Production mondiale d’orge Une céréale secondaire aux premières loges pour accompagner l’essor de l’élevage

Terre-net Média

Cette année, 50 millions d’hectares ont été ensemencés en orge d’hiver et de printemps dans le monde. D’ici 2019, la croissance de la production sera juste suffisante pour couvrir la demande mondiale estimée à 149 millions de tonnes, tirée par le développement de l’élevage et dans une moindre mesure, par la production de bière.

Champ d'orgeA l’horizon de 2019/2020, la production mondiale d’orge atteindrait 149 Mt contre 138 Mt cinq ans auparavant. (©Terre-net Média)

En orge, la production 2015 de l’Union européenne devrait légèrement reculer, à 59,5 Mt selon les estimations de la Commission européenne reprises par FranceAgriMer dans sa dernière note de conjoncture. « Même si les surfaces sont attendues en hausse, notamment en Allemagne (+ 73.000 ha) mais surtout en Pologne (+ 227.000 ha)».

Au niveau mondial, la tendance est aussi à la baisse après une année 2014 record marquée par une offre supérieure de 10 millions de tonnes (Mt) et excédentaire de 4 Mt par rapport aux précédentes campagnes. Les perspectives de production pour les cinq prochaines années sont même très serrées.

Une hausse de l’offre en accord avec la demande

A l’horizon de 2019/2020, la production mondiale d’orge atteindrait 149 Mt contre 138 Mt cinq ans auparavant. L’augmentation de 2 Mt par an serait juste suffisante pour couvrir la demande mondiale, selon le Conseil international des céréales (Cic). La hausse attendue de 8 % de la production mondiale d’orge sera liée à celle de la surface cultivée. Elle atteindra 54 millions d’hectares en 2019 contre 50 millions cette année.

La culture de l’orge présente de nombreux intérêts agronomiques et économiques. La plante est entre autre fortement appréciée comme alternative à la culture de blé dans les assolements. C’est une plante à croissance rapide avec un cycle végétatif tout à fait adaptée en Turquie ou en Amérique du sud, pour être conduite en première ou en seconde culture, avant ou après celle du maïs.

Dans l'UE, la diversification des cultures imposée par la réforme de la Pac poussera les agriculteurs à associer davantage d’orge dans leur assolement.

Aucune réelle augmentation des rendements n’est attendue au cours des cinq prochaines années. Actuellement de 2,7 tonnes par hectare, ils ne progresseraient que de 0,8 % par an.

Les quantités d’orge produites en plus d’ici 2015/2019 dans le monde serviront d’abord à couvrir la demande en grains dans les pays où l’activité de l’élevage se développe et dans un second temps à approvisionner les marchés à l’export. Ce sera le cas de figure observé en Russie où les quantités d’orge produites en plus d’ici 2019/2020 seront réservées au marché intérieur.

Peu d’impact sur les échanges commerciaux

En conséquence, le commerce total de l'orge (à l'exception du malt) ne devrait augmenter en moyenne que de 1,5 % par an d’ici 2015/2019 pour atteindre 23 millions de tonnes. L’origine des grains exportables (Argentine, Australie, Canada, EU, Kazakhstan, Russie Ukraine, Etats-Unis) devrait rester inchangée.

Le marché mondial sera d’abord tiré par l’expansion des activités d’élevage dans les pays émergents mais son développement sera assez réduit puisque les quantités d’orge produites en plus serviront d’abord à alimenter les marchés intérieurs.

L’Amérique du sud et le Proche Orient resteront des importateurs majeurs d’orge. La croissance des revenus des consommateurs stimulera la demande en produits carnés et par conséquent la production mais celle-ci sera insuffisante pour disposer des quantités nécessaires pour nourrir les élevages.

« Garçon ! Une bière, s’il vous plait ! »

Au Proche-Orient, c’est davantage la pression démographique qui sera le moteur de la production et de la consommation de viandes blanches mais aussi de l’élevage d’ovins, de caprins et de camélidés. Et en renonçant définitivement à produire des céréales irriguées, l’Arabie saoudite devrait rester le plus important client du monde en achetant 41 % de l’orge en vente sur les marchés (9,6 Mt en 2019/2020).

La consommation de bière sera aussi le moteur de l’utilisation à usage industriel d’orge (+ 3 Mt en cinq ans) d’ici 2019/2020 en Chine, en Asie Pacifique et en Amérique du Sud.

Résultat, le dynamisme de la demande d’orge ne permettra pas d’envisager une reconstitution des stocks mondiaux chaque année au-delà de leur niveau actuel. Ils ne représenteront 16 % de la consommation mondiale contre 19 % durant les années 2010/2015. Et les deux tiers de ces stocks seront détenus par les six principaux pays exportateurs (Argentine, Australie, Canada, EU, Kazakhstan, Russie, Ukraine, US).

Pour la production de bière, les flux commerciaux en hausse seront caractérisés par des réexportations sous forme de malt d’orge importée de pays qui disposent d’outils industriels appropriés pour en produire et en exporter vers d'autres pays. C’est le cas observé en Chine qui achète de l’orge pour la revendre sous forme de malt.

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