Matières premières Records en cascade pour les métaux et les denrées agricoles

AFP

Le cours du cuivre a battu cette semaine un record vieux de dix ans, porté par la forte demande chinoise et la mauvaise forme du dollar, de même que l'étain poussé par des achats spéculatifs.

Le cours du métal rouge, baromètre de l'économie mondiale, a brièvement dépassé jeudi le seuil des 10 000 dollars la tonne sur le London Metal Exchange (LME), à quelques encablures de son record historique atteint le 15 février 2011, à 10 190 dollars. Les analystes pointaient la faiblesse du billet vert, ce mois-ci, propre à encourager les achats de métaux libellés en devise américaine pour les investisseurs munis d'autres devises.

Les craintes pesant sur l'offre portaient également sur le prix du cuivre, des mouvements de protestation au Chili - premier producteur mondial - ayant perturbé l'activité des ports de San Antonio et d'Iquique, près desquels se trouvent les grandes mines.

L'étain n'était pas en reste, l'analyste de Commerzbank Daniel Briesemann attribuant « la flambée des prix de ce mois-ci à des achats spéculatifs sur un petit marché ».

Sur le LME, la tonne de cuivre pour livraison dans trois mois s'échangeait à 9.868,50 dollars vendredi à 14h30 GMT (16h30 à Paris), contre 9 551,50 dollars le vendredi précédent à la clôture. L'étain valait 28 945 dollars la tonne, après avoir touché vendredi 29 225 dollars, un prix plus vu depuis mai 2011.

Le palladium parade

Du côté des métaux précieux, le même entrain a porté le palladium, dont l'utilisation principale est l'industrie automobile, vers un nouveau plus haut historique, à 3 010,63 dollars l'once vendredi. « Des risques sur la demande pèsent, mais le palladium profite surtout de l'enthousiasme du reste du marché » des métaux industriels, a commenté Carsten Fritsch, analyste chez Commerzbank.

L'once de palladium s'échangeait pour 2 992,26 dollars vers 14h30 GMT, contre 2.859,97 dollars la semaine précédente.

L'or, en revanche, est resté stable sur la semaine et est remonté en avril, après avoir souffert au premier trimestre de son statut de valeur refuge alors que les investisseurs engloutissent les actifs à risque. Selon le Conseil mondial de l'or, les investisseurs professionnels en ETF (produits financiers cotés indexés sur le métal jaune) ont liquidé l'équivalent de 177,9 tonnes d'or au premier trimestre.

« Il y a des forces contradictoires qui jouent sur l'or », entre crainte d'une reprise de l'inflation qui devrait lui profiter et appétit pour le risque des marchés, a commenté Lukman Otunuga, analyste chez FXTM, qui prévient que « les prochaines semaines pourraient être volatiles ». L'once d'or coûtait dans le même temps 1 769,55 dollars, contre 1 777,20 dollars à la fin de la semaine précédente.

Café et sucre new-yorkais au sommet 

Les cours du sucre et du café ont flambé cette semaine, les contrats les plus échangés à New York retrouvant même des prix plus vus depuis le premier trimestre 2017. Outre l'effet d'aubaine provoqué par la faiblesse du dollar, les observateurs de marché avançaient les conditions climatiques très sèches au Brésil, premier exportateur mondial de sucre et premier producteur mondial de café.

« La saison ne fait que commencer, mais les conditions sèches persistantes - le mois d'avril a également été exceptionnellement sec - rendent les perspectives de plus en plus sombres » pour l'offre de sucre, a expliqué Michaela Helbing-Kuhl, de Commerzbank.

« C'est également le cas dans l'Union européenne, où l'épisode de gel a particulièrement touché la France », a-t-elle ajouté.

Et pour le café « les conditions de production ailleurs en Amérique latine sont mitigées », a indiqué Jack Scoville, de Price Group.

Le café parvenait à maintenir son avance en fin de semaine tandis que le sucre voyait ses gains fondre.

Sur le Liffe de Londres, la tonne de robusta pour livraison en juillet valait 1.466 dollars vendredi à 14h25 GMT (16H25 à Paris), contre 1 416 dollars le vendredi précédent à la clôture. Sur l'ICE Futures US de New York, la livre d'arabica pour livraison au même mois valait 143,30 cents, contre 138,50 cents sept jours auparavant, après avoir culminé mercredi à 147,65 cents. À Londres, la tonne de sucre blanc pour livraison en août valait 445,30 dollars vers 14h25 GMT (16h25 à Paris), contre 461,20 dollars le vendredi précédent à la clôture. À New York, la livre de sucre brut pour livraison en juillet valait 16,72 cents, contre 16,88 cents sept jours auparavant, après avoir atteint mardi 17,79 cents.


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