Phytosanitaires Risques pour la santé : la vigilance s'impose plus que jamais

Agence Ligérienne de presse Terre-net média

La MSA a publié un bilan des observations faites par son réseau de toxicovigilance Phyt'attitude. Les travaux sur les vignes et sur les céréales apparaissent comme les secteurs les plus à risques. Les troubles liés aux phytos ont souvent pour origine un défaut de protection ou un mélange de produits. Le ministère de l'Agriculture a dressé à ce propos une liste officielle des mélanges autorisés.

Depuis plusieurs années, la MSA a mis en place un réseau de toxicovigilance baptisé Phyt'attitude et a dernièrement renforcé son dispositif par la mise en place en février 2004 d'un numéro vert (0 800 887 887), où chaque utilisateur de phytosanitaires peut signaler tout trouble ou malaise lié à l'utilisation de ces produits. La Mutualité agricole vient de publier un bilan des observations qu'elle a recueillies en 2002 et 2003 et portant sur un total de 238 dossiers. Premier enseignement de ce bilan : les troubles les plus fréquemment constatés sont d'ordre cutané (irritations, brûlures, démangeaisons) dans 25% des cas signalés, et hépato-digestifs (nausées, vomissements, douleurs digestives) dans 23% des cas. Autres problèmes signalés, les troubles ophtalmologiques (15%), les problèmes neuromusculaires (12%) (maux de têtes, vertiges etc.), les troubles respiratoires (11%) ou ORL (9%). Une bonne part de ces malaises ont eu des conséquences non négligeables : une hospitalisation a été nécessaire pour 22% des signalements. D'après les signalements recueillis par Phyt'attitude, les productions les plus à risque sont la vigne (presque 20% des cas), les céréales (16%), les fruits et les légumes.
Dans quelles circonstances se produisent les troubles ? Selon la Mutuelle, l'incident se produit le plus souvent lors de l'application du produit (46%) ou lors de la préparation du produit (18%). Mais après entretien avec la personne victime de troubles, il apparaît que la protection individuelle nécessaire pendant la manipulation des produits était absente dans 56% des cas et partielle dans près d'un tiers des situations… ”Même le port de gants semble se heurter à des problèmes techniques, sociologiques et économiques”, déplore la MSA, qui constate néanmoins une légère amélioration de comportement par rapport aux années précédentes.
Les produits qui apparaissent le plus souvent parmi les signalements de troubles sont les insecticides et les acaricides (33% des cas), les fongicides (31%) et les herbicides (23%). Pour plus de 35% des dossiers, le problème a pour origine un mélange de produits. Certains mélanges on le sait sont dangereux et à ce titre le ministère de l'Agriculture vient de publier une liste des mélanges de phytos autorisés.

Une utilisation plus compliquée
Plus de 8 000 mélanges sont à ce jour provisoirement autorisés. En revanche, les produits classés T+ sont interdits de mélanges. Les mélanges avec au moins un produit classé T ou de produits cumulant une même “phrase de risque” parmi celles-ci : R40 (effet cancérigène suspecté), R43 (risque de sensibilisation par la peau), R61 (risque pendant la grossesse pour l'enfant), R62 (risque d'altération de la fertilité) n'ont pas reçu d'autorisation provisoire.
Si elle a pour but de protéger la santé des utilisateurs, cette nouvelle réglementation a aussi pour effet de rendre plus difficile le recours aux phytosanitaires, notamment en viticulture où nombre de fongicides (anti-mildiou, anti-oïdium) comportent la phrase R43 (risque de sensibilisation par la peau). “L'exclusion de certains mélanges présentant un intérêt agronomique nous pose un problème car on sait pas comment résoudre cette situation alors que le critère R43 par exemple ne nous paraît pas très pertinent et pas scientifiquement fondé. Il suffit de mettre des gants et de suivre la mise en garde pour s'en protéger, indique Philippe Michel, chargé des affaires techniques à l'UIPP (Union des industries de protection des plantes). Le fait que des produits autorisés isolément ne soient plus utilisables en mélange réduit l'offre commerciale et complique fortement les habitudes des viticulteurs.” Ceux-ci se retrouvent en effet devant une offre plus contraignante et moins lisible.



*On peut en savoir plus sur les mélanges autorisés sur le site e-phy.agriculture.gouv.fr



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