Prix des matières premières Une grève en Argentine fait monter le prix international du soja

Afp

Des syndicats devaient se prononcer mercredi près de Rosario, en Argentine, sur la levée ou la poursuite d'une grève qui paralyse depuis huit jours le principal port agro-industriel du pays et fait monter le prix du soja à Chicago.


La grêve du port de San Lorenzo a déjà
entrainé une perte supérieure à 8 millions
de dollars pour les exportateurs. (© Terre-net Média)

Cette grève, qui bloque au total 42 navires, s'est déjà traduite par une perte supérieure à 8 millions de dollars (5,8 millions d'euros) pour les exportateurs et un prix du soja au plus haut à Chicago depuis 2008. Selon une porte-parole de la Bourse du Commerce de Rosario, Patricia Bergero, « quelques employés ont déjà pu entrer dans le port après avoir reçu une note les y autorisant », mais aucune reprise du travail n'a pu être confirmée de source syndicale. Suivie par des camionneurs, dockers, maçons et vigiles du port, ce mouvement menace les exportations agricoles de l'Argentine, gros producteur de céréales et de soja.

Leur plus haut niveau depuis juillet 2008

Les prix du soja ont atteint mardi leur plus haut niveau depuis juillet 2008 à Chicago. Le boisseau (environ 25 kg) de graines de soja pour livraison en mars a bondi de 25 cents à 14,38 dollars. Il a touché en séance 14,4050 dollars. « Cette hausse est logique, puisque l'un des principaux fournisseurs s'est retiré du marché », a expliqué Mme Bergero. Conscient de l'impact du mouvement, le gouvernement a décidé mardi de mettre en place une négociation « obligatoire » entre les parties, sommant les syndicats « de mettre un terme aux mesures adoptées » et les employeurs de « s'abstenir de toute mesure pouvant mettre en danger la paix sociale ».

La présidente Cristina Kirchner a elle-même annoncé l'intervention de son gouvernement « pour trouver une solution au conflit ». Mais Walter Cabrera, responsable de la Cgt, a prévenu mercredi en milieu de journée que son syndicat, puissant allié du gouvernement, n'avait reçu aucune communication officielle sur la « négociation obligatoire » décidée par l'exécutif. Cette décision prévoyait que les syndicats devaient cesser leur mouvement dans la journée, au plus tard à 12H00 (15H00 Gmt). « Dès que nous l'aurons reçue, nous la soumettrons à la base qui décidera si elle l'accepte ou pas », a dit M. Cabrera, estimant « selon toute attente » que la réponse serait positive.

Un chiffre d'affaires de 20 milliards de dollars

Ce mouvement visant à obtenir des augmentations salariales a succédé à un autre qui a arrêté pendant sept jours la commercialisation des céréales et de soja dans le pays sud-américain. Les travailleurs bloquaient notamment les entrées des ports privés de l'américain Cargill, principal exportateur d'Argentine, et de la multinationale d'origine argentine Bunge. Les syndicats faisaient valoir que ces sociétés avaient ensemble un chiffre d'affaires de 20 milliards de dollars (14,5 mds d'euros) par an, alors que l'augmentation salariale demandée ne leur coûterait que 1,5 million à 2 millions de dollars (1 à 1,5 million d'euros).

Le port de San Lorenzo prend en charge l'exportation de 39 % des céréales et des oléagineux, de 73 % des sous-produits de ces deux matières premières, et de 68 % des huiles issues de celles-ci. L'Argentine est le premier exportateur mondial de farine et d'huile de soja, le troisième pour les graines de cet oléagineux, le deuxième pour le maïs et le cinquième pour le blé.


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