Campagne céréalière 2017-2018 Les débouchés européens compensent la faiblesse des exportations vers pays tiers

Terre-net Média

Face à l’ogre russe sur le marché mondial du blé, la France a encore une fois revu à la baisse ses prévisions d’exportations de blé vers pays tiers pour la campagne 2017-2018. Mais les blés trouvent davantage preneurs chez les fabricants d’aliment, et surtout chez nos voisins européens. Les ventes de blé français n’auront jamais été aussi élevées vers l’Union européenne depuis la campagne 2005-2006.

Les exportations de blé tendre vers les pays de l'Union européenne n'ont jamais été aussi élevées depuis la campagne 2005-2006.Les exportations de blé tendre vers les pays de l'Union européenne n'ont jamais été aussi élevées depuis la campagne 2005-2006. (©Terre-net Média)

Lors de son conseil spécialisé céréales d’avril 2018, Franceagrimer a une nouvelle fois revu à la baisse ses prévisions d’exportations de blé vers pays tiers. Une révision qui scelle encore davantage, à deux mois de la fin de la campagne de commercialisation 2017-2018, un bilan à l’export mitigé.

« Les prévisions d’exportations vers les pays tiers sont revues à la baisse à 8,3 Mt (- 200 000 t par rapport aux dernières prévisions), la Russie disposant encore, à ce stade de la campagne, d’un disponible exportable non négligeable à la différence de l’Ukraine », détaille Franceagrimer. « Au 10 avril 2018, la France avait exporté 6 Mt de blé, dont 3,1 Mt vers l’Algérie, 0,8 Mt vers le Maroc et 0,4 Mt vers l’Arabie saoudite. »

Cette nouvelle estimation des exportations de blé tendre vers pays tiers est bien différente de celles que Franceagrimer avait faites au démarrage de la campagne de commercialisation 2017-2018. En septembre dernier, l’établissement prévoyait des exports hors d’Europe à hauteur de 10,2 Mt ! Au fil de la campagne, le chiffre aura été finalement revu à la baisse de 20 %.

À défaut de reconquérir des marchés maghrébins et africains perdus en 2016-2017 à la suite de la mauvaise moisson 2016, les opérateurs français ont trouvé ou développé d’autres débouchés plus proches sans être obligés de charger des bateaux à Rouen ou la Rochelle. En septembre dernier, Franceagrimer envisageait de manière optimiste des exports 2017-2018 vers nos voisins européens à hauteur de 7,85 Mt, soit 25 % de plus qu’en 2016-2017. Mais l’optimiste s’est concrétisé en réussite : en mars 2018, l’établissement envisageait 8,53 Mt d’export vers l’UE, une prévision revue nettement à la hausse en avril, à 8,94 Mt ! « Un score non égalé depuis 2005-2006 !  »

Incertitudes liées aux grèves SNCF impactant le fret ferroviaire

« S’il se réalise », précise toutefois Franceagrimer. Car les grèves SNCF et les perturbations du fret ferroviaire pourraient engendrer des difficultés d’acheminement vers les clients européens. Tout comme vers les fabricants d’aliments, un débouché du blé tendre également très dynamique « en raison du regain de compétitivité du blé face au maïs et à l’orge en alimentation animale ».

« Sur le marché français, les prévisions d’utilisations de blé par les fabricants d’aliments du bétail au titre de la campagne commerciale 2017/18 sont révisées à la hausse à 5,6 millions de tonnes (Mt) soit 150 000 tonnes de plus que le mois dernier. »

Bilan – toujours prévisionnel : le stock de blé tendre de fin de campagne devrait s’alléger, à moins de 2,7 Mt, contre 3,2 Mt l’an passé.

À l’inverse, les prévisions d’utilisation de maïs par les fabricants d’aliments du bétail français sont révisées à la baisse de 150 000 tonnes à 2,45 Mt, au profit du blé, doté d’un taux de protéine attractif. Les prévisions d’utilisation d’orge par les fabricants d’aliments du bétail sont également revues en légère baisse par rapport au mois dernier (- 50 000 tonnes) mais les prévisions de ventes d’orges vers l’Union européenne sont portées à près de 3,3 Mt (+ 110 000 tonnes).


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