Agroéquipement « Retour à la normale après une année exceptionnelle »

Elodie Mas Terre-net média

L’Axema tenait hier sa conférence de printemps où elle a présenté le bilan 2008 et les perspectives de la filière agroéquipement. Après une année exceptionnelle, les professionnels prévoient une baisse qui sera, en fait, un retour au niveau de 2007. Rien d’alarmant donc comparé aux prévisions initiales. Sélection de chiffres et tendances.


L'Axema est l'union du Secima,
du Sncva et du Sygma. (© Terre-net Média)
Avec 4,85 milliards d’euros en 2008, le marché français des agroéquipements a enregistré une hausse exceptionnelle de 21,6 % par rapport à 2007 (3,99 milliards €). « Cette vive progression cache cependant des disparités selon les catégories d’équipements ou les types d’exploitations, notamment dans le domaine de l’élevage, a tempéré Jean-Pierre Bernheim, le président de l’Axema lors de la conférence de printemps organisée hier, à Paris. Les marchés de la première partie de 2008 ont été dynamisés par la forte hausse des revenus agricoles affichés en 2007 (surtout par les exploitations de grandes cultures) et par les cours de céréales qui sont restés élevés jusqu’au printemps 2008. Mais la seconde partie de l’année a été marquée par un ralentissement des marchés suite à l’augmentation des coûts de production des agriculteurs, à la baisse relative des cours de céréales et aux inquiétudes générées par la crise économique. »

Les exportations ont augmenté de 14,6 %...

La production de l’industrie française a progressé de 22 % puisqu’elle est passée de 3,46 à 4,22 milliards d’euros entre 2007 et 2008. Les machines et autres équipements représentent 66 % de la production totale, et les tracteurs 34 %. Les premiers affichent une hausse de 23,7 % et les seconds de 18,6 %. Et les exportations (2,7 milliards €) ont augmenté de 14,6 %. « Ininterrompues depuis quinze ans, elles ont plus que triplé et elles représentent aujourd’hui 64 % de la production totale française. Une performance nettement supérieure à celle de l’industrie française dont la moyenne est de 40 % », a précisé l’Axema.

Les tracteurs (36 %), les matériels de récolte et fenaison (15 %) et les pièces (14 %) composent le trio de tête des exportations. Et l’Allemagne (24 % avec 645 millions €) est de loin le meilleur client de la France devant le Royaume-Uni (10 % avec 256 millions €) et les Etats-Unis (7 % avec 193 millions €). « Pour la première fois, la Russie, qui arrive en 7e position, frôle les 100 millions € », a fait remarquer Jean-Pierre Bernheim.

… et les importations de 15,6 %

Composées pour 30 % de tracteurs et 70 % de machines et équipements, les importations ont, quant à elles, atteint 3,33 milliards € en 2008, soit une augmentation de 15,6 % par rapport à 2007. « Les importations de tracteurs ont augmenté de 14 % et les machines et équipement de 16 %. Les plus fortes hausses sont enregistrées par les matériels de travail du sol (+ 39 %), de semis et plantation (+ 28 %) et de récolte (+ 19 %). Et les principaux fournisseurs du marché français sont l’Allemagne (34 % avec 1,139 milliards €), l’Italie (16 % avec 549 millions €) et les Etats-Unis (8 % avec 268 millions €). »

A noter que cinq familles de matériels représentent 85 % des importations : les tracteurs (30 %), les tondeuses à gazon (15 %), les pièces et accessoires (17 %), la récolte et fenaison (14 %), le travail du sol et semis (9 %).


La filière des agroéquipements regroupe
l'Axema et le Sedima. (© Terre-net Média)

Tracteurs : 133 cv de puissance moyenne

Avec 43 661 immatriculations, le marché des tracteurs agricoles neufs a connu une hausse de 16,1 %. Les tracteurs standards représentent 72 % de ce marché, les tracteurs pour vignes et vergers (étroits ou enjambeurs) 7 %, et les autres (télescopiques, tracteurs espaces verts et certaines tondeuses autoportées) 21 %. « La demande a consolidé son orientation vers des modèles plus productifs et de plus grande technicité permettant de réduire les coûts tout en préservant l’environnement », a précisé le président de l’Axema.
La conjoncture très favorable, notamment en grandes cultures, a entraîné une forte progression des tracteurs standards (+ 16,5 % avec 31 557 unités), mais aussi une forte hausse de la puissance moyenne qui atteint désormais 133 cv, contre 107 cv en 1999. C’est le segment des tracteurs de plus de 150 chevaux qui a le plus augmenté (+ 69%) alors que celui des 60 à 100 cv baisse de 6 %.

Quelques chiffres par secteurs

Grandes cultures :
C’est le seul secteur agricole qui affiche une hausse de tous les matériels en 2008 avec en tête les moissonneuses-batteuses (+ 30 %), les matériels de sol, semis et fertilisation (+ 15 à 20 %), les presses à balles carrées (+ 11 %) et les remorques monocoques (+ 10 %).
Viti-vinicole :
Les machines à vendanger (+ 10 %) et les tracteurs étroits (+ 8 %) ont progressé alors que les équipements de caves ont été stables et que les tracteurs enjambeurs (- 9 %) perdent du terrain.
Elevage :
Les ensileuses (+ 24 %), les presses à balles rondes (+ 19 %), les robots de traite et les laiteries caracolent en tête devant les tracteurs télescopiques (+ 9 %) alors que le marché des épandeurs organiques (- 10 à 15 %) et des faucheuses conditionneuses (-5 %) régresse.

Bilan 2008 et perspectives 2009 de la filière Agroéquipement

(Cliquez sur la vidéo pour la regarder )

Perspectives meilleures que prévu

La baisse des cours des produits agricoles et des revenus, les difficultés affectant l’élevage, l’augmentation des coûts de production, la réorientation des aides de la Pac, la crise économique et financière mondiale devraient prolonger le ralentissement observé depuis fin 2008 mais la crise n’a pas autant touché le secteur que les professionnels le craignaient... « L’activité des constructeurs reste encore assez soutenue en ce début d’année en raison du volume significatif de livraisons à effectuer suite aux commandes passées en 2008, mais aussi du besoin de renouvellement, de modernisation ou d’agrandissement de certaines exploitations. Le marché devrait donc connaître un retour à un niveau qualifié de " normal", c'est-à-dire proche de celui de l’année 2007 (4 milliards €). »

Pas d’alarmisme donc. « D’autant que les distributeurs ont profité de la croissance du marché pour structurer leurs entreprises, a ajouté Alain Dousset, le nouveau président du Sédima. Le taux de capitaux propre de 14 % leur donne une marge d’autonomie et de sécurité. Après l’euphorie, ils sont confrontés à des difficultés mais ils sont armés pour faire face. »

Bémol sur les stocks

Seule l’importance des stocks de matériel d’occasion pourrait, selon Alain Dousset, devenir préoccupante : « C’est la conséquence logique des retards de livraison du matériel neuf, mais ils risquent de faire chuter les prix et les marges. D’autant que leur remise en état sera, du coup, plus longue que prévu. Les distributeurs auront donc besoin de trésorerie supplémentaire. On espère que les banques répondront présentes. »

 


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