Estimations de productions céréalières 2011 Les pluies de juin limitent les baisses de rendements selon Oda

Terre-net Média

La catastrophe a été évitée. Grâce au retour de la pluie, le remplissage des grains des céréales d’hiver et du colza est tout à fait correct, même si de fortes disparités demeurent entre les régions. Offre et Demande Agricole (Oda), spécialiste du conseil en gestion du risque des prix, prévoit une production de blé de 32 Mta avec une baisse de rendement de 12 % par rapport à 2010. A l’échelle nationale, les rendements moyens en orge et en colza seraient respectivement de 57 et 31 quintaux par hectare, toujours selon Oda.

Des rendements en colza estimés selon Oda à 31 quintaux au niveau national.
Des rendements en colza estimés selon Oda à 31 quintaux au niveau national.
(© Terre-net Média)

Avec 80 % et 20 % des surfaces en orge d’hiver et en colza moissonnés ce 5 juillet, les prévisions de récolte pour 2011 s’affinent de jour en jour. Et il en ressort que la catastrophe a été évitée, selon Offre et Demande Agricole.

Une baisse de rendement par rapport à 2010 plus proche des 10 % que de 15 %

Les pluies de juin ont été bénéfiques au remplissage des grains. Pour 2011/2012, la société de conseil établit ses prévisions de marché sur une production de blé de 32 millions de tonnes (Mt), soit un million de tonnes de plus que les estimations de FranceAgriMer du 8 juin dernier, établies juste après deux mois chauds et sans précipitation.

Oda prévoit ainsi une baisse de rendement par rapport à 2010 plus proche des 10 % que de 15 %. Dans cette hypothèse, la France aurait alors la capacité d’exporter jusqu’à 7 millions de tonnes. Même si les récoltes de blé ont seulement débuté, il est d’ores et déjà acquis que les baisses de production seront plus fortes dans les zones intermédiaires (- 23 % dans le Berry et en Bourgogne) que dans le grand bassin parisien, aux terres plus profondes en général. Certes la qualité des grains est à priori bonne, mais tant que la production n’est pas dans les silos, la moindre précipitation suffira pour déclasser les grains récoltés (indice d’Hagberg).

Une production de blé de 13,8 Mt contre 14,4 millions l’an passé

Au Royaume Uni et en Allemagne, les récoltes s’annoncent aussi meilleures en ce début de mois de juillet. Outre Manche, les précipitations du mois dernier laissent espérer une production de blé de 13,8 Mt contre 14,4 millions l’an passé. A l’échelle européenne, le disponible à l’export vers les pays tiers serait compris entre 4 et 5 millions de tonnes. L’enjeu est là encore la qualité. Des grains panifiables trouveront facilement preneur sur les marchés. Les blés russes et américains seraient d’ores et déjà victimes des pluies abondantes. Ils seraient alors plutôt destinés à l’alimentation animale.

Un surcoût d’au moins 20 euros par tonne

Les pertes de rendements s’ajoutant cette année à une hausse des intrants, le seuil se rentabilité serait au moins supérieur de 20 euros par tonne de céréales à celui de l’an passé.
Les bons prix en début de campagne offraient des opportunités pour 2011. Sinon, avec les récentes baisses de prix, il est plus que temps de se positionner et de se couvrir. La volatilité des marchés restera importante. Ils sont à la merci de la moindre anomalie climatique en Russie ou en Amérique du Nord où rien n’est joué.

Avec des moissons largement entamées, Offre et Demande Agricole est en mesure d’annoncer un rendement moyen de colza et d’orge d’hiver respectivement de 31 et de 57 quintaux par hectare. Ses prévisions sont établies à partir des informations de terrain délivrées par un réseau d’agriculteurs-correspondants répartis sur tout le territoire national.

Pour le pois et l’orge de printemps, les pluies de juin sont arrivées trop tard

Il semble ainsi que le bon remplissage des graines et des grains réduisent les rendements de 5 % pour le colza par rapport à l‘année passée et de 12 % pour l’orge. Mais là encore, les agriculteurs déplorent de fortes hétérogénéités. En orge, la moyenne masque des chutes de production par hectare proches de 40 % dans le Calvados ou dans l’Aisne.

Pour le pois et l’orge de printemps, les pluies de juin sont arrivées trop tard. Les rendements sont en net recul (- 30 % pour le pois) et la forte teneur en protéines des grains d’orge pourrait rendre la céréale inutilisable par l’industrie brassicole.

Les semaines à venir seront déterminantes pour les cultures d’été et le maïs en particulier. Il n’est pas encore possible de se livrer à de quelconques prévisions fiables avant le début du mois prochain, tant que la pollinisation n’est pas achevée. Ceci dit, malgré des levées parfois hétérogènes, Oda est à ce jour confiante. Selon ses 600 agriculteurs correspondants, l’état des cultures, irriguées ou non, est bon ou excellent dans 78 % des cas.

Le sucre sous tension

FranceAgriMer a dressé le 23 juin dernier, le panorama des évolutions récentes du marché du sucre aux niveaux mondial, européen et français.
« À nouveau se profile le risque d’un déficit d’approvisionnement du marché européen pour 2011/2012, avec un renforcement des tendances à la hausse des prix. »
« Compte-tenu de cette perspective et si elle était confirmée, il conviendrait d’anticiper d’ici octobre
2011 des mesures de requalification pour la campagne 2012/2013 de façon à augmenter en conséquence les surfaces betteravières pour les semis 2012. »
« Les prix du sucre du quota ont connu leur plus forte hausse (+12 €/t) en mars 2011, pour atteindre
517 €/t. Les stocks du sucre du quota dans l’Union européenne sont en effet à leur plus bas niveau depuis 2006 : au 1er mars 2011, ils étaient inférieurs de 0,9 million de tonnes (Mt) à ceux de l’année dernière (7,9 Mt contre 8,8 Mt). Ce déficit de sucre alimentaire a justifié le recours à des mesures exceptionnelles, dont la requalification de 0,5 Mt. »

 

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