Régent TS/Gaucho Agriculteurs et industriels redoutent une régression

AFP

Agriculteurs et industriels du secteur phytosanitaire défendent l'usage du Régent TS et du Gaucho, accusés de décimer les abeilles, dont l'interdiction pourraient selon eux signifier un retour à la la pulvérisation d'insecticides et de désherbants plus nocifs.

"Le traitement des cultures avec ces deux produits est le moins dangereux actuellement, puisque le Gaucho ou le Regent TS sont des produits utilisés pour l'enrobage des semences, et que les agriculteurs n'on pas à les manipuler directement", a déclaré vendredi à l'AFP le directeur de l'Association générale des producteurs de maïs, François-Gilles Le Theule.

L'interdiction de ces produits entraînerait "la nécessité de traitements aériens" par pulvérisation risqués sur le plan environnemental et aussi moins efficaces, a-t-il ajouté. Le Gaucho fabriqué par le groupe Bayer et le Régent TS par BASF Agro, sont les deux seuls insecticides utilisés en France selon la technique de l'enrobage des semences.

"Nous vendons le Gaucho à des semenciers qui procèdent à l'enrobage dans leurs usines. Autour de la graine, on trouve une première couche qui contient l'insecticide. Une protection supplémentaire est ajoutée" pour éviter tout contact avec l'insecticide, explique le directeur des affaires publiques de Bayer France, François Thiboust.

L'usage du Gaucho est suspendu depuis quatre ans pour les cultures de tournesol, à cause de la surmortalité d'abeilles observée dans le centre ouest du pays au moment de la floraison. Il demeure en revanche utilisé pour les cultures du maïs, de la betterave à sucre... La commercialisation du Regent vient d'être suspendue, mais les stocks de semences enrobées restent utilisables.

Actuellement, la moitié du maïs français est traitée au moyen de ces deux insecticides (500.000 hectares avec le Régent TS, 1 million d'hectares avec le Gaucho), le reste étant par pulvérisation ou pas traité du tout. "Nous ne contestons pas l'avis des scientifiques mais nous n'avons constaté aucun accident. Nous avons affaire à des insecticides, des produits dangereux, mais pour nous, leur dangerosité est gérée idéalement par l'enrobage des semences", a affirmé M. Le Theule.

De son côté, M. Thiboust rappelle qu'il n'existe "aucune preuve scientifique de lien entre les utilisations de semences traitées avec du Gaucho et la surmortalité d'abeilles". Ces produits "font l'objet d'une homologation. S'ils sont mis sur le marché c'est qu'ils présentent un risque acceptable pour l'utilisateur et l'environnement", souligne l'Union des Industries de la Protection des Plantes qui rappelle "qu'un produit dangereux peut ne présenter aucun risque s'il est utilisé correctement".

"La France est importatrice de miel, notamment de Hongrie et d'Argentine. Or, nous vendons beaucoup de Gaucho dans ces pays sans que les apiculteurs locaux n'aient constaté de phénomènes inquiétants", a déclaré le responsable de Bayer, qui vend le Gaucho dans 120 pays. Il pointe encore les "énormes problèmes de mortalité d'abeilles dans les Vosges" où "ni le Gaucho ni le Regent TS ne sont utilisés".

Il y a environ trente ans, les agriculteurs pulvérisaient des produits désormais interdits. Sont arrivés les micro-granulés représentant une amélioration mais eux aussi ont presque tous été interdits par la réglementation européenne sur les produits phytosanitaires. "Aujourd'hui, l'agriculteur n'a plus le choix qu'entre quatre produits : deux micro-granulés, le Gaucho et le Regent", déclare M. Thiboust.

"Pour nous, ces techniques d'enrobage de semences sont des alliées de l'agriculture raisonnée et de l'agriculture durable, car nous utilisons des quantités très faibles à l'hectare (moins de 100 grammes à l'ha)", affirme-t-il, en souhaitant dépassionner le débat sur cette affaire.



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