Anses L'interdiction de certains herbicides jugée «inappropriée» par des fabricants

AFP

Paris, 13 fév 2016 (AFP) - Un regroupement de fabricants de produits phytosanitaires a jugé samedi «inappropriée» la demande de la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal d'interdire la commercialisation de certains herbicides contenant du glyphosate mélangé à des adjuvants à base d'amines grasses de suif (tallow amine).

Vendredi, Ségolène Royal avait demandé à l'Agence de sécurité sanitaire (Anses) une «réévaluation immédiate des produits phytosanitaires contenant du glyphosate et des co-formulants de la famille des tallow amine et le retrait des autorisations de mise sur le marché des produits concernés présentant des risques préoccupants». Cette décision faisait suite à l'expertise remise le même jour par l'Anses sur ces produits.

«Aucune information nouvelle dans le rapport de l'Anses ne permet de justifier un changement concernant l'autorisation des formulations à base de glyphosate en France», a jugé samedi la Plateforme Glyphosate France, qui regroupe sept entreprises commercialisant des produits à base de glyphosate en France (Nufarm, Syngenta France, Dow AgroSciences, Adama France, Monsanto, Arysta Lifesciences et Cheminova Agro France). «L'interdiction potentielle des préparations associant glyphosate et tallow amine envisagée par le ministère de l'Environnement est donc inappropriée», ajoute la plateforme dans une déclaration écrite transmise à l'AFP.

L'étude de l'Anses a conclu, comme l'avait fait en novembre 2015 l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), que «les informations disponibles sur les risques du glyphosate seul ne justifient pas, à ce stade, un classement cancérogène probable». En revanche, l'Agence française a estimé que «le mélange du glyphosate avec certains co-formulants, notamment des co-formulants de la famille des tallow amines, peut présenter des risques particuliers pour les utilisateurs du grand public ou du monde agricole».

De son côté, la plateforme appelle «à éviter toute mesure précipitée, décidée avant même de connaître les résultats d'évaluation des risques des préparations» que la ministre a demandé à l'Anses. Elle n'a en revanche pas été en mesure d'indiquer combien de produits commercialisés par ses membres cette interdiction pourraient être concernés par cette interdiction


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