Paroles de lecteurs Phytos : vous ne voyez pas d'un bon œil la séparation de la vente et du conseil

Terre-net Média

Que de réserves parmi les lecteurs de Terre-net quant à la séparation de la vente et du conseil pour les phytos, annoncée par Emmanuel Macron ! Certains craignent de perdre leur liberté de choix en termes d'itinéraires et de produits, et donc une plus forte ingérence des conseillers dans la gestion technique de l'exploitation. D'autres s'interrogent sur la réelle indépendance des organismes qui seront habilités pour faire des recommandations. Mais tous sont d'accord sur un point : le prix des bidons ne baissera pas et ils devront payer en plus des préconisations dont ils n'auront pas forcément besoin.

paroles de lecteurs separation vente et conseil phytos« Dans cette histoire, ce sera encore une fois de plus les agriculteurs qui passeront à la caisse », martèle Jmb67. (©Watier-Visuel // Création Terre-net Média)

Rutabaga : « Chez moi, les bons conseils viennent des deux organismes stockeurs qui fournissent phytos, semences et engrais et achètent les grains. S'ils étaient meilleurs ailleurs, ça se verrait dans les essais de ces structures et dans les champs qui suivent leurs recommandations. Nous ne sommes pas bêtes au point de suivre de mauvaises préconisations. Parler de baisse des prix des produits phytosanitaires, c'est nous demander, une fois de plus, de croire au Père Noël. Et si, en plus, il faut payer le conseil... Pour l'instant, il y a concurrence. Dans une coopérative, il y a plusieurs réunions où chacun peut prendre la parole et tout le monde peut exprimer ses opinions en votant. S'il n'y a plus de choix au niveau du conseil, la démocratie et le libéralisme foutent le camp. »

Jmb67 : « Dans cette histoire, ce sera encore une fois de plus les agriculteurs qui passeront à la caisse. »

AntiMacron : « Soyez certains que si le conseil était séparé de la vente, d'une part, les distributeurs trouveraient une parade en embauchant leurs commerciaux en auto-entrepreneurs par exemple, et d'autre part, il n'y aura aucun conseil gratuit. Une fois de plus, il faudra payer. Mais surtout, vous oubliez une chose : après quelques années d'activité, nous n'avons plus vraiment besoin de préconisations en matière de phytos ! Au pire de temps à autre, pour identifier une herbe... J'ai fait des études, je sais lire un index phyto, ou me renseigner par moi-même... Les conseillers, qui les consulte ?! » 

Éric17 : « Si cette loi passe, les agriculteurs deviendront des patients et les conseillers des médecins. Nous aurons une ordonnance de produits que nous irons chercher où l'on voudra (coop, négoce...) Tout ceci consiste à faire encore et toujours plus de "flicage". N'oublions pas que vis-à-vis des citadins, nous sommes des pollueurs. Ainsi, l'État nous délivrera un droit à "polluer" dans les limites que le conseiller voudra bien nous donner. Préparez vos bêchons les gars ! Si je devais donner un conseil à vous tous, faites un stock de glyphosate avant qu'il ne soit vendu au compte-gouttes ! »

GérardCornet37 : « Et je doute que nous puissions choisir notre "médecin traitant" ! »

FranckPascal : « En quoi les chambres d’agriculture sont-elles indépendantes pour faire du conseil ? Comment sont-elles financées ? Le revenu des agriculteurs est-il vraiment leur premier souci ? Pourquoi une coop ne pourrait-elle pas dispenser des préconisations ? Le premier dirigeant d’une coopérative est l’associé coopérateur, représenté par son conseil d’administration. » 

Maxens : « Arvalis, chambre d'agriculture, privé, coop... : je prends les conseils partout et je fais mon programme. Ensuite, je commande les produits dont j'ai besoin au moins cher.. Et j'adapte mes passages aux conditions et à la pression maladie de l'année. Je n'applique jamais à la ligne près et sans réfléchir le programme type de l'OS du coin. Je ne dis pas que je suis meilleur que cet organisme. Mais, je suis chef d'entreprise : je fais mes propres choix et j'assume. »

« Les conseillers s'immisceront encore plus dans la conduite de l'exploitation »

GérardCornet37 : « On a déjà connu ça avec les médicaments vétos. L'agriculteur va perdre la liberté d'acheter les produits phytos où il veut et le conseilleur s'immiscera encore plus dans la conduite de l'exploitation. Un fardeau de plus pour les producteurs ! »

FranckPascal : « Adhérent et membre du CA d’une coop de taille moyenne, nous avons investi dans un service R & D, financé avec la marge sur les produits phytosanitaires, pour améliorer le revenu des adhérents avec des solutions en phase avec les demandes sociétales actuelles. Comment allons-nous faire avec ces nouvelles règles, sans intérêt environnemental et qui vont nous coûter plus cher au final  ?

Éric17 : « Vu l'implantation des chambres d'agriculture dans le paysage français, il y a fort à parier qu'elles rafleront la mise. En gros, nous allons encore payer un peu plus d'improductifs. Pour quel résultat ? Moi, je n'ai pas besoin de conseil technique étant probablement aussi technique qu'un technico-commercial. Et je pense que nous sommes très nombreux dans ce cas. Alors, à qui profite le crime me diriez-vous ? En premier aux chambres d'agriculture, auxquelles l'État a supprimé des lignes budgétaires et que nous allons devoir solliciter. »

Ouachee : « Moi, je trouve, au contraire, que c'est une réforme nécessaire pour regagner de l'indépendance et de la transparence, et pour baisser nos charges à un moment où l'on en a bien besoin. »


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