Club Agribio Noriap accompagne tous ses adhérents, même les moins « conventionnels »

Terre-net Média

Un appel d’offres lancé par l’Agence de l’eau pour la protection des captages d’eau potable a incité Noriap, coopérative de la Somme, à mieux structurer l’accompagnement de ses quelques adhérents engagés en agriculture biologique ou en réflexion.

Bassin d'alimentation de captage d'eauLes contraintes inhérentes aux parcelles dans les bassins d'alimentation de captage d'eau peuvent inciter les agriculteurs concernés à engager une conversion à l'agriculture biologique. (©Christophe Gueulle)

« Nous avons saisi l’opportunité d’un appel à projets lancé par l’Agence de l’eau Artois-Picardie pour proposer un cadre coopératif adapté à nos agriculteurs en zone à enjeu eau », explique Céline Leeman-Broyer, secrétaire générale de Noriap. « Nous entamons la démarche pour un public bien ciblé, nos adhérents engagés en agriculture biologique, mais elle nous permettra d’avoir une approche élaborée pour tous ceux tentés par une conversion à l’avenir. » La coopérative a prévu de travailler trois axes majeurs au cours des trois ans de soutien financier par l’Agence de l’eau : le conseil aux adhérents, la création et l’animation du club Agribio et la constitution d’un référentiel d’intrants pour l’agriculture biologique.

Un chantier ambitieux vu la population concernée. La coopérative compte 3.500 adhérents et collecte, en moyenne, 1.200.000 tonnes de céréales et d'oléo-protéagineux. En 2014, elle a reçu 600 t de grains issus de 300 ha en agriculture biologique chez 15 adhérents. « Nous souhaitons atteindre 800 t en 2017 sur 375 ha chez 17 adhérents. Le rythme de conversion d’un agriculteur par an n’est pas ridicule. Mais il est vrai que ce sont les aides de l’agence qui ont impulsé la dynamique. » Un silo est aujourd’hui dédié au bio, celui de Flixecourt, de 1.600 t de capacité dont 800 t pour Noriap.

En Picardie, 0,7 % de la Sau est en bio, contre 3,9 % au niveau français. Dans l’Oise, ce sont 4.879 ha, 78 exploitations, soit 1,3 % de la Sau. Avec une particularité, la mixité. 42 % des fermes bio picardes en 2012 sont mixtes, contre 23 % au niveau national.

L’enjeu est bien réel. Selon l’Agence, l’eau des nappes souterraines est plutôt de mauvaise qualité. Et les risques de contamination par les phytos tendent à augmenter. Les budgets se concentrent donc sur la protection de la ressource. De nombreux dispositifs sont disponibles pour les agriculteurs désireux de s’impliquer : protection intégrée, conversion à l’agriculture biologique, préservation des prairies et zones humides, agroforesterie… à hauteur de 40 à 75 % de cofinancement.

Les Fabs demandeurs 

Plusieurs autres dispositifs cherchent à inciter les conversions : Mae conversion, aides au maintien, aides à la certification et aux investissements du conseil régional, Pve… même si les prix élevés des matières premières agricoles conventionnelles ne favorisent pas les remises en question. « Les deux années de transition avant de pouvoir accéder aux prix du marché bio peuvent freiner, admet Pierre Menu, conseiller en agriculture biologique de la Chambre d’agriculture de la Somme, mais selon la date de souscription à la Mae, l’agriculteur peut se débrouiller pour avoir deux récoltes valorisées comme en deuxième année de conversion, plutôt qu’une seule et celle d’avant payée au tarif conventionnel. »

Monsieur Vicart, agriculteur à Cramont, vient d’achever sa conversion. Il évoque, en effet, le manque de suivi technique, notamment en céréales, vu le degré de technicité nécessaire en bio. Il insiste également sur l’importance d’avoir les débouchés et des silos accessibles.

En matière de débouchés justement, Novial, fabricant d’aliments du bétail, témoigne de son usage des matières premières bio et en deuxième année de conversion (C2) à hauteur de 12.000 t. Elle projette 15.000 t en 2018. Maïs (3.000 t), triticale (1.500 t), blé (1.117 t), orge (350 t), féverole (440 t), ainsi que tourteaux de soja (1.000 t), de tournesol (2.000 t) et de luzerne (245 t). Le fabricant se dit preneur de plus de tournesols, mais aussi de pois, de lupins… mais aussi demandeur d’une structuration de la filière. « Pour l’instant, beaucoup de kilomètres sont consommés. C’est moyen au niveau carbone. La collecte est également difficile. Beaucoup de grains sont perdus par manque d’équipement de stockage mais aussi de triage et de séchage. » Noriap a du pain sur la planche.


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