Emploi Pendant les vendanges, l'ANPE ne chôme pas

AFP

BEAUNE (Côte-d'Or), 24 août (AFP) - En ces temps de vendanges précoces et dans un contexte de pénurie de main-d'oeuvre, l'ANPE de Beaune ouvre exceptionnellement durant le week-end pour accueillir les candidats, en plein coeur des appellations les plus prestigieuses de Bourgogne.

Si chaque année l'Agence nationale pour l'emploi fait état d'un manque de main-d'oeuvre, cette année, la précocité exceptionnelle des vendanges semble avoir aggravé la situation.

"On a crié au loup, parce qu'on a vu avec inquiétude les dates (des vendanges) être progressivement avancées et on savait qu'on n'allait pas avoir les habitués", explique Bernadette Huguenin, responsable du service vendanges, en contact avec 220 domaines.

Dans le journal local, un titre en Une résume la situation: "On cherche main-d'oeuvre désespérément".

Dans la Côte de Nuits et la Côte de Beaune, dans les parcelles de Volnay, Pommard, Santenay ou Savigny-les-Beaune, plusieurs équipes sont pourtant déjà à pied d'oeuvre dans les parcelles. Dans un cadre beaucoup moins bucolique, au milieu d'une zone d'activités moderne et sans âme en bordure de l'autoroute, dans leur bureau de l'ANPE, Mme Huguenin et une collègue font le lien entre offre et demande, entre domaines et futurs vendangeurs.

Si, pour ce week-end, la main-d'oeuvre ne manque pas trop, entre la fin août et la mi-septembre, 500 places n'ont pas encore trouvé preneurs.

En juillet, on tablait sur des vendanges à la mi-septembre, mais la canicule a bouleversé la donne. Pour faire face, certains viticulteurs font appel à la famille ou passent des petites annonces dans les journaux. D'autres tentent de constituer leurs équipes grâce au bouche-à-oreille. Beaucoup toutefois continuent à s'adresser à l'ANPE.

Samedi, des viticulteurs ont téléphoné au dernier moment pour constituer leurs équipes. L'un d'eux, basé à Chorey-les-Beaune, où l'on produit un vin rouge léger et souple, a contacté l'agence pour l'emploi en fin de matinée. Il était à la recherche de cinq vendangeurs, nourris et logés, pour le soir même. Et se disait prêt à aller les chercher à la gare.

Pour allécher le "client", des domaines offrent des petits plus, car la Côte-d'Or, qui paie au Smic, est moins généreuse que d'autres vignobles. L'un d'eux, à Saint-Romain, dans une appellation encore peu connue, offre une bouteille par jour aux vendangeurs, l'autre rembourse les frais kilométriques à ceux qui viennent de la grande ville voisine, Dijon.

Heureusement, selon Mme Huguenin, les chômeurs et les lycéens sont là pour pallier l'absence des habitués, surpris par des dates aussi précoces. Tous les stages prévus pour les demandeurs d'emploi ont été décalés pour leur permettre de vendanger. "Quand on dit que les chômeurs ne veulent pas travailler, c'est faux", maugrée la responsable du service.

Certains enseignants, qui peuvent désormais travailler avec le contrat vendanges, se sont même manifestés auprès de l'ANPE. "Il y en a un qui m'a appelé jeudi", note Mme Huguenin, qui ponctue ses appels téléphoniques aux vignerons d'un tonique: "Au revoir et bonnes vendanges!".

Le week-end prochain, pour être au plus près des candidats, le service ouvrira une antenne spéciale près de la gare.



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