Conditions climatiques Chronique des étés pourris

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Après un printemps record de chaleur, de sécheresse et de fort ensoleillement, c'est la panique aux vues des dernières prévisions quasi-automnales... L'épisode humide et frais actuel est pourtant très loin d'être une première...


Selon les météorologues, la période fraîche tranche avec le premier semestre exceptionnellement chaud cette année,
mais elle ne présente pas de caractère exceptionnel,
(© Terre-net Média)

Les périodes de « temps pourri » en été sont assez communes sous notre climat tempéré qui est, par définition, inconstant, alternant le frais et la chaleur de façon plus ou moins équitable. Même la fameux été 2003, été de la canicule, n'a pas échappé à une semaine fraîche et humide au début du mois de juillet. En 1976, c'est la dernière décade de juillet qui fut mi-figue mi-raisin, avec des pluies orageuses et des températures inférieures aux normales saisonnières.

Après un mois de juin légèrement plus chaud que la normale cette année, juillet semble aller plutôt vers du frais. Si la première quinzaine est restée « dans la norme », la seconde s'annonce plus fraîche, notamment entre le 16 et le 25 où la fraîcheur s'annonce souvent marquée dans un contexte très humide. Au final, et contrairement à ce qui était prévu dans les tendances saisonnières, juillet 2011 devrait être un peu plus frais qu'habituellement.

Mais comparé à certains mois de juillet, il ne sera pas particulièrement frais. Juillet 2007 lui-même avait été pluvieux, peu ensoleillé mais finalement modérément frais. En 1888 et 1909, la température maximale absolue des mois de juillet à Paris n'a été que de 26,4 degrés (déjà 31,5 degrés cette année le 5). Les mois de juillet 1909 et 1960 n'ont connu qu'un seul jour de chaleur (25 degrés ou plus) contre 4 jours pour le moment ce mois-ci. Dans toute l'année 1977, la température maximale absolue n'a été que de 29,0 degrés à Paris, et même 23 petits degrés en 1978 au Touquet ! Les étés 1911 et 1976, exceptionnellement chauds, furent tous les deux suivis d'étés exceptionnellement frais (1912 et 1977). L'été 1976, caniculaire et extrêmement sec, fut suivi de cinq étés pourris consécutifs ! Le 1er juillet 1948, le thermomètre ne dépasse pas 12,4 degrés au plus « chaud » de la journée à Orly ! Il ne fait que 15,4 degrés le lendemain, 15,8 degrés le 5, puis 14,4 degrés le 9 et 13,2 degrés le 10... De telles valeurs peuvent être dépassées les jours de janvier les plus doux !! Il a alors fallu attendre le 20 pour enfin dépasser la normale. Le mois s'est fini sous la canicule malgré tout avec plus de 30 degrés du 25 au 31, jusqu'à 36 degrés ce dernier jour du mois !

Bref, si la période fraîche tranche avec le premier semestre exceptionnellement chaud cette année, elle ne présente pas de caractère exceptionnel, loin de là. Et comme le montre le mois de juillet 48, une longue période fraîche ne signifie pas la fin de l'été, puisque la canicule s'est ensuite installée cette année-là... Le ciel n'en fait qu'à sa tête, ce n'est pas nouveau et il n'a sûrement pas fini de nous surprendre !

 Retrouvez les prévisions météorologiques de vos parcelles sur l'Observatoire météo.


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