50 ans de Matrot Mathias Cescousse : « Notre métier est passionnant »

Propos recueillis par Elodie Mas Terre-net média

Matrot fête cette année ses cinquante ans. Pour célébrer l’événement, le spécialiste des arracheuses de betteraves et des automoteurs de pulvérisation a reçu jeudi plus de 400 clients, concessionnaires et salariés retraités dans son usine à Noyers-Saint-Martin (Oise). L’occasion d’évoquer l’historique de la société, ses évolutions mais aussi ses perspectives avec Mathias Cescousse, son directeur général.


Mathias Cescousse dirige Matrot qui
compte actuellement 180 salariés. (© Terre-net Média)
Terre-net Média (TNM) : Après 20 ans dans l’industrie, vous avez pris la direction générale de Matrot il y a un an. Qu’est-ce qui vous passionne ?
Mathias Cescousse (MT) :
Jusque-là, j’avais fait tout mon parcours dans les secteurs de l’automobile et de l’aéronautique. Quand j’ai eu l’opportunité de prendre la direction de Matrot, ça m’a tout de suite intéressé car on fabrique des matériels ultra sophistiqués qui répondent à des besoins précis. En plus, nos clients, qui sont pour la plupart des entrepreneurs ou de gros exploitants agricoles, ont de plus en plus des comportements industriels avec des exigences croissantes en matière de services et de performances. Ça rend notre métier passionnant.

TNM : Comment est né Matrot ?
MT :
La société a été créée par deux frères, Jean-Paul et Louis Matrot, en 1959. Ils ont mécanisé la récolte de betteraves en fabriquant la première machine trois rangs, en séparant les fonctions de décolletage, arrachage puis chargement.

TNM : L’activité s’est ensuite diversifiée…
MT :
Oui, ils ont d’abord fait quelques essais de diversification autour des betteraves, notamment avec des semoirs, qui n’ont pas perduré. Puis, comme ils étaient très innovants, ils se sont lancés dans les automoteurs de pulvérisation dès 1985. C’était ingénieux puisque, la pulvérisation et la récolte étant saisonnières, les deux productions étaient à contre-cycle industriel donc ça permettait à l’usine d’avoir une activité constante toute l’année. C’était, en plus, cohérent d’un point de vue fabrication puisque les deux gammes sont constituées d’un châssis, d’un moteur et d’une cabine.

TNM : Pourquoi l’entreprise a-t-elle connu des difficultés au début des années 2000 ?
MT :
Dès la fin des années 80 les frères Matrot ont été de grands exportateurs. Ils vendaient beaucoup de machines en Pologne, en Russie ou encore en Ukraine. Notre marque est d’ailleurs très connue là-bas, surtout dans le secteur betteravier. Mais des problèmes d’impayés ont dangereusement fragilisé l’entreprise. Ils ont donc été obligés de trouver un partenaire industriel pour la pérenniser. Et en 2001, soutenue par Patrick Ballu, Matrot a intégré Exel industries. La chance, c’est que ce groupe préserve les spécificités et l’esprit de chacune de ses entreprises. Nous sommes donc une Pme indépendante avec nos bureaux d’études et nos services commerciaux.


Depuis les toutes premières machines,
la technologie évolue sans cesse. (D.R.)

« Un ralentissement mais des perspectives  »

TNM : Quelles sont actuellement les principaux atouts de Matrot ?
MT :
D’abord notre personnel qui a le savoir-faire créatif, industriel, technique et commercial. C’est en effet un des rares métiers où nous transformons tout, des taules d’acier jusqu’aux automoteurs. Grâce à notre histoire et longévité, nous avons aussi la chance d’avoir une notoriété et un parc déjà bien installé dans nos deux gammes, betteraves et pulvérisation.

TNM : Quelles sont vos perspectives ?
MT :
Nous avons actuellement deux axes de croissance majeurs : la fidélisation de nos clients et le renouvellement des machines en France, et l’exportation vers les pays de l’ancien bloc soviétique qui ont des besoins énormes, ainsi que le Maghreb.

TNM : Etes-vous touchés par la crise ?
MT :
Nous la ressentons forcément car nos clients sont inquiets et les pays de l’Est n’ont pas mis de financement cette année, donc ça retarde les décisions et les prises de commandes. Mais, pour l’instant, ce ralentissement du marché n’a pas eu de conséquences sociales ni économiques cruciales car l’activité s’équilibre avec l’excellente année 2008. Et nous ne sommes pas inquiets car il y a des besoins. L’agriculture a encore une grosse marge de progrès et de développement. « L’inquiétude » c’est plus qu’il va falloir faire face à la demande et être très créatif quand ça va repartir. Une croissance continue serait plus simple à gérer plutôt que des soubresauts, avec des hausses de 30 % puis un ralentissement, mais il y a de réelles perspectives.


Le nouvel automoteur Hellios était présenté
lors de la journée portes ouvertes, jeudi. (© Terre-net Média)

Pour voir les images de la journée festive des 50 ans, cliquez ICI.

 


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