Rapport FAO-OCDE La pandémie, source d'incertitudes pour les marchés agricoles

AFP

La pandémie de Covid-19 est la « source d'incertitudes la plus importante » sur l'évolution à venir des systèmes agricoles et alimentaires, selon une étude publiée dans un rapport conjoint de l'agence des Nations Unies pour l'Alimentation (FAO) et de l'OCDE diffusé jeudi.

Les effets de la pandémie, qui doit entraîner « une contraction à la fois de l'offre et de la demande de produits agricoles », affecteront « tous les éléments du système alimentaire, de la production à la transformation en passant par le commerce et les systèmes logistiques nationaux et internationaux, à la demande intermédiaire et finale », selon cette étude publié dans un rapport sur les perspectives agricoles. Les impacts de la pandémie seront cependant ressentis différemment selon le type d'industrie et le stade de développement d'une pays.

« Par exemple, alors que les agriculteurs exportateurs d'Amérique du Nord peuvent bénéficier de taux d'intérêt plus bas mais souffrir d'une appréciation de leur devise, des producteurs en Amérique du Sud peuvent subir des effets opposés » de la pandémie, souligne cette étude. Concernant les moyens de production, « le manque d'intrants affecte un nombre croissant d'agriculteurs dans le monde » : « les faibles approvisionnements en pesticides, par exemple, affectent déjà la protection des cultures dans les pays touchés à un stade précoce et risquent de réduire les rendements plus tard dans l'année », selon l'étude.

« Le manque de pesticides entrave ainsi les efforts visant à contenir les épidémies de ravageurs, y compris l'épidémie actuelle de criquets pèlerins en Afrique de l'Est », détaille cette étude, qui ajoute par ailleurs que la disponibilité de main-d'œuvre « est devenue un problème quasi mondial », pénalisant particulièrement les pays en voie de développement.

D'autres éléments macroéconomiques sont susceptibles d'affecter l'agriculture : « la chute abrupte des prix du pétrole et des métaux, par exemple, a exercé une pression à la baisse sur les taux de change de nombreux pays exportateurs » de produits alimentaires de base, rappelle l'étude. Cette pression « affecte tous les marchandises, y compris la nourriture. Elle rend les approvisionnements alimentaires plus concurrentiels au niveau international, du moins à court terme, faisant monter l'inquiétude dans certains pays concernant des pénuries potentielles » pour leur marché intérieur.

Si de nombreuses inconnues subsistent quant à l'ampleur du choc économique à venir et ses effets sur l'alimentation des pays les plus pauvres, les auteurs de l'étude tablent sur une « détérioration de l'équilibre des régimes alimentaires, plutôt qu'une augmentation des déficits caloriques », compte tenu de « la plus grande vulnérabilité aux effets de la pandémie » des aliments à forte intensité de main-d'œuvre tels que les légumes et les produits laitiers.


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