Pois d’hiver Des variétés performantes pour les semis 2006

Bénédicte Normand Terre-net média

Si le pois de printemps reste largement dominant dans de nombreuses régions françaises, le pois d’hiver se révèle intéressant dans un certain nombre de situations. Les réels progrès réalisés sur les variétés inscrites en 2005 viennent confirmer l’intérêt du pois d’hiver. Le point avec Arvalis et l’Unip.


(© B.N., Terre-net)

« Dans le Sud-Ouest, pois d’hiver et pois de printemps peuvent procurer le même rendement en moyenne, à condition de pouvoir semer le pois de printemps tôt, du 10 décembre ou 10 janvier. » expliquent Arvalis et l’Unip. L’agriculteur pourra faire son choix en fonction de ses impératifs vis-à-vis des dates de semis.

Pour la moitié nord de la France, l’avance de 2 à 3 semaines du pois d’hiver au début floraison est un atout en cas de printemps très pluvieux qui retarde les semis de pois de printemps et de stress climatique après la mi-juin. Si ces printemps très pluvieux sont relativement rares, les stress climatiques de fin juin paraissent de plus en plus fréquents dans le Bassin parisien, le Bourgogne et le Barrois.

« Le pois de printemps garde comme atout d’avoir bénéficié d’une sélection importante depuis les années 80. » remarquent Arvalis et l’Unip. Cependant, les variétés de pois d’hiver inscrites en 2005 marquent une réelle avancée par rapport à Cheyenne, variété dominante jusqu’alors.

 

Les nouvelles valeurs sûres

  • Cherokee est une valeur sûre en Centre Bassin Parisien, Bourgogne Barrois, Nord Picardie, et en sols de craie en cranettes, avec un rendement en 2006 de 101 - 102 % des témoins. Cette variété obtient des rendements régulièrement élevés depuis 3 ans qu’elle est testée dans le réseau Arvalis- Unip-Fnams. Sa hauteur à la récolte est proche de celle de Cheyenne. Elle est assez précoce à début floraison et maturité, seule Isard est plus précoce. Son poids de 1000 grains est en moyenne de 190 g, il faut donc la semer à 150 kg/ha en sol limoneux et 170 kg/ha en sols caillouteux.
  • Cartouche est une valeur sûre en Centre Bassin Parisien, Bourgogne Barrois, Nord Picardie et en sols de craie et cranettes. En 2006, selon les régions, son rendement se situe entre 99 et 104 % des témoins Cheyenne et Cherokee. Cartouche est une variété régulière, en moyenne sur 3 ans, son rendement est proche de celui de Cherokee, avec comme atout une assez bonne tenue de tige, elle mesure à la récolte en moyenne 5 cm de plus que Cheyenne. Elle est tardive à début floraison (5 jours après Cherokee), mais comme elle produit un étage de gousses en moins, à maturité, l’écart est faible avec Cherokee. Son poids de 1000 grains est en moyenne de 160 g. Il faut donc la semer à 130 kg/ha en sol limoneux et 145 kg/ha en sols caillouteux. Apache est une valeur sûre en sols de craie et cranette. Son rendement sur 3 ans est en moyenne équivalent à celui de Cheyenne, et inférieur de quelques % à celui de Cherokee. Son atout est d’avoir une meilleure tenue de tige. Elle mesure en moyenne 7 cm de plus que Cheyenne en 2005, année plus versante que 2006.
  • Cheyenne est une valeur sûre dépassée en terme de rendement par des variétés plus récentes.

    A noter que toutes ces variétés sont à grains jaunes et ont une valeur nutritionnelle équivalente aux variétés de printemps. La seule différence est la taille du grain qui est plus petite. Elles peuvent donc être valorisées sur les même marchés que ce soit en alimentation animale standard ou sur le marché export pois jaunes en alimentation humaine.

    Les variétés spécifiques à petits grains verts
  • Lucy reste intéressante en Centre Bassin Parisien, dans l’Ouest et le sud de la France pour son rendement, et son assez bonne tenue de tige à maturité. Elle est déconseillée dans la moitié Est de la France en raison de sa résistance au froid insuffisante.
  • Dove est plus adaptée aux sols moyennement profonds qu’aux sols profonds.
    Ces deux variétés conservent tout leur intérêt pour les marchés spécifiques à petits grains verts, à condition de disposer de contrats et d’éviter les décolorations et la casse des grains à la récolte. Pour limiter le risque de décoloration, il faut récolter le plus tôt possible.

    Variétés à confirmer (testées depuis 2 ans seulement)
  • Isard se distingue des autres variétés par ses très bons rendements en 2005 et 2006. Elle est en tête des regroupements en Centre Bassin Parisien, Bourgogne Barrois, ouest, et sud ouest. Seuls les sols de craie et cranettes ne lui conviennent pas. En moyenne, sa hauteur à la récolte est du niveau de celle de Cheyenne. C’est la variété la plus précoce à floraison et à maturité. Son poids de 1000 grains
    est en moyenne de 190 g, il faut donc la semer à 150 kg/ha en sol limoneux et 170 kg/ha en sols
    caillouteux.

    Cartouche et Cherokee sont à confirmer dans l’ouest et dans le sud, et Apache dans le sud. Elles
    ont moins d’années de test que dans les autres régions.

    Nouveautés en cours d’inscription
  • Deux nouvelles variétés de pois d’hiver pourraient être inscrites cet automne 2006 à l’issue des 2 années d’épreuves CTPS. Elles ont été testées en parallèle dans le réseau Arvalis-Unip en 2006 : elles ont obtenu de bons résultats et l’une d’entre elles pourrait marquer une étape en terme d’amélioration de la tenue de tige à maturité.
    Source : Arvalis/ Unip


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