Production de céréales Un plan de stockage de 15 millions de tonnes s’impose

Terre-net Média

Si la France a l’ambition d’être un acteur majeur pour réguler les marchés céréaliers, il est urgent qu’elle se dote de capacités de stockage d’au moins 68 millions de tonnes (Mt) voire 70 Mt. Or avec ses 55 Mt, notre pays n’a ni les moyens de stocker les 750.000 tonnes de grains supplémentaires produites par an, ni la possibilité de se constituer les stocks de céréales et d’oléoprotéagineux destinés à être exportés vers des pays tiers pour saisir les opportunités qui se présentent.

La première phase du plan
La première phase du plan « silos » pourrait porter sur
5 millions de tonnes. (© Terre-net Média)

Le développement de la production de céréales, encouragée par le ministre de l’Agriculture au sommet du végétal en janvier dernier à Marseille, et l’ouverture de la France vers les pays tiers pour exporter ses grains dans un marché très volatil, conduisent les représentants professionnels des filières céréales et oléoprotéagineux à réfléchir à un plan de développement des capacités de stockage.

Etre un acteur majeur en Europe et dans le monde pour réguler les marchés

Il leur paraît judicieux de pouvoir disposer de nouveaux silos pour se constituer des stocks de réserves et pour pallier les approvisionnements insuffisants des marchés dans certaines régions du monde au moment opportun. C’est à cette condition que notre pays sera en mesure d’être un acteur majeur en Europe et dans le monde pour réguler les marchés à partir de stocks physiques. Il est en effet de plus en plus courant d’admettre que des stocks « tampons » contribueraient à limiter les phénomènes spéculatifs.

Et si notre pays souhaite conclure les nouveaux contrats à l’intervention de l’Union, il devra se doter de silos supplémentaires d’une capacité de stockage « tampon » de 3 à 5 millions de tonnes.

Estimées à 55 Mt, la France ne dispose pas de capacités de stockage suffisantes pour une production atteignant plus de 63 millions de tonnes en 2010. Et ce, sans prendre en compte les augmentations annuelles de 750.000 tonnes de la production de céréales, ni les nouvelles réductions de capacités de stockage prévues en raison de la vétusté des silos. Or Coop de France estime celles-ci à 3,5 % dans les cinq prochaines années, soit 1,1 Mt sur les 30 Mt actuelles des coopératives ayant répondu à une enquête (soit plus de 2 millions de tonnes pour l'ensemble du parc de silos). 

1 milliard d'euros au minimum

Ainsi, selon que l’on se situe dans une perspective de court ou de moyen terme, la profession est déterminée à défendre un projet de construction de nouveaux silos. Il porterait dans un premier temps sur 5 millions de tonnes pour des besoins évalués jusqu'à 15 millions de tonnes. Or dans l'état actuel des choses, les projets en cours ou à l’étude des coopératives n’accroîtraient les capacités de stockage que de 4,6 Mt !

Aussi, après Orama en janvier dernier, Coop de France souhaite la levée des freins administratifs et financiers nécessitant une mobilisation des pouvoirs publics. Il aurait aussi été judicieux, selon les céréaliers (Agpm, Agpb et Fop) qu’une partie les fonds du grand emprunt Sarkozy eut été employée à relancer les investissements dans les silos! Pour rappel, le montant total des investissements pour construire les cellules nécessaires pour stocker 5 millions de tonnes est estimé à un milliard d’euros au minimum.

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