Plan Ecophyto L’usage des produits phytos a diminué de 5,7 % en 2012

Terre-net Média

Selon le ministère de l'Agriculture, l'indicateur de l'utilisation des produits phytosanitaires a baissé de 5,7 % en 2012. Pour Stéphane Le Foll, cette « inversion de tendance encourageante » constitue les premiers fruits de son projet agro-écologique « Produisons autrement ».

Plan Ecophyto 2018L'usage des insecticides et des herbicides a diminué de 11 % en 2012 par rapport à 2011. (©Terre-net Média)

Au ministère de l’Agriculture, Stéphane Le Foll a tenu lundi 9 décembre 2013 le comité national d’orientation et de suivi (Cnos) du plan Ecophyto, au cours de laquelle il a confirmé une baisse de l’indicateur d’utilisation des produits phytosanitaires (Nodu) de 5,7 % en 2012 par rapport à 2011 (hors traitements de semences et produits de biocontrôle).

Ce chiffre global cache néanmoins des évolutions différentes. L’usage des herbicides a diminué de l’ordre de 11 % en un an, tandis que celui des fongicides a augmenté de 6 %. Le ministre a justifié ce chiffre par des conditions météorologiques favorables à la pression fongique sur l’ensemble des cultures. L’usage des produits phytosanitaires les plus dangereux a baissé de 63 % entre 2008 et 2012, suite au retrait de nombreuses molécules.

« S’il y a une comparaison à faire (avec les années précédentes, ndlr), nous avons inversé la courbe », a commenté le ministre. Les résultats 2012 sont meilleurs qu’en 2011, où l’emploi de produits phytos avait augmenté de 1,3 % en volume par rapport à 2010.

Poursuite d’une démarche globale

« Ces résultats sont encourageants même si nous ne sommes pas au bout de la démarche » a poursuivi Stéphane Le Foll qui voit dans les chiffres les premiers fruits d’une démarche initiée par Michel Barnier, alors  ministre de l’Agriculture.

En octobre 2011, lors du précédent Cnos du plan Ecophyto, Stéphane Le Foll avait recentré le plan Ecophyto autour de cinq priorités, en l’intégrant à son projet agro-écologique « Produisons autrement ».

Pour les années qui viennent, le ministre entend poursuivre cette même démarche, et garde en tête l’objectif de réduction de 50 % de l’usage des produits phytos, sans toutefois se focaliser dessus. Certes les efforts ont visiblement été récompensés en 2012, mais force est de constater que l’objectif à l’horizon 2018 ne sera pas atteint.

Stéphane Le Foll veut continuer à promouvoir l’expérience des 1.900 fermes de référence Dephy ainsi que des 42 exploitations de l’enseignement agricole. « Dans les fermes Dephy, la consommation de produits a diminué de 7 %, soit plus que la baisse nationale. Dans les lycées agricoles, l’indicateur d’utilisation est deux fois moins élevé que dans les fermes Dephy. »

Pas de fiscalité supplémentaire

Si Stéphane Le Foll maintient le même cap global pour réduire l’usage des produits phytos, le ministre a quelque peu revu certains axes de travail définis en 2011. Ainsi, la pause fiscale annoncée par le Gouvernement sera appliquée au plan Ecophyto. Le ministre oublie ainsi sa volonté affichée l’an dernier de taxer davantage les produits.

« La fiscalité sur les pollutions diffuses a déjà évolué sur les produits cancérigènes, mutagènes ou reprotoxiques. J’en resterai là », a expliqué le ministre, qui ne souhaite pas faire de l’amélioration des pratiques « une affaire de fiscalité ». « Nous y arriverons autrement. »

En matière de conseil, pas question de remettre sur le tapis l’idée du découplage du conseil de la délivrance des produits. « Découpler la délivrance du conseil n’a pas de beaucoup de sens. Il faut changer le conseil de manière générale », pour que les conseillers mettent en avant les pratiques innovantes et économes ».

Quant à la formation, 250.000 agriculteurs ont effectué leur formation en vue d’obtenir leur certiphyto, selon le ministre de l’Agriculture. « Mais à la vitesse où nous allons, tous les agriculteurs ne seront pas formés d’ici le 1er octobre 2014 », date butoir où le certificat sera obligatoire pour utiliser des produits phytosanitaires.

2014 verra aussi l’implication du secteur du machinisme agricole. « En mars 2014, nous réunirons les acteurs du machinisme agricole pour les intégrer à la réflexion sur le projet agro-écologique », a précisé le ministre. De même que les entreprises spécialisées dans le biocontrôle. « Face aux géants de la chimie, il faut faire des géants du biocontrôle ».


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