Interview de Gérard Napias, président des Edt « La professionnalisation devrait profiter aux entrepreneurs »

Propos recueillis par Elodie Mas Terre-net média

Le salon des Eta se tient jusqu’à ce soir à Laval. Un peu plus de 150 exposants ont planté leur stand et près de 7.000 entrepreneurs ont poussé la porte du parc des expositions sur ces deux jours. Nous en avons profité pour interviewer Gérard Napias, le président de la Fédération nationale des entrepreneurs des territoires.


Gérard Napias préside le mouvement des entrepreneurs de
services agricoles, forestiers et ruraux. (© Terre-net Média)
Terre-net Média : Que représente ce salon ?

Gérard Napias : C’est la troisième édition et nous sommes partenaires de Profield Events, la société organisatrice, depuis le début. C’est intéressant car c’est vraiment un rendez-vous professionnel, sans curieux. Les entrepreneurs viennent avec leurs chauffeurs et leurs mécaniciens pour échanger avec les constructeurs et participer aux conférences. Et nous, ça nous permet de discuter avec les entrepreneurs. Nous avons d’ailleurs profité du salon pour faire notre assemblée générale des présidents qui a rassemblé une centaine de personnes.

TNM : Tout le monde parle de la crise. Comment les entrepreneurs l’appréhendent-elle ?

G.N. : L’activité s’est maintenue mais comme les agriculteurs ont des problèmes de trésorerie, ils se répercutent sur les entrepreneurs qui ont du mal à être payés de leurs factures… Ils sont, du coup, parfois aussi fragilisés financièrement. Le problème des Eta c’est qu’elles sont tributaires de leur clientèle. Ceux qui souffrent le plus sont toutefois les entrepreneurs de travaux forestiers. La tempête Klaus, qui a abattu des millions de mètres cubes de bois en Aquitaine le 24 janvier, a aggravé la situation et la construction n’est, en plus, toujours pas repartie…

TNM : Vous travaillez actuellement sur la réforme de l’agrément phytosanitaire…

G. N. : Oui, car les opérateurs devront d’ici 2014 détenir un « certiphyto ». Et nous participons à l’élaboration de ce nouveau certificat qui sera expérimenté dès le début de l’année prochaine et qui concernera aussi bien les prestataires et les distributeurs que les conseillers. Impulsée par la Directive pesticides et le Grenelle, cette réforme de l’agrément entraînera une reconnaissance des compétences et une professionnalisation qui devrait profiter aux entrepreneurs : plutôt que de former leurs salariés et de mettre en conformité leur matériel, certains agriculteurs opteront sans doute pour un prestataire.


Après deux éditions au Mans, le Salon des Eta a migré à Laval
pour offrir plus de place et de confort. (© Terre-net Média)

TNM : Et aussi sur la modification de la taxe professionnelle…

G. N. : Nous nous étions en effet rapprochés du Ministère afin de transmettre nos doléances car les entrepreneurs payent une taxe professionnelle très importante. Elle était plafonnée, mais plus élevée que pour d’autres secteurs d'activité. C’est pourquoi nous souhaitions que la nouvelle « taxe territoriale » soit une charge moins importante. Le vote se tiendra le 14 décembre, et, a priori, on devrait s’en sortir un peu mieux puisqu’elle se basera surtout sur la valeur ajoutée et sur le foncier. On évaluera concrètement ça à partir du 1er janvier prochain…

TNM : Quels sont les défis de votre filière ?

G. N. : Privilégier le qualitatif. Nous sommes aujourd’hui très bousculés par le lobbying environnemental. La taxe carbone sera une charge supplémentaire. A nous d’essayer de limiter nos consommations de carburants et nos émissions en utilisant mieux nos matériels (conduite, réglages, gestion du parc…). Nous avons par exemple décidé de faire un bilan carbone dans six entreprises qui ont six activités différentes afin d’avoir des bases concrètes de travail. Depuis 2006, nous avions déjà mis en place des stages de « conduite économique » qui ont permis dans certains cas de réduire jusqu’à 30 % la consommation de carburant. Nous allons continuer de nous battre là-dessus et d’être force de proposition.

TNM : Comment l’avenir s’annonce-t-il ?

G. N. : J’ai l’habitude d’être optimiste et ambitieux ! Nous essayerons de tirer encore nos entreprises vers le haut en travaillant pour aller vers plus d’autonomie, plus de sécurité et plus de prévoyance.


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