Chicago Maïs, blé et soja reculent, entre commerce et compétition internationale

AFP

Les cours du maïs, du blé et du soja ont chuté mercredi, entre le manque de nouveaux éléments sur la guerre commerciale, l'absence de ventes américaines probantes, et la perspective d'une production de blé abondante en Russie.

« Le marché attend que des nouvelles sur les exportations américaines pointent à l'horizon », a affirmé mercredi John Georgy de la maison de courtage Allendale. « On a entendu beaucoup d'engagements oraux de la Chine ainsi que d'autres partenaires, mais rien ne s'est vraiment matérialisé jusqu'à présent », a précisé le spécialiste.

C'est particulièrement le cas sur le soja. La dernière annonce d'une vente américaine supérieure à 100 000 tonnes à la Chine, son plus gros client en 2017, remonte à un mois désormais, lorsque Pékin avait commandé 586 000 tonnes le 6 février. De quoi décevoir les investisseurs qui avaient beaucoup misé sur un tweet du secrétaire américain à l'agriculture fin-février, affirmant que Pékin s'était engagée à acheter 10 millions de tonnes supplémentaires d'oléagineux.

Les courtiers attendaient par ailleurs de plus en plus impatiemment une issue à la guerre commerciale entre les deux plus grandes économies du monde. « Il va être difficile d'obtenir tout ce que l'administration américaine réclame. Mais si les États-Unis obtiennent même 80 % de leurs revendications et surtout qu'ils voient la Chine acheter l'équivalent de 30 milliards de dollars supplémentaires de produits agricoles, alors ce sera très positif pour les cours », a affirmé Dan Cekander de DC Analysis en référence à des informations de presse récentes évoquant ce nombre.

Biocarburant

Concernant les ventes américaines à l'étranger, les courtiers auront accès jeudi au rapport hebdomadaire sur les ventes américaines à l'étranger du ministère américain de l'agriculture (USDA), avant la publication vendredi d'un rapport très détaillé sur l'offre et la demande de produits agricoles dans le monde, le rapport Wasde.

Outre les incertitudes sur le front commercial, le maïs a également été lesté d'après Dan Cekander par un rapport américain montrant une nette progression sur les stocks d'ethanol. Des stocks plus élevés de ce biocarburant, fabriqué en grande partie à partir de la céréale, suggèrent des besoins moins grands en maïs pour continuer à en fabriquer.

Le blé a pour sa part repris sa glissade après six séances consécutives de chute, interrompues mardi par un rebond, dans un contexte international compétitif. Le ministre russe de l'agriculture a affirmé que la récolte dans le pays pourrait être de 80 millions de tonnes cette année si les conditions météos s'avèrent bonnes. Les estimations font pour le moment état d'une fourchette entre 75 et 78 millions de tonnes, ont signalé les analystes d'Allendale.*

De plus, l'Ukraine a démarré sa phase d'ensemencement un mois plus tôt qu'à la normale, en raison d'une météo particulièrement douce, ont observé les analystes de CHS Hedging. Les investisseurs attendaient par ailleurs le résultat d'un appel d'offres en provenance d'Irak, le blé américain faisant partie des prétendants.

Le boisseau de blé pour livraison en mai, le plus échangé actuellement, a terminé mercredi à 4,5000 dollars, contre 4,6275 dollars à la précédente clôture. Le boisseau de maïs pour livraison en mai, contrat le plus échangé, a terminé mercredi à 3,7250 dollars, contre 3,7575 dollars mardi soir. Le boisseau de soja pour mai, le contrat le plus échangé, a terminé mercredi à 9,0200 dollars, contre 9,1375 dollars à la précédente clôture.

Pour surveiller les évolutions des cours des matières premières agricoles, connectez-vous sur Les marchés agricoles de Terre-net.fr


© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

Tags

A lire également

Chargement des commentaires


Contenu pour vous