Campagne 2011/2012 Estimée à 32 Mt pour le blé en 2011, FranceAgriMer revoit à la hausse ses prévisions de récoltes

Terre-net Média

Avec une récolte de blé évaluée à 125 millions de tonnes dans l’Union et le retour de la Russie ainsi que de l’Ukraine sur les marchés, ce n’est pas tant la quantité de grains produits, qui rendra notre pays concurrentiel, mais leur qualité. C’est à cette condition que la France parviendra à exporter son blé dans les prochains mois malgré un euro fort, alors même que les volumes disponibles seront plus faibles que l’an passé. Mais au 13 juillet, il est bien trop prématuré de faire des prévisions tant que le blé n’est pas dans les silos. En revanche, il est dores et déjà acquis que la production de blé et d’oléagineux sera moins rentable que l’an passé compte tenu des hausses des intrants.


Selon FranceAgriMer, c'est la qualité du blé récolté qui permettra à la France
d'être concurrentiel et de décrocher des contrats. (© Terre-net Média)

Parues optimistes en juin, elles s’avèrent en fait réalistes. A l’issue de son conseil spécialisé « Céréales », FranceAgriMer a revu ses estimations à la hausse.
L’organisme public prévoit, ce 13 juillet 2011, avec 32 millions de tonnes, une production de blé pour 2011 meilleure qu’annoncée un mois plus tôt à 31 millions de tonnes. Les pluies de juin contribuent au remplissage des grains dans les régions où le rendement n’était pas encore fait.

Le potentiel à l’exportation sera cependant réduit de quelques 5 millions de tonnes (FranceAgriMer n’a pas souhaité publier des précisions sur ce sujet) sauf si la France importe des céréales fourragères pour vendre davantage de blé panifiable dans l'hypothèse où la qualité est au rendez-vous.

Le prix élevé des céréales n’a pas incité
les agriculteurs à semer davantage de blé

Ceci dit, « la campagne 2011/2012 devrait connaître un rebond des livraisons intracomunautaires ». « A l’inverse, les exportations vers les pays tiers devraient chuter en 2012/2013 ». Outre les moindres disponibilités, il faut donner comme explication le retour des grands exportateurs de la mer Noire. « Il faut aussi observer que le problème de la sécheresse ne concerne ni le sud de l’Europe (Espagne), ni le sud–est (Roumanie, Bulgarie) de la Communauté, qui ont enregistré des précipitations abondantes », souligne par alleurs FranceAgriMer dans son dernier bilan. 

Mais avec une récolte de blé estimée à 125 millions de tonnes dans l’Union, et le retour de la Russie ainsi que l’Ukraine sur les marchés, ce n’est pas tant la quantité de grains disponibles, ni le niveau de collecte attendu très élevé, qui rendront notre pays concurrentiel et qui lui permettront de décrocher des contrats, mais la qualité du blé récolté. C’est à cette condition que la France parviendra à écouler son blé. Mais sur ce point, il est bien trop prématuré de faire des prévisions tant que le blé n’est pas dans les silos.

Ceci dit, la production européenne de blé appelle à deux commentaires. Elle sera inférieure de 2 millions de tonnes de celle de l’an passé. Et surtout, les 23 millions d’hectares emblavés comme l’an dernier, montrent que le prix élevé des céréales n’a pas incité les agriculteurs à semer davantage de blé l'automne dernier. Avec des marchés agricoles tendus, les cultures se sont concurrencées. Les cours du sucre et des biocarburants ont soutenu les productions de betteraves et d’oléagineux. 

Une moindre rentabilité des cultures

Très forte diminution de la production d’orge

Un cumul de malchances qui aboutit à une forte baisse de la production d’orge d’hiver et de printemps. Le prix élevé des céréales pourrait conduire les éleveurs à stocker les grains pour nourrir leurs animaux en complément de fourrages grossiers déficitaires.
A l’export, la France revoit en forte baisse ses prévision de vente aussi bien en Europe qu’à destination des pays tiers.

Autre particularité de cette nouvelle campagne, est la moindre rentabilité des cultures et la parité euro/dollar. A 190 euros la tonne, la rentabilité de la culture de blé est plus faible que l’an passé avec un prix de campagne moyen de 170 à 190 euros la tonne, selon les exploitants. La hausse des coûts de production est estimée sur un an à 30 euros environ pour avoisiner les 160 € voire 170 €. Les prix des intrants ont augmenté et les rendements en baisse pèsent sur les charges. Ceci dit, les aides Pac atténueront la baisse de rentabilité.

Par ailleurs, « rien ne permet d’affirmer que les exportations communautaires (et françaises) en 2011/2012 pourront, à l’instar de 2010/11, être largement déconnectées des évolutions des taux de change de l’euro », note FranceAgriMer. Le cours de la monnaie européenne pèsera en effet sur les prix des contrats négociés et accentuera à la baisse comme la hausse la moindre variation des cours. Dans ces conditions, seule la qualité des blé pourrait là encore affranchir les céréales françaises de cette question monétaire.

Enfin, un dernier facteur à prendre en compte pour la prochaine campagne est la production d’agrocarburants qui pourrait raréfier le maïs disponiblesur le marché mondial, le renchérir et inciter les fabricants d’aliments à consommer davantage de céréales à paille.

Le colza déçoit 

La production européenne de colza est estimée à 18,9 millions de tonnes soit 2,8 millions de tonnes en moins qu’en 2009. Dans ce contexte, la France a évité le pire. Les pluies de juin semblent avoir profité au remplissage des siliques. Toutefois la récolte est moins bonne qu’espérée même si elle est attendue en progression pour atteindre 5,1 millions de tonnes. FranceAgriMer ne se livre pas encore à des prévisions de rendements.

 

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