Conjoncture Les prix alimentaires au plus bas depuis 2009, selon la FAO

AFP

Paris, 4 fév 2016 (AFP) - La chute des prix alimentaires s'est confirmée en janvier, pour atteindre moins 16 % sur la seule année 2015 et leur plus bas niveau depuis 2009. Le phénomène El Niño pourrait ajouter de nouvelles perturbations dans les prochains mois, selon la FAO.

Comme chaque mois, l'organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO, basée à Rome) a publié jeudi son indice mensuel basé sur un panier de denrées de base, en baisse en janvier de 1,9 % par rapport au mois précédent (décembre 2015).

Pour la FAO, « les principaux facteurs à l'origine de cette baisse persistante des prix sont les conditions de l'offre de produits agricoles généralement abondantes, un ralentissement de l'économie mondiale et le raffermissement du dollar » par rapport à l'euro.

Ainsi, pour trois types de produits, la baisse atteint sur le mois de janvier : - 4,1 % pour le sucre (sa première baisse en quatre mois, due à l'amélioration des conditions de culture au Brésil, de loin le premier producteur et exportateur) ; - 3 % pour les produits laitiers en raison de fortes disponibilités en UE en en Nouvelle-Zélande et d'une « demande léthargique » des importations mondiales ; et - 1,7 % pour les céréales « face à une offre mondiale abondante et à la compétition accrue pour les marchés à l'exportation », en particulier pour le blé et le maïs.

Simultanément, la FAO redoute un effet El Niño sur les récoltes de céréalières 2016, en particulier dans l'hémisphère sud, comme en Afrique australe : elle juge « probable » une réduction de la production de blé de 25 % en Afrique du Sud. Phénomène climatique qui intervient en moyenne tous les sept ans, le retour de l'enfant terrible se traduit par des déséquilibres de précipitations - sécheresses ou inondations selon les régions. Il serait plutôt favorable aux cultures de Russie et de l'UE mais les semis sont déjà réduits aux États-Unis et en Inde.

Pour le riz, aliment de base pour plus de la moitié de la population mondiale, les perspectives sont carrément « sombres » le long et au sud de l'équateur à cause du manque de précipitations ou au contraire de pluies excessives.

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