Insecticides colza Savoir distinguer les ravageurs des auxiliaires

Terre-net Média

La protection insecticide des colzas peut s’avérer plus ou moins sélective. Au risque de perdre quelques quintaux, Hubert Compère préfère éviter un traitement et épargner les auxiliaires capables de réguler sensiblement les populations de nuisibles. Une offre de produits à l’action ciblée sur l’ennemi arrive sur le marché, de quoi répondre à ses attentes. Un article extrait de Terre-net Magazine n°24.

Méligèthe du colza« Grâce à l’indoxacarbe, les agriculteurs ont accès à une plus grande diversité d’outils en matière de protection contre les méligèthes », expliquent Pierre Rougier et Charlie Coquin de DuPont Solutions (©DuPont Solutions)

Les enjeux pour l’agriculteur : Hubert Compère, polyculteur à Mesbrecourt-Richecourt (Aisne).

Hubert Compère a participé à une série d’essais avec DuPont pour voir comment l’insecticide proposé par la firme pouvait satisfaire ses exigences.Hubert Compère a participé à une série d’essais
avec DuPont pour voir comment l’insecticide
proposé par la firme pouvait satisfaire
ses exigences. (©DuPont Solutions)

« Il y a sept ans, j’ai arrêté les applications insecticides systématiques sur toute mon exploitation, par principe, ayant constaté qu’après un traitement contre les cécidomyies, mes parcelles de blé étaient à nouveau infestées, par des pucerons cette fois. J’ai pensé que j’avais éliminé tous les insectes sans distinction et que je m’étais ainsi privé d’une prédation naturelle. Depuis, j’attends que le seuil de nuisibilité soit largement dépassé pour traiter.

Cette démarche suppose de s’intéresser à la biologie et au comportement des ravageurs et, au-delà, des auxiliaires potentiels. Grâce à ce travail, j’ai découvert le rôle de régulateur que jouent beaucoup d’insectes. Les hyménoptères parasitoïdes participent activement au contrôle des méligèthes et je veux aussi conserver un maximum de pollinisateurs dans mes parcelles. Et puis les auxiliaires présents dans les colzas une année sortiront dans le blé la campagne suivante, d’où l’intérêt d’agir en tenant compte de toutes les incidences potentielles de l’intervention.

Mon objectif dès lors a été de favoriser leur présence sur mon exploitation. J’attends le dernier moment pour déclencher l’application, au risque de perdre quelques quintaux, afin de laisser aux auxiliaires la possibilité d’accomplir leur mission. En sept ans, j’ai dû intervenir à deux ou trois reprises contre les méligèthes parce que l’infestation était telle qu’elle bloquait le départ de la floraison. Si je disposais d’un produit sélectif capable d’épargner les auxiliaires, j’y aurais plus facilement recours pour maintenir mon potentiel de rendement. Le coût n’entre pas vraiment en ligne de compte, les effets non intentionnels, qu’ils soient positifs ou négatifs, étant difficilement chiffrables. »

Les conseils des experts

Pierre Rougier, chef produit insecticidesCharlie Coquin, chef marché colzaPierre Rougier, chef produit insecticides, et Charlie Coquin, chef marché colza. (©DuPont Solutions)

« DuPont Solutions développe des produits de contrôle des insectes qui se veulent sélectifs des seules espèces nuisibles des cultures. Le but est de respecter la faune auxiliaire pour qu’elle puisse remplir sa mission dans la lutte contre les ravageurs, en s’attaquant par exemple à leurs œufs ou leurs larves.

En France, Phradis interstitialis et Tersilochus heterocerus sont les principales espèces parasitoïdes de larves de méligèthes. Elles en réduisent significativement les populations émergentes dès que le pourcentage de parasitisme atteint 30 %.

Nous sommes très impliqués dans cette problématique liée à la sélectivité de nos solutions, au point de mettre en œuvre une démarche globale Ipm (Integrated pest management) de respect des auxiliaires. Plutôt qu’un produit à large spectre qui impacte l’ensemble des insectes, ravageurs comme alliés des cultures, nous conseillons des molécules à effet ciblé.

Préserver les ennemis naturels

Pour le colza, DuPont propose Steward et Explicit EC, deux produits à base d’indoxacarbe employés pour stopper l’activité des méligèthes, qui peut perturber la floraison de la culture.

Ce nouveau mode d’action est unique et fait figure d’alternative aux deux familles chimiques traditionnelles qui existent sur le marché. L’indoxacarbe entraîne un arrêt immédiat de la consommation des méligèthes, qui meurent plusieurs jours après le traitement. Parce qu’ils agissent uniquement contre les méligèthes, nos produits permettent à la faune indigène utile de se développer. L’équilibre naturel n’est pas modifié.

Pas de résistance des méligèthes

Cependant, la lutte doit reposer avant tout sur l’alternance des familles chimiques de façon à se prémunir au maximum du risque de résistance qui, aujourd’hui, touche les pyréthrinoïdes. Selon les tests en laboratoire réalisés sur de nombreuses populations de méligèthes, issues de différents champs en Europe, l’indoxacarbe ne présente pas de résistances croisées avec cette famille chimique. Cette matière active se révèle un bon moyen pour diversifier les modes d’action.

L’indoxacarbe, ouvre la voie à une nouvelle manière de lutter contre les ravageurs, qui s’appuie sur un tandem constitué de solutions sélectives et d’ennemis naturels. Grâce à cette substance, les agriculteurs ont accès à une plus grande diversité d’outils en matière de protection contre les méligèthes. »

Auxiliaires présents après traitement insecticide.Auxiliaires présents après traitement insecticide. (©DuPont Solutions)

Cet article est extrait de Terre-net Magazine n°24

Couverture Terre-net Magazine n°24 (©Fotolia et Terre-net Média) 

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