Agr'Innovéales Pour s'informer, échanger en considérant toutes les dimensions de l'exploitation

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Basf a conçu les Agr’Innovéales, fin juin, dans la Somme, comme une plateforme d’échanges entre agriculteurs, prescripteurs et distributeurs sur les grands enjeux de l’agriculture : la gestion de l’eau, la biodiversité, la protection de l’utilisateur et le développement d’itinéraires techniques innovants. Technique, agronomie et écologie, pour une vision plus globale de l’exploitation agricole.

Plateforme Agr'Innovéales de Marchelepot.La plateforme Agr'Innovéales de Marchelepot a notamment permis à Basf de rappeler ses préconisations quant à l'utilisation de la bentazone. (©Terre-net Média)

Parce que l’efficacité technique ne peut aujourd’hui se passer des aspects environnementaux, Basf modifie le format de ses rencontres avec les distributeurs et agriculteurs et crée les Agr’Innovéales. « La plateforme concentre ainsi autant d’informations sur les nouveaux produits, herbicides et fongicides en l’occurrence, que sur les enjeux concernant la biodiversité, la sécurité de l’utilisateur, la qualité de l’eau », précise Nicolas Kerfant, directeur général de Basf France - Division Agro.

Le programme BiodiversID, par exemple, lancé en 2011, se construit sur l’expérience de cinquante fermes de référence. Il conduit à l’élaboration d’indicateurs de biodiversité pour faciliter le développement des pratiques qui vont favoriser les insectes et la faune, comme le choix des couverts ou l’implantation de jachères mellifères. L’outil AgBalance, par ailleurs, à partir d’un diagnostic d’exploitation, caractérise le sol, analyse la circulation de l’eau et identifie les risques de transfert pour proposer des solutions.

Gestion responsable des molécules

Face à l’enjeu de préservation de la qualité de l’eau, Basf veille en particulier à assurer une gestion responsable de sa molécule herbicide, la bentazone, retrouvée dans certains bassins d’alimentation de captage mais par ailleurs très utile pour la protection des cultures. « Nous préconisons de limiter la dose à 1.000 g/ha quand la réglementation autorise pour certaines cultures jusqu’à 1.400 g/ha et d’éviter les applications pendant les périodes de recharge des nappes phréatiques. »

Toujours en matière de désherbage, la firme accompagne l’agriculteur dans la gestion des adventices dans l’ensemble de sa rotation, un raisonnement aujourd’hui indispensable pour contrer le développement des résistances. Géraldine Bailly, responsable de la gestion des résistances : « En cas de résistance, il est indispensable de se tourner vers l’agronomie : déchaumage, faux-semis, labour, décalage de date de semis, intégration d’une culture de printemps et, s’agissant de la lutte chimique, de diversifier les modes d’action et de veiller à intervenir au bon moment, c’est-à-dire de privilégier les passages d’automne. Un passage en prélevée, repris deux à trois semaines plus tard peut atteindre 99 % d’efficacité. Une solution à envisager sérieusement en cas d’urgence à contrer une infestation de vulpins, de l’ordre de 1.000 au m² par exemple. »

Limiter le risque maladies

De la même manière, une réflexion sur sa rotation peut limiter le risque maladies. Stéphane Gontier, responsable marketing fongicides céréales : « En évitant le blé derrière maïs, le risque fusariose est écarté. De même que détruire les repousses de céréales limite la présence de l’inoculum de la rouille jaune. » La conduite de la culture elle-même aura également des conséquences, selon la date et la densité de semis, la stratégie de fertilisation. Et pour assurer la durabilité des solutions chimiques, les plus efficaces des moyens de lutte disponibles aujourd’hui contre les maladies des cultures, certaines règles doivent être respectées : alterner les matières actives, utiliser les substances les plus efficaces, diversifier les modes d’action, ajuster le nombre d’applications et la dose à la pression, préférer le préventif quand c’est possible. « Un bon positionnement fera toujours gagner des quintaux. Cette année, la réussite du traitement contre la rouille jaune, maladie la plus nuisible sur blé - jusqu’à 70 q/ha de perte de rendement possible - s’est jouée à six jours près seulement ! »


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