Chicago hebdo Dopé par les pluies, le maïs au plus haut en cinq ans

AFP

Les cours du maïs, du blé et du soja ont bondi cette semaine à Chicago alors que les investisseurs s'attendent, vu les précipitations persistantes qui ont fortement nui aux semis, à des récoltes moins abondantes que prévu.

PluieSelon Dewey Strickler, la saison pourrait être, pour le maïs, la plus incertaine depuis des années. (©Pixabay) 

Le boisseau de maïs pour livraison en juillet, contrat le plus actif actuellement, a pris 9 % sur la semaine, pour terminer à 4,5300 dollars, son  plus haut niveau depuis juin 2014. Il avait clôturé à 4,1575 dollars il y a  une semaine. « La fenêtre est en train de se refermer complètement pour les semis de maïs », rappelle Dewey Strickler de Ag Watch Market Advisors. Au 9 juin, seulement 83 % des semis étaient réalisés aux États-Unis en raison des pluies persistantes qui ont empêché de nombreux agriculteurs de  travailler dans les champs depuis le début du printemps. Et seulement 59 % des  plants étaient considérés comme bons à excellents.

Dans son rapport mensuel sur l'offre et la demande de produits agricoles dans le monde (Wasde), le ministère de l'agriculture a du coup nettement revu à la baisse ses estimations sur le nombre d'hectares de maïs plantés et sur  les rendements attendus. Et la situation ne devrait pas s'améliorer tout de suite puisque de nouvelles averses sont attendues ce week-end et les prévisions météorologiques pour les six à dix prochains jours « continuent d'anticiper des précipitations au-dessus des normales saisonnières et des températures en-dessous sur l'ensemble du centre des États-Unis », indique Matt Gallik de CHS Hedging. Toutefois, note Dewey Strickler, « la consommation aux États-Unis stagne plus ou moins depuis 2015, les exportations se replient depuis 2017 et la part des États-Unis sur le marché mondial se contracte ». Entre ces éléments et les aléas climatiques, « ce sera la saison la plus incertaine depuis plusieurs années », prédit-il.

Les cours du blé de leur côté s'inscrivent surtout selon lui dans le sillage de ceux du maïs. Le boisseau de blé (environ 25 kg) pour juillet, également le plus échangé, a clôturé à 5,3850 dollars contre 5,0450 dollars vendredi dernier, enregistrant ainsi une hausse de 6,7 %. Le ministère a relevé cette semaine ses prévisions de production américaine de blé à venir mais la persistance d'un temps humide suscite quelques craintes quant à la qualité de la récolte d'hiver. « Le plus gros souci pour le marché (américain) reste que les stocks mondiaux de blé sont à un niveau record et que la consommation aux États-Unis et les exportations du pays stagnent depuis trois ans », nuance Dewey. Strickler.

Du côté du soja, la fenêtre d'ensemencement est encore ouverte pour quelques semaines. De quoi théoriquement rattraper le retard du début de saison : seulement 60 % des semis étaient réalisés le 9 juin, contre 88 % en moyenne à cette période de l'année. Le ministère n'a pas touché à ses estimations sur la moisson à venir de soja dans son rapport mensuel, mais son économiste en chef a prévenu que ses services allaient réviser ses chiffres sur l'oléagineux dans le prochain rapport, attendu en juillet. Les observateurs s'interrogent en particulier sur la qualité des plants si les précipitations devaient se prolonger encore longtemps. Le boisseau de soja pour livraison en juillet, le plus actif, a terminé à 8,9675 dollars contre 8,5625 dollars vendredi dernier à la clôture, en hausse de 4,7 % sur la semaine.


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