Réglementation Quads : les questions à se poser

E.M. Terre-net média

Analyses de sol, épandage d’anti-limace, arpentage des parcelles, surveillance des troupeaux… Les cultivateurs et éleveurs utilisent de plus en plus les quads pour des travaux spécifiques. Rappel des règles de base pour le faire en toute légalité et sécurité.

Quels sont les différents types de quads utilisés ?


Une de ses utilisations en élevage. (© Bard-Sarran)
Les agriculteurs utilisent surtout les quads routiers et ceux qualifiés de « Maga », machine agricole automotrice. « Les premiers ont l’avantage de rouler plus vite mais ils ont une capacité de traction limitée puisque la puissance maximale est de 15 kW (soit 20,4 ch), alors que les Maga sont limités à 25 ou 40 km/h mais ils ne sont pas bridés, détaille Jean-Luc Peres, ingénieur du Bcma. Tout dépend donc des besoins. Les premiers conviennent par exemple bien à l’arpentage et au traitement anti-limace, mais si on veut tracter une remorque ou épandre des engrais, mieux vaut opter pour un Maga. »

Non homologués, les petits quads sportifs ont quant à eux une utilisation plus limitée. Ils peuvent par exemple servir à la surveillance de bétail sur des grandes étendues, mais ils n’ont pas le droit de circuler sur la route ni sur les chemins.

Faut-il déclarer les quads ? Si oui, comment ?

Les quads routiers ont toujours été vendus avec carte grise donc immatriculés. La législation a, en revanche, évolué pour les Maga et pour les quads non homologués. « Comme les tracteurs, les magas neufs ou revendus sont désormais soumis à l’immatriculation à vie, précise Jean-Luc Péres. Quant aux quads non homologués, il est désormais obligatoire de les déclarer auprès de la Dicem depuis le 2 juin 2009. »

Pour les deux premières catégories, il faut donc toujours exiger le « barré rouge », c'est-à-dire le certificat de conformité aux normes délivré par la Drire, qui permet ensuite d’obtenir l’immatriculation.

Quel est leur Ptac ?

Il faut bien vérifier le Poids total autorisé en charge (Ptac) sur les papiers de son quad car il y a parfois des disparités selon les constructeurs. « Pour les quads routiers, la charge maximum utile est de 1.000 kg, et pour les Maga, elle ne doit pas dépasser 80 % du poids à vide du quad », indique l’ingénieur du Bcma.

Et leur Ptra ?

Pour les quads routiers, le Poids total roulant autorisé (Ptra) est de maximum 50 % du poids à vide du quad. Pour les Maga, il est de 1,3 fois le poids de la machine. « C'est-à-dire que si le premier pèse 500 kg, on ne peut pas tracter une remorque de plus de 250 kg, alors qu’avec le second, pour le même poids, on peut monter jusqu’à 650 kg », illustre Jean-Luc Péres.

Quelles sont les règles de sécurité ?


Les quads servent de plus en plus à la pulvérisation et
aux prélèvements pour les analayses de sols. (© Brard-Sarran)
La Mutuelle sociale agricole recense une soixantaine d’accidents du travail liés à l’utilisation du quad chaque année. « Piloter un quad est difficile. L’engin est peu stable et réagit brutalement, prévient la Msa Mayenne-Orne-Sarthe qui avait réalisé une étude sur la question. Les accidents sont souvent consécutifs à des retournements lors de montées, descentes, démarrages en côtes, franchissement d’obstacles ou virages. Et plus particulièrement lors de l’ajout d’outils de travail (cuves de traitement, distributeur de produits). »

La Msa souligne donc l’importance d’adapter son choix de machine à ses besoins. « Pour des tours de plaine ou pour surveiller les troupeaux, un engin de base suffit. En revanche, pour réaliser des déplacements fréquents à plusieurs ou avec une charge utile importante (ballots de fourrages, piquets de clôture), mieux vaut se tourner vers des quads plus performants et confortables, de type Maga, voire idéalement vers des quads à plate-forme, couramment appelés "mules". »

Et pour se protéger, le Bcma conseille de systématiquement se munir d’un casque, de gants et d’une combinaison adéquate.

Y’a-t-il besoin d’un permis ?

Il faut le permis B, sauf quand le conducteur est rattaché à une exploitation. Et l’âge minimum pour piloter ces engins est de 16 ans.

Le Bureau de coordination du machinisme agricole publiera bientôt une fiche sur le sujet.

 


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