Gnis Semences bio et mélanges variétaux au cœur des débats

Terre-net Média

Le 7 avril 2016, la rencontre de la section semences céréales et protéagineux du Gnis a réuni 150 acteurs de la filière à Paris. L'occasion d'échanger sur les grands enjeux actuels, entre autres l'innovation variétale en céréales et les semences en agriculture biologique.

Rencontre 2016 de la section semences céréales et protéagineux du Gnis(De g. à d.) Christiane Lambert, David Gouache, Raphaël Dumain, Isabelle Goldringer et Nicolas Bouzou ont débattu autour de l'innovation variétale en blé. (©Terre-net Média)

Le 7 avril 2016, la rencontre annuelle de la section semences céréales et protéagineux du Gnis a réuni à Paris près de 150 professionnels qui ont échangé sur les enjeux actuels de la filière. Etaient présents Thierry Momont, le président de la section céréales à paille et protéagineux du Gnis, mais aussi Christiane Lambert, première vice-présidente de la FNSEA et Nicolas Bouzou, économiste et essayiste, en tant que grands témoins. Dominique Potier, député de Meurthe-et-Moselle, est intervenu en clôture des échanges. Le rendez-vous s’est articulé autour de trois thématiques : l’innovation variétale en céréales, la filière semences en agriculture biologique et l’économie collaborative en agriculture.

Le potentiel des associations variétales

La première table ronde a réuni Isabelle Goldringer, chargée de recherche à l’Inra, David Gouache, directeur adjoint en charge des programmes des biotechnologies chez Arvalis et Raphaël Dumain, ingénieur de recherche chez Bayer Cropscience. Il a entre autres été question du secteur des blés hybrides, qui est en fort développement notamment grâce à la généralisation des marqueurs moléculaires. Ces variétés sont plus tolérantes aux stress abiotiques et présentent un meilleur rendement, des atouts qui permettent aujourd’hui de contrebalancer le surcoût de la semence.

Isabelle Goldringer a évoqué le potentiel des mélanges de variétés et d’espèces au sein de mêmes parcelles pour l’amélioration du rendement. « Mélanger une, quatre ou huit variétés permet de favoriser la présence des bactéries du sol et donc d’optimiser l’assimilation de l’azote par les plantes. Des travaux en cours cherchent à déterminer les meilleures associations », explique la chercheuse. Thierry Momont a quant à lui rappelé, à la fin des échanges, que « certaines filières, comme le blé meunier ou l’industrie du blé dur ne peuvent pas utiliser ces mélanges » et que « la traçabilité a aussi son importance. »

Gérer le risque carie en agriculture biologique

« Le blé le plus cultivé par les agriculteurs biologiques est le Renan, une variété qui a bénéficié de 15 ans de recherche et d'un croisement avec une herbe particulière qui lui confère sa résistance », explique Rémi Haquin, agriculteur et président du conseil spécialisé céréales de FranceAgriMer. Le deuxième temps d’échange a été l’occasion de rappeler que la sélection de semences bio est une filière à part entière, qui cible des critères spécifiques comme la tolérance aux maladies et la capacité d’étouffer les adventices. Rémi Haquin était accompagné à la tribune de Jérôme Fillon, responsable de l’équipe terrain du sélectionneur de semences bio Centre Bio.

Cette table ronde a aussi abordé le problème de la carie en agriculture biologique, qui est aujourd’hui de nouveau détectée après de longues années d’éradication. Cette maladie présente le risque d’une propagation vers les cultures adjacentes non bio, via les bordures. « Soit la réglementation tolère ces maladies, soit l’agriculture biologique tolère l’utilisation de produits de synthèse, sans cela le bio risque de contaminer les autres », prévient Rémi Haquin.

Mettre en réseau les agriculteurs de demain

Le troisième volet de la rencontre portait sur l’économie collaborative. Comme dans de très nombreux secteurs, ce nouveau modèle va crescendo en agriculture. Florian Breton, le créateur de la plateforme de financement participatif Miimosa et Laurent Bernede, co-fondateur et président de WeFarmUp, site de partage de machines agricoles, ont parlé de leur activité pour l'occasion. « L’économie collaborative attire notamment les jeunes qui vont s’intéresser aux objets pour leur usage plus que pour leur propriété, commente Christiane Lambert. La mise en réseau des agriculteurs génère un foisonnement d’idées qui inspire le monde agricole. »


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