Protection du maïs Quelles stratégies de désherbage en 2005 ?

Cécile Bertalou

Eléments de réponses et conseils proposés par Joël Thierry, Ingénieur régional Ouest Arvalis, lors du colloque sur la protection de maïs organisé par l’Institut du végétal. Pour Joël Thierry, quatre stratégies principales sont envisageables.

 


Joel thierry, « raisonner les choix de stratégies de désherbage », (©Terre-net média)

Il existe 4 stratégies principales pour « raisonner les choix de stratégies de désherbage », explique Joël Thierry :
1 - le tout en pré-levée
2 - le programme « pré-levée + post-levée »
3 - le « tout en post-levée »
4 - le désherbage mécanique associé aux interventions herbicides

Différents critères de choix des stratégies sont possibles. Selon le type de flore rencontré bien sûr (flore mixte,  forte pression dicotylédones,  avec une flore difficile en croissance ou forte pression en graminées estivales) mais pas seulement. Joël Thierry explique aussi que « les contraintes spécifiques de l’exploitation, comme la disponibilité en main-d’œuvre pourra inciter au choix d’une stratégie à passage unique par exemple, plus recherchée en système d’élevage notamment ». Le type de sol et sa portance sont aussi à considérer. Question de bon sens pour Joël Thierry : « Il faut pouvoir passer, sinon, il est difficile d’opter pour une stratégie tout en post-levée ! ».

La stratégie « tout en pré- levée »,en situation de flore simple

La stratégie « tout en pré- levée », est selon Joël Thierry la stratégie la plus menacée depuis l’interdiction de l’atrazine. Plusieurs conditions doivent être réunies pour l’envisager. Il faut, explique l’ingénieur régional d’Arvalis, des « sols rappuyés frais, une  préparation peu motteuse, et une humidité suffisante de l’ordre de 15-20 mm dans les 8-10 jours qui suivent l’application ». Elle s’applique dans une situation de flore simple et d’installation rapide des maïs. Et il  faut conseille Joël Thierry « privilégier les applications sitôt après le semis : dans les 24-48 heures ».
Cette stratégie « peut s’adapter avec des mélanges autorisés permettant des combinaisons performantes », explique-t-il encore, et peut même « évoluer vers un programme pré+post mais attention aux dérives de coût ! », prévient-il.

La post-levée est devenue un passage obligatoire et complémentaire de la pré-levée

La stratégie de désherbage « pré + post » devient pour Joël Thierry la valeur sûre, du moins «dans l’attente peut-être d’une stabilisation des flores ».

Dans cette stratégie, explique Joël Thierry, « la post-levée qui était un rattrapage éventuel, est devenue dans l’après-atrazine un passage obligatoire et complémentaire de la pré-levée ». Chaque désherbage à son rôle propre : « Le pré-levée simplifie, groupe et retarde les levées », tandis que « la post-levée s’adapte aux adventices les plus difficiles ».


La stratégie "pré +post" devient la valeur sûre (© Terre-net média)

 

D’après Joël Thierry, «le programme pré+post devient incontournable en présence d’une forte pression en graminées estivales – ou de dicotylédones difficiles - en apportant à la fois de la sécurité et une certaine maîtrise des coûts ».

Pour une intervention ciblée, «tout en post-levée»

La stratégie  « tout en post-levée » est séduisante même si elle a aussi des contraintes, note Joël Thierry.  Elle permet une intervention ciblée, explique-t-il, et le choix de produits en fonction de la flore, mais son succès « sera liée à la réalisation d’une première intervention précoce sur adventices jeunes ». L’ingénieur d’Arvalis avertit aussi sur le risque de dérives de coût pour cette stratégie qui a tendance à évoluer vers deux (voir trois) passages et met en garde : « Attention à ne pas trop réduire les doses en multipliant les applications » ce qui augmente la pression de sélection et donc le risque d’apparition de populations résistantes aux herbicides (sulfonylurées notamment). Attention encore « au choix des molécules et aux facteurs de sélectivité » ainsi qu’aux « conditions d’application, aux jours disponibles, aux conditions climatiques avant, pendant et après le traitement ». Une stratégie exigeante en technicité, conclut Joël Thierry : elle demande notamment observations et disponibilité.

Les résultats sont liées à la disponibilité de l’agriculteur

Le désherbage mécanique associé aux interventions herbicides est aussi faisable et diverses combinaisons sont envisageables. Cependant avertit Joël Thierry, « Les résultats sont liées à la disponibilité de l’agriculteur, à la flore, aux conditions climatiques, au type de sol mais aussi à la rotation, aux systèmes de cultures, à la technicité et la maîtrise du matériel ». L’ingénieur d’Arvalis note quelque exemples de combinaisons possibles :

  • un traitement chimique en pré-levée (ou post-levée) suivi d’un binage
  • un désherbage localisé sur le rang en post-levée (ou pré-levée au semis) suivi d’un binage
  • l'utilisation de la herse étrille (ou houe rotative) associée à un désherbage chimique en post-levée.

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