Sorgho L’évaluation variétale du sorgho remise à plat

Juliette Cassagnes Terre-net média

L’évaluation variétale du sorgho était jusqu’en 2006 basée uniquement sur la précocité, ne représentant « qu’imparfaitement le potentiel des différentes variétés de sorgho » précise Jean-Luc Verdier, d’Arvalis Institut du végétal. C’est ce qui explique la refonte récente du système de classification. Le nouveau système, basé sur les conditions de culture, est, selon l’expert, « novateur puisqu’il n’existe pour aucune autre espèce ».

Les évolutions portent sur le nombre de groupes, qui passe de 4 à 3 groupes, avec les appellations « variétés très précoces », « variétés précoces à demi précoces », et « variétés demi tardives à tardives ». Pour le premier groupe, les variétés très précoces, seul le facteur de précocité est retenu. Pour les deux groupes par contre, les facteurs des conditions de culture (disponibilité en eau, irrigation, densité de semis, fertilisation azotée) ont été retenus comme critères de choix, et avec le facteur "température" non limitant.


Trois nouveaux groupes permettent de classer les variétés de sorgho; cette nouveauté doit aider les producteurs dans le choix de leurs variétés (© Arvalis)

On va ainsi trouver à l’intérieur des groupes « variétés précoces à demi précoces » et « variétés demi tardives à tardives » deux sous-groupes : « Conditions de culture non limitantes ou optimales » et « Conditions de culture limitantes ».


(© Arvalis)
Ces deux nouveaux critères ont été établis suite à un réseau d’essais conduits par Arvalis et devrait être « plus conforme à la réalité de terrain. Plus de 70% du sorgho est cultivé en sec alors que les variétés inscrites étaient conduites en conditions optimales » explique Yvon Parayre, président de la commission sorgho de l’Agpb (Association Générale des Producteurs de Blé et autres céréales).

Selon Jean-Luc Verdier, « l’amélioration du réseau d’évaluation des variétés de sorgho devrait permettre de mieux répondre aux producteurs en terme de connaissance variétale grâce à une meilleure représentativité des conditions de culture et des niveaux de rendements dans les différentes situations. » Autre réforme conduite en parallèle : celle du réseau d’expérimentation. Les différents partenaires ont décidé de créer « un réseau commun pour l’inscription Ctps (Comité Technique Permanent de la sélection) et l’évaluation post-inscription » explique Jean-Luc Verdier. Les sites d’expérimentation antérieurs ont ainsi été spécialisés par potentiel, et le réseau a été étoffé de sites complémentaires, « notamment pour ce qui concerne les potentiels limitants plus sensibles aux hétérogénéités de fertilité des sols » précise Jean-Luc Verdier.


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