fournit d’abord son propre marché » ou la Grande-Bretagne, « mais qui exporte en général un produit de moins bonne qualité que l’origine ‘France’ ». Les réels concurrents sont la Russie et l’Ukraine. « Notre atout majeur est la stabilité de notre production, de plus beaucoup moins erratique que celle de ces deux pays », poursuit Jean-Philippe Everling.

L’Italie : premier acheteur de blé dur mondial

La production nationale de blé dur italienne varie entre 3 et 5 Mt. Une production très variable et des importations qui varient en fonction. L’Italie fait preuve d’une grande flexibilité sur les exigences qualitatives. En moyenne, ses importations atteignent 2,2 Mt, dont 1,3 Mt en provenance des pays tiers, 720.000 t en provenance de l’UE à 27, et 400.000 t en provenance de la France (dont 160.000 t du Centre et du Centre ouest).

L’Algérie : un gros importateur structurel

En 2010, la Sau couvre 863.000 ha en Algérie. Jusqu’en 2008, le pays importe plus de 65 % du blé dur destiné à l’Afrique du nord, la production moyenne (1,1 Mt) ne permettant pas de couvrir les besoins évalués autour de 2,7 Mt. Entre 2007 et 2010, l’Algérie représentait 90 % des exportations françaises de blé dur sur pays tiers. Pourtant, en 2009 et 2010, l’Office public interprofessionnel des céréales saluait le niveau des récoltes (6,1 millions de tonnes pour le blé dur en 2009) et, en mars 2010, le ministre algérien du Commerce appelait les opérateurs privés à stopper leurs importations de blé dur, déclenchant un mouvement de protestation de la part des industriels, inquiets car la qualité de la récolte domestique n’est pas toujours à la hauteur de leurs attentes. A priori, les besoins des industriels algériens seraient assurés jusqu’en mars par la production locale, mais les importations devraient reprendre en avril 2011. En moyenne, le pays importe 1,8 Mt, dont 550.000 t de France. « Le cahier des charges est exigeant mais convient très bien à la qualité des blés dur du sud de la France avec 12 % de protéine minimum. »

Le Maroc : chasse-gardée du Canada

Le Maroc importe environ 700.000 t de céréales par an. La France n'en livre qu'une très petite part (environ 20.000 t), le reste étant couvert par les exportateurs canadiens. « Le Maroc reste une destination très faible pour les blés durs français car ils ont un cahier des charges très exigeant, notamment sur le taux de moucheture qui doit être compris entre 2 et 3 %. » La Tunisie importe annuellement environ 300.000 t de blé dur, dont seulement 6.000 t viennent de France. « Le cahier des charges exige un taux de mouchetures compris entre 1 et 2 % qui disqualifie la plupart du temps les blés français. »


Principales destinations de la production de blé dur française. (© Granit Négoce)
En partenariat avec le Vaucluse Agricole.

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