Exportations de céréales « Insuffisantes » pour rattraper les niveaux de 2015-2016

Florian Cazeres Terre-net Média

Les exportations françaises de blé tendre, maïs et orge sont globalement reparties à la hausse pour la campagne 2017-2018. Mais leur niveau reste globalement peu satisfaisant. En cause, notamment : une concurrence toujours plus accrue de certains pays, montant en puissance, et au premier rang desquels la Russie.

Bateau de céréalesLes exportations céréalières de la campagne 2017-2018 ont globalement augmenté. (©Terre-net Média) Du mieux, mais peut mieux faire. Telle est la conclusion du rapport publié par FranceAgriMer le 11 juillet, à l'occasion de son conseil spécialisé céréales pour la fin de campagne 2017-2018. Si les exportations céréalières ont globalement augmenté cette année par rapport à la campagne précédente, ce n'est pas assez pour retrouver les niveaux de 2015-2016.

Les exportations d'orge vers les pays tiers ont ainsi augmenté de 12 % par rapport à l'année dernière. Elles atteignent près de 2,6 millions de tonnes. Cette hausse ne parvient cependant pas à rattraper les niveaux de 2015-2016, à 4 643 840 tonnes. En cause : la Chine, notamment, qui a diminué de 83 % ses achats d'orge français en deux ans. Le principal importateur d'orge français est désormais l'Arabie Saoudite, avec 841 005 tonnes, en baisse cependant de 3 % par rapport à 2016-2017. Malgré cette diminution, toutes les autres destinations augmentent : la Chine (+ 26 %), la Tunisie (+ 23 %), le Maroc (+ 75 %), et l'Algérie (+ 64 %). Vers l'Union Européenne, elles restent stable à 3,4 millions de tonnes.

Les exportations de blé tendre vers les pays tiers ont quant à elles augmenté de 63 % par rapport à la campagne précédente. Elles atteignent 8,2 millions de tonnes, soit 200 000 tonnes de moins que les prévisions de juin 2018. Des bons résultats, grâce, notamment, aux importations vers l'Algérie (+ 92 % en une année). Mais, encore une fois, ce niveau est loin d'atteindre celui de 2015-2016 (- 36 %).

Quelques exceptions

Vers l'Union Européenne, les exportations de blé tendre atteignent 9,3 millions de tonnes, soit 3 millions de plus que pour la campagne 2016-2017. Elles font figure d'exception et dépassent le niveau des deux campagnes précédentes (7,8 millions en 2015-2016 et 8 millions en 2014-2015).

Les exportations de blé dur sont également une exception et atteignent leur plus haut niveau depuis quatre ans vers l'Union Européenne (1,3 millions). Vers les pays tiers, elles stagnent, à 300 000 tonnes. Les exportations de maïs ont elles aussi augmenté, autant vers l'Union Européenne (+ 900 000 tonnes) que vers les pays tiers (+ 100 000 tonnes).

Ces résultats en demi-teintes peuvent partiellement s'expliquer par une concurrence internationale toujours plus accrue, notamment via la montée en puissance de la Russie, premier exportateur mondial, qui a exporté 52,2 millions de tonnes, toutes céréales confondues, un record. Mais il ne faut pas s'avouer vaincu, prévient Rémi Haquin, président du conseil spécialisé pour la filière céréalière de FranceAgriMer. « Notre chance, c'est que la demande des pays importateurs continue de croître, et les échanges progressent toujours. Il peut y avoir de la place pour tout le monde », commente-t-il.


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