Conditions météorologiques Point hydrologique sur la sécheresse 2011

Frédéric Decker, MeteoNews Terre-net média

Les conditions météorologiques de ces dernières semaines (chaleur inhabituelle, fort ensoleillement, peu de pluie, forte évaporation) ont aggravé la sécheresse qui s'installe sur la majeure partie du pays depuis janvier, à l'exception du pourtour méditerranéen plus épargné.


Les prochains mois risquant d'être critiques, il faudra optimiser la
gestion de l'eau en arrosant par exemple les cultures la nuit, afin
de limiter l'évaporation immédiate. (© Terre-net Média)

Les récents orages, bien qu'ayant fourni localement des quantités de pluie importantes, n'ont fait qu'améliorer l'état superficiel des sols par endroits. Mais ces pluies, souvent violentes et tombant sur des sols secs, ruissellent en très grande partie et ne pénètrent pas le sol.

Sur la moitié nord, l'humidité du sol en surface est à un niveau record en faiblesse pour une fin avril-début mai sur ces 50 dernières années (les printemps 1976, 1997 ou 2007 ont connu des taux d'humidité supérieurs à 2011).

Le déficit hydrique dans le sol concerne pratiquement tout le pays, à l'exception des Pyrénées ou encore des bords de la Méditerranée où les quotas sont proches de la normale, voire un peu au-dessus par endroits.

Environ 60 % des nappes présentent un bilan déficitaire en taux de remplissage

Plus en profondeur, la situation reste très délicate au niveau de certaines nappes phréatiques (environ 60 % de ces nappes présentent un bilan déficitaire en taux de remplissage actuellement, principalement sur la moitié nord et l'ouest). Les niveaux sont particulièrement bas sur le Bassin Parisien, notamment la Beauce et le Champigny, mais aussi dans le sud-ouest sur les bassins de la Garonne.

Les orages attendus ce week-end et en début de semaine prochaine amélioreront parfois la situation en surface et hydrateront au moins partiellement les végétaux, déjà en stress hydrique sur de nombreuses régions. La situation n'évoluera pas en revanche du côté des nappes phréatiques que les pluies orageuses n'atteignent pas. Il faudrait la reprise d'un courant d'ouest dépressionnaire durable pour améliorer franchement la situation à l'approche de l'été. Les prévisions ne vont pas dans ce sens. Les cellules anticycloniques ne resteront jamais très loin de la France au cours des 8 à 15 prochains jours. Souhaitons donc que l'automne et l'hiver prochain soient pluvieux afin de remplir convenablement les nappes souterraines.

Les prochains mois s'annoncent difficiles sur les trois-quarts du pays, plus particulièrement sur la moitié nord et dans le sud-ouest : l'Etp moyenne (évapotranspiration potentielle – transpiration des végétaux) dépasse la pluviométrie moyenne de mai à août, ce qui assèche les réserves en eau et les sols. En partant d'un niveau bas actuellement, il est fortement probable que ces prochains mois seront critiques. Il faudra absolument appréhender au mieux la gestion de l'eau, notamment en arrosant les cultures les soirs et nuits pour éviter l'évaporation immédiate et optimiser l'hydratation des végétaux.

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