Chicago Maïs, blé et soja lestés par les doutes sur les négociations commerciales

AFP

Les cours du maïs, du blé et du soja ont reculé jeudi à Chicago face à un regain d'interrogations sur les négociations commerciales en cours entre Washington et Pékin.

« Les derniers commentaires de Donald Trump sur le sujet remettent en question la possibilité de parvenir à un accord global et solide rapidement », a estimé Michael Zuzolo de Global Commodity Analytics. Alors que des négociateurs américains et chinois sont réunis depuis mercredi à Washington, le président américain a assuré dans un tweet qu'ils travaillaient « dur » et dans un esprit de conciliation. Toutefois, a-t-il ajouté, aucun accord final ne sera conclu avant une rencontre « dans un avenir proche » avec le président chinois Xi Jinping pour trouver un consensus « sur certains des points les plus difficiles ». « Cela retarde d'autant la conclusion d'un accord et nous rapproche rapidement du 1er mars», date à laquelle les tarifs douaniers sur 200 milliards de dollars d'importations chinoises doivent passer de 10 à 25 %, a rappelé Michael Zuzolo.

Pendant ce temps, les importations en Chine de divers produits agricoles américains, soja en tête, restent soumises à une taxe très élevée imposée par Pékin depuis l'été dernier dans le cadre de la guerre commerciale. Les cours du maïs étaient aussi affectés jeudi, selon Michael Zuzolo, par la publication d'une lettre de l'Association des carburants renouvelables mettant en avant les difficultés d'usines de production d'éthanol. Les grandes raffineries américaines doivent en effet intégrer normalement dans leur essence un certain niveau d'éthanol fabriqué à partir de produits agricoles, principalement du maïs. Mais, en raison d'exemptions accordées avec largesse à certaines raffineries par l'Agence de protection de l'environnement (EPA), « nombre de sites produisant de l'éthanol ont dû réduire leur activité, fermer, ou annoncer des licenciements », déplore l'association dans ce document. Cela a par ricochet « affecté la demande et les prix pour les agriculteurs », est-il ajouté.

Le ministère américain de l'Agriculture a par ailleurs repris la diffusion des statistiques sur les ventes à l'exportation, suspendue pendant les 35 jours qu'a duré la fermeture partielle des administrations américaines. Mais, le temps de rattraper le retard, n'étaient publiées jeudi que les données relatives à la semaine se terminant le 20 décembre. « Cela ne nous apporte aucune information permettant de nous projeter », a souligné Michael Zuzolo. Il mise plutôt sur la diffusion, normalement le 8 février, du prochain rapport mensuel sur l'offre et la demande de produits agricoles dans le monde (Wasde). « On devrait y avoir les chiffres définitifs pour 2018 ainsi que de nouvelles estimations sur les récoltes en cours en Amérique du Sud », a remarqué le spécialiste. « Cela nous sera très utile car on a du mal à déterminer les conséquences des conditions météorologiques actuelles sur la production ».

Le boisseau de maïs (environ 25 kg) pour livraison en mars, contrat le plus échangé, a terminé jeudi à 3,7650 dollars contre 3,8125 dollars mercredi à la clôture. Le boisseau de blé pour mars, également le plus actif, a fini à 5,1650 dollars contre 5,1675 dollars la veille. Le boisseau de soja pour mars, le contrat le plus échangé, a terminé à 9,1525 dollars contre 9,2100 dollars à la précédente clôture.

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