Travail du sol Michelin, Grégoire-Besson et Massey Ferguson : un trio de choc !

Terre-net Média

Pour la deuxième fois, Michelin, Grégoire-Besson et Massey Ferguson s’unissent pour battre des records. En associant leurs technologies et leurs savoir-faire, les trois industriels français espèrent augmenter l’adhérence et la traction, mais aussi réduire la compaction des sols et la consommation de carburant. Pari réussi. Au dernier Sima, les trois confrères ont affiché les résultats du tiercé gagnant : + 26 % d’empreinte au sol, + 28 % de force de traction et + 11 % de productivité.

Michelin, Massey Ferguson et Grégoire Besson présente Au Sima 2017, Michelin, Massey Ferguson et Grégoire-Besson ont présenté "#Jetractejegagne". (©Michelin)

Au Sima 2017, Grégoire-Besson, Michelin et Massey Ferguson ont reconduit le partenariat initié en 2002 et lancé "#jetractejegagne". À l’époque, il s’agissait d’établir un nouveau record du monde de labour en raie. 13 ans plus tard, les trois firmes réunissent à nouveau leur ingénierie de pointe. L’objectif : améliorer les performances des engins agricoles au champ.

Le principe est simple : trouver comment limiter la compaction des sols et accroître la traction au labour. Pour cela, Massey Ferguson équipe un tracteur de 300 ch de la série 8700 de pneumatiques Michelin AxioBib 2 VF 650/85R42, à la place des 710/85R42. Les adeptes du labour en raie apprécieront cette dimension, qui n’abîme pas la muraille (le pneu, moins large, n’éboule pas de terre au fond de la raie de labour formée au passage précédent. L’enfouissement des résidus est homogène).

Ces pneus bénéficient de la technologie Ultraflex, développée spécialement pour labourer avec des engins de forte puissance. Ainsi, la pression au sol est identique à celle d’un homme de 85 kg. Au travail, les roues arrière, de 2,15 m de diamètre, sont gonflées à seulement 0,8 bar. La seconde version de l’AxioBib, plus flexible que la précédente, accepte plus de puissance et des charges plus lourdes. En outre, l’équipementier annonce un pouvoir de traction supérieur de 19 %, grâce à une empreinte au sol plus longue. Jusqu’à trois paires de crampons sont en contact avec le terrain, soit une de plus par rapport aux pneus 710/85R42. D’où 1 m de bande de roulement et de barrette supplémentaire, qui font progresser l’adhérence de 26 %.

Un cercle vertueux

En termes de capacité de traction également, on observe une augmentation de 28 %. Le taux de patinage des roues baisse de 30 %, passant de 12,5 à 8 %. Résultat : le tracteur consomme moins de carburant et surtout, l’agriculteur gagne du temps !

Massey Ferguson a taillé dans la masse et allégé ses machines, ce qui diminue encore leur consommation. Le 8730 n’excède pas 10,8 t à vide et, au labour, il suffit de le lester pour une meilleure adhérence. Pour les travaux de transport, l’agriculteur retire les poids et augmente la charge utile de l’ensemble tracteur-outil. Côté charrue justement, Grégoire-Besson a opté pour le modèle SPSLB9. Un outil semi-porté de 11 corps, couramment employé pour labourer hors de la raie. Selon Nicolas Millet, responsable marketing de la marque, « cette technique concerne 90 % des charrues sortant de l’usine. En conditions humides, les agriculteurs travaillent généralement dans le sillon. Une bonne alternative pour compenser la perte d’adhérence liée au terrain plus glissant. Notre expertise pour la fabrication de charrues est bien établie. Mais un expert, qui reste isolé, ne peut pas profiter de tous les avantages de ses innovations ».

1 000 l de gasoil en moins qui partent en fumée

Lorsque l’outil travaille, il est indispensable que le 3e point de l’attelage soit nul. « La force de traction doit transiter par la barre de tire sans délester l’arrière du tracteur, sinon ses performances sont limitées par la charrue. C’est justement le rôle du vérin hydraulique que nous avons positionné entre la poutre et l’attelage. Il optimise le point de traction en reportant, si nécessaire, du poids sur le tracteur. Or, une motricité optimale, c’est moins de patinage. Et moins de patinage, c’est un débit de chantier plus rapide. Un cercle vertueux qui montre qu’en partageant leur expertise, les constructeurs s’affranchissent de certaines interférences qui parasitent les machines », conclut-il.

+ 4 % de rendement dès la première année

Dans une équation, chaque élément est important et apporte un bénéfice. Et leur association décuple encore les bienfaits pour l’utilisateur. Par exemple, 30 % de patinage en moins procure 11 % de débit de chantier en plus. Selon les constructeurs, l’opérateur économise jusqu’à 4 h par tranche de 100 ha. Et qui dit gain de temps, dit gain d’argent ! Autre intérêt : l’amélioration de la productivité des cultures. Le rendement grimpe de 4 % dès l’année suivante, conséquence visible d’un sol moins compacté.

Quant à la consommation de carburant, elle recule de 10 % selon les mesures effectuées. Sur une exploitation de 500 ha, ce sont 1 000 l de gasoil en moins qui partent en fumée ! Selon une rumeur, les trois protagonistes tenteront de battre le record du monde de labour en 24 h qu’ils avaient réalisé le 27 mars 2002. Le bolide de cet exploit : un Massey Ferguson 8280 Xtra, gonflé à 390 ch grâce à l’intervention du motoriste finlandais Sisu. Côté pneumatiques, des Mach XBib pour forte puissance fournis par Michelin. 24 h plus tard, 251 ha avaient été retournés. Cette performance sera-t-elle dépassée ? Verdict l’été prochain…

 


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