Chicago hebdo L'Ukraine et la météo dopent les prix du blé et du maïs

Afp

Les prix du blé et du maïs ont progressé cette semaine à Chicago, dopés par l'escalade des tensions en Ukraine et des conditions météorologiques défavorables aux Etats-Unis. Le soja a reculé, malgré un léger rebond vendredi.

BléLa récolte de blé d'hiver pourrait voir ses rendements encore reculer en cas d'une persistance de conditions trop sèches dans le centre-sud des Etats-Unis. (©Terre-net Média)

« Deux mots résument la semaine pour le maïs et le blé : l'Ukraine et la pluie », a commenté Bill Nelson, de Doane Advisory Services.

Les espoirs nés jeudi dernier de la signature d'un accord à Genève entre l'Ukraine, la Russie et les Occidentaux ont été rapidement douchés. Kiev a lancé jeudi un assaut meurtrier contre des insurgés pro-russes dans l'est du pays, suivi dans la foulée par de nouvelles manœuvres de l'armée russe à la frontière avec l'Ukraine. Face à une telle évolution de la situation sur le terrain, les Occidentaux ont menacé vendredi d'adopter de nouvelles sanctions contre Moscou, accusée par l'Ukraine de vouloir lancer « une troisième guerre mondiale ».

Dans ce contexte, les prix du maïs et surtout du blé, dont l'Ukraine et la Russie sont des exportateurs de premier plan à l'échelle mondiale, ont nettement gagné du terrain. « Ils ont bénéficié d'une prime de risque », a noté Don Roose, de US Commodities. En effet, « face à cette nouvelle escalade des tensions, les grands acheteurs de blé, dont l'Egypte, préfèrent se tourner vers des fournisseurs plus sûrs, quitte à payer davantage, pour acquérir une denrée essentielle », a expliqué Bill Nelson. Cela profite, selon lui, notamment au blé « en provenance de France ou des Etats-Unis ».

Crainte d'un retard des semis de maïs

D'autre part, le manque de pluies aux Etats-Unis pour le blé à l'ouest du pays, et la prévision de trop fortes précipitations pour le maïs, plus à l'est, ont accentué la tendance haussière portant les cours de ces deux céréales.

De qualité très faible, selon les derniers relevés hebdomadaires, la récolte de blé d'hiver pourrait voir ses rendements encore reculer en cas d'une persistance de conditions trop sèches dans le centre-sud du pays (Kansas, Oklahoma, Texas). Selon les dernières prévisions, les pluies devraient surtout être concentrées au cours du week-end vers l'est du pays, « or, le blé a terriblement besoin d'humidité », a remarqué Bill Nelson. A l'inverse, de trop fortes précipitations prévues dès ce week-end jusqu'au début de la semaine prochaine faisaient craindre un nouveau retard des semis de maïs. « Les pluies vont se déverser en pleine période critique d'ensemencement du maïs, lorsque les agriculteurs s'apprêtent à planter de manière intensive », a fait valoir Don Roose. Les précipitations devraient concerner notamment l'Iowa, l'Illinois, le Minnesota, jusqu'au Missouri, « des Grands lacs au Mississippi », où se concentre l'essentiel de la production de maïs du pays, a précisé Bill Nelson.

« Un peu d'humidité est bonne pour que les semis germent correctement, mais trop de boue ou de pluies gênent l'avancée » des tracteurs, a-t-il expliqué. Même si la rapidité de l'ensemencement l'an dernier, lorsque la moitié des semis ont été plantés en une semaine après un début également tardif, apaisait quelque peu les craintes, « trop de retard sur le maïs pourrait inciter les producteurs à envisager de planter un autre produit agricole », a-t-il continué.

Un sursaut de la demande chinoise pour le soja ?

Quant au soja, après une semaine marquée par un recul des prix, les cours regagnaient un peu de terrain vendredi. Des informations circulant sur le marché d'annulations de commandes chinoises de soja brésilien, détournées vers les Etats-Unis où les réserves s'épuisent, avaient pesé sur les prix. Mais « des commentaires dans la matinée de Soren Schroder, le patron du quatrième négociant de produits agricoles au monde Bunge qui a laissé entrevoir un sursaut de la demande chinoise dans les deux prochains mois, ont redonné de l'ardeur aux prix » de l'oléagineux, a relevé Bill Nelson.

Le boisseau de maïs (environ 25 kg) pour livraison en juillet, désormais le plus vendu, a fini vendredi à 5,1275 dollars contre 5,0050 dollars jeudi dernier (+ 2,45 %). Les marchés financiers étaient restés fermés vendredi dernier en raison d'un jour férié. Le boisseau de blé pour la même échéance a clôturé à 7,0825 dollars contre 6,9900 dollars jeudi dernier (+ 1,32 %). Le boisseau de soja également pour livraison en mai a terminé vendredi à 14,9425 dollars contre 15,0225 dollars la semaine dernière (- 0,53 %). 

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