[Interview] Horsch Robert Dorsemagen : « Un pulvérisateur ultra précis avec moins d’automatismes »

Terre-net Média

En complément de sa gamme Leeb GS de 6 à 8 000 l, Horsch propose sur le marché français sa série Leeb LT de 4 et 5 000 l et de 16 à 42 m d’envergure. Robert Dorsemagen, directeur commercial et agriculteur en Haute-Marne, a répondu aux questions de la rédaction sur la tendance actuelle à la simplification des matériels agricoles.

Robert DorsemagenRobert Dorsemagen, directeur commercial et agriculteur. (©Horsch)

Terre-net (TN) : Pourquoi lancer en cette fin d’année des produits plus simples que précédemment ? Est-ce une démarche structurelle ou conjoncturelle ?

Robert Dorsemagen (RD) : Le Leeb LT peut être décliné en trois niveaux d’équipements. Le premier correspond à un pulvérisateur efficace et simple. Notre gamme GS, au contraire, est dotée d’automatismes très complets, disponibles également sur les LT si le client le souhaite.

TN : Cette démarche est-elle spécifique au marché français ?

RD : Non, le Leeb LT est destiné aux principaux marchés de la société Horsch.

TN: A quelles exploitations sont destinées ces machines ?

RD : Aux exploitations céréalières et de polyculture. Nous nous adressons aux structures de moyenne et grande tailles. Il est effectivement possible de traiter de manière conventionnelle à 10 km/h ou plus rapidement. Nous avons des clients qui pulvérisent en bas volume à des vitesses dépassant les 20 km/h. Ces pulvérisateurs permettent une grande flexibilité et un débit de chantier important. De plus, avec une configuration en Boom Control Pro et des buses à 25 cm d’intervalle, il est possible d’élargir les fenêtres d’application tout en gardant une pulvérisation de qualité, car moins sensible à la dérive.

TN : Selon vous, allons-nous vers une agriculture à deux  vitesses ?

RD : Je ne sais pas si l’on peut parler de deux vitesses. Il est possible d’avoir des charges de mécanisation et de main-d’œuvre compétitives en jouant sur le débit de chantier (dilution des charges sur une grande surface via des regroupements d’exploitations, des Cuma, des agrandissements), la précision et la modulation de doses avec du matériel adapté, ou les investissements avec des outils plus économiques équipés au strict minimum. Le niveau de valeur ajoutée des cultures et la surface sont des leviers importants de rentabilité. En l’absence de l’un ou l’autre, certains équipements deviennent inadaptés bien qu’ils soient nécessaires pour augmenter la productivité.

TN : Quels sont les avantages de ce type de matériels pour les acheteurs ?

RD : Les pulvérisateurs Leeb LT, avec un équipement de base, sont à la fois simples et performants, grâce à une technologie de pilotage de rampe très efficace. Même avec un peu moins d’automatismes (vannes motorisées, essieu directeur, amortisseurs pneumatiques), vous obtenez une pulvérisation ultra précise.

TN : Quel sera l’impact sur la productivité des exploitations agricoles ?

RD : Il importe de valoriser au mieux les produits de protection des cultures autant pour des raisons économiques qu’environnementales.

TN : Selon vous, sommes-nous allés trop loin dans les technologies embarquées ? Pourquoi ?

RD : Nous ne sommes pas allés trop loin. De nombreuses technologies sont utiles aux agriculteurs. Certes, l’électronique dans le secteur agricole doit devenir plus intuitive et simple à utiliser à l’instar de ce que l’on peut observer dans le grand public. Par exemple en proposant des tablettes avec des applications pratiques à télécharger pour le pilotage des machines. A ce titre, la communication entre tracteur et outil doit être améliorée. Il est en effet aberrant de voir encore aujourd’hui des cabines de tracteurs avec deux ou trois terminaux et des câbles un peu partout.


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